Transport à la demande dans l’arrière-pays niçois : la Région annonce une prolongation de quatre mois
- Par Valérie Noriega --
- le 28 août 2026
Le service de transport à la demande (TAD) dans les Alpes d’Azur sera finalement maintenu pendant quatre mois supplémentaires. La Région Sud annonce dans un communiqué ce 28 août avoir trouvé une solution permettant d’assurer la continuité du service, alors que son arrêt au 1er septembre avait suscité de vives réactions dans l’arrière-pays niçois.
La décision intervient après plusieurs jours de polémique entre la Région et la Communauté de communes Alpes d’Azur (CCAA), présidée par Charles Ange Ginésy, également président du Département des Alpes-Maritimes. La Région avait annoncé la fin du financement de plusieurs services ZOU !, dont les deux dispositifs de transport à la demande desservant le territoire Alpes d’Azur.
Quatre mois de répit pour les usagers
À l’initiative de la Région Sud, le TAD Alpes d’Azur sera donc prolongé pour une durée de quatre mois. L’objectif affiché est d’éviter une interruption du service et de permettre aux habitants concernés de continuer à se déplacer dans les mêmes conditions. Pendant cette période, les tarifs et les modalités d’utilisation restent inchangés. Les usagers devront notamment s’inscrire auprès du service clients ZOU ! au 04 93 94 30 50, puis réserver leur trajet au plus tard la veille du déplacement, en précisant leur itinéraire et l’horaire souhaité.
La prolongation ne signifie toutefois pas que la Région continuera à financer le dispositif. Selon le communiqué régional, la Communauté de communes Alpes d’Azur, désignée comme autorité organisatrice de la mobilité locale, devra désormais en assurer le financement et le suivi. À l’issue des quatre mois, il lui appartiendra également de reconduire le service.
« Assurer la continuité du service »
Dans le communiqué annonçant la prolongation, Renaud Muselier affirme que la Région a voulu privilégier une solution rapide afin de ne pas pénaliser les habitants. Le président de la Région Sud rappelle que la collectivité avait, selon lui, pris en charge pendant cinq ans un service relevant de la compétence de la Communauté de communes. Il présente la prolongation comme une manière de garantir la continuité du transport tout en permettant à chaque collectivité d’assumer désormais ses responsabilités.
Réserver leur trajet au plus tard la veille du déplacement, par téléphone au même numéro, en indiquant leur itinéraire et l’horaire souhaité. L’opérateur précise alors l’horaire de prise en charge, en fonction des disponibilités du véhicule
Charles Ange Ginésy : « Aucun accord n’est intervenu sur le financement de la prolongation »
Dans un communiqué du 28 août, le président du Département des Alpes-Maritimes et de la Communauté de communes Alpes d’Azur a réagi : « La mobilisation engagée ces dernières semaines pour préserver le transport à la demande dans nos vallées a porté ses fruits : la Région revient sur sa décision initiale et annonce la prolongation du service pour quatre mois. Je m’en réjouis pour les habitants, la continuité du service ayant toujours été ma priorité. Le Président de la Région annonce aujourd’hui que la CCAA financerait intégralement cette prolongation : ce n’est absolument pas le cas. Aucun accord n’est intervenu, d’autant que notre intercommunalité n’a pas les moyens financiers pour assumer une telle charge.
Depuis le début, notre position est constante : il ne s’agit pas d’entretenir une polémique, mais de solliciter concrètement la continuité d’un service public de proximité en pleine expansion, particulièrement nécessaire dans des communes rurales. L’analyse juridique des services de la CCAA et du Département est confortée par l’avis du préfet des Alpes-Maritimes, dont la position est claire : l’article L.3111-5 du Code des transports indique que le transfert de compétences doit faire l’objet d’une convention entre les autorités. Or, rien, ni en 2021, ni en 2026, n’a été négocié sur ce sujet. Il convient donc de considérer en droit que la CCAA ne porte en aucun cas la responsabilité de la continuité du service et de son financement. Je renouvelle donc ma demande : de travailler ensemble pour une solution durable d’un service public indispensable à nos populations. »