Compte bancaire : choisir celui adapté à sa situation
- Par Jean-Michel Chevalier --
- le 18 mars 2026
Vous envisagez d’ouvrir un compte bancaire ? Avez-vous identifié le type de compte adapté à vos besoins : individuel, joint ou indivis ? Si ces trois formules permettent de détenir un compte, elles ne prévoient pas les mêmes conditions d’utilisation ni les mêmes niveaux de responsabilité. On vous explique.
Individuel, joint, indivis
Un compte individuel est ouvert au nom d’une seule personne. Les opérations (retrait, dépôt, virements, paiements) sont effectuées par le titulaire ou par une personne à qui il a donné procuration. Toute personne peut demander l’ouverture d’un compte bancaire à son seul nom, sous réserve de l’acceptation de la banque ou de la mise en œuvre du droit au compte. Les relevés de compte, courriers et moyens de paiement sont émis au nom du seul titulaire.
Un compte joint est un compte collectif ouvert au nom d’au moins deux personnes, ayant ou non un lien de parenté. Chacun des détenteurs d’un compte collectif est appelé cotitulaire, qui peut effectuer librement des opérations sur le compte. La banque peut fixer un nombre maximal de cotitulaires. Ceux-ci doivent en principe être présents lors de l’ouverture du compte. Les noms des cotitulaires figurent sur le compte et les documents, séparés par la conjonction « ou » (exemple : Mme X ou M. Y).
Un compte indivis est un compte collectif ouvert au nom de plusieurs personnes, liées ou non par un lien de parenté, sur lequel les opérations doivent être autorisées par l’ensemble des cotitulaires. Ceux-ci peuvent se donner des mandats réciproques pour gérer le compte ou mandater l’un d’entre eux. Le compte indivis est fréquemment utilisé pour gérer les fonds d’une indivision, notamment dans le cadre d’une succession. Comme pour le compte joint, la banque peut fixer un nombre maximal de cotitulaires et exige la présence de tous à l’ouverture. Les noms des cotitulaires sont reliés par la conjonction « et » (exemple : Mme X et M. Y), traduisant la nécessité de leur accord commun.
Leur fonctionnement
Compte individuel : les opérations sont réalisées par le titulaire ou par un mandataire désigné par procuration. Les moyens de paiement (cartes, chéquier, etc.) sont délivrés au nom du titulaire. Le mandataire peut disposer de moyens de paiement si la banque l’accepte.
Compte joint : chaque cotitulaire peut utiliser le compte (déposer, retirer, émettre des virements, utiliser les moyens de paiement) seul. Chaque cotitulaire peut disposer de moyens de paiement (chéquier au nom de l’ensemble des cotitulaires, cartes bancaires personnelles, etc.).
Compte indivis : en principe, la signature de tous les cotitulaires est requise pour effectuer les opérations. Cette exigence peut être aménagée par des mandats réciproques ou la désignation d’un mandataire commun. Les moyens de paiement sont plus limités que sur un compte joint, en raison de la nécessité d’accord des cotitulaires. Les modalités concrètes (chèques, cartes) sont fixées par la banque dans la convention de compte.
Incident de paiement et responsabilité
En cas d’incident de paiement sur un compte individuel (découverts non autorisés, chèques sans provision, etc.), le titulaire est seul responsable. Pour un compte joint, les cotitulaires sont solidairement responsables des dettes nées du fonctionnement du compte. En cas de chèque sans provision, l’interdiction d’émettre des chèques est prononcée à l’encontre de chacun des cotitulaires et sur tous leurs comptes, y compris individuels, sauf si un responsable unique a été désigné d’un commun accord.
Pour les comptes indivis, la solidarité entre cotitulaires n’est pas prévue par la loi, mais peut être instaurée par une clause de solidarité dans la convention de compte. La banque peut alors s’adresser à n’importe lequel des cotitulaires (ou de leurs héritiers) pour régulariser des dettes ou des incidents de paiement. En l’absence de clause de solidarité, la banque doit s’adresser à tous les cotitulaires pour régulariser la situation du compte. Si un chèque sans provision est rejeté, l’interdiction bancaire peut être prononcée à l’encontre de chaque cotitulaire, sur tous leurs comptes (joints ou individuels).
Tous les types de comptes peuvent être individuels (compte courant, livrets d’épargne réglementés (livret A, LDDS, LEP, livret jeune, CEL, PEL), livret d’épargne bancaire, compte à terme, compte-titres, plan d’épargne en actions (PEA)).
Les comptes pouvant être ouverts sous la forme d’un compte joint sont le compte courant, le livret d’épargne bancaire, le compte à terme et le compte-titres.
Les comptes pouvant être ouverts sous la forme d’un compte indivis sont :
compte courant et le compte-titres.