À Cannes, la municipalité présente une gestion financière solide malgré un contexte budgétaire contraint
- Par Valérie Noriega --
- le 5 juin 2026
Le conseil municipal de Cannes a présenté les comptes de l’exercice budgétaire 2025. Dans un contexte marqué par la dégradation des finances publiques nationales et les tensions pesant sur les budgets locaux, la mairie de Cannes revendique la solidité de ses comptes pour l’exercice 2025. Présentés par l’exécutif municipal comme la confirmation d’une politique de maîtrise des dépenses engagée depuis plus de dix ans, les résultats financiers font apparaître une nouvelle diminution de l’endettement communal et qu’un niveau d’investissement soutenu.
Selon les chiffres communiqués par la ville ce 5 juin, la dette communale s’établit à 173,25 millions d’euros au 31 décembre 2025, soit une baisse de 5 millions d’euros sur un an. Le communiqué souligne que depuis l’arrivée de David Lisnard à la tête de la municipalité en 2014, la diminution cumulée atteint près de 82 millions d’euros. Autre indicateur mis en avant : la capacité d’autofinancement nette de la commune, qui atteint 41,17 millions d’euros en 2025 contre 5,48 millions d’euros onze ans plus tôt. La capacité de désendettement est quant à elle évaluée à 2,92 années, un niveau considéré comme faible au regard du seuil d’alerte de 12 ans généralement retenu par les pouvoirs publics.
La municipalité a également voté une baisse de 3,6 % des taux communaux des impôts locaux. La ville souligne qu’aucune augmentation de ces taux n’est intervenue depuis 2014. Elle rappelle également n’avoir instauré ni surtaxe sur les résidences secondaires ni fiscalité additionnelle intercommunale sur le foncier des ménages. Pour l’exécutif cannois, cette politique de stabilité fiscale constitue l’un des piliers de sa stratégie budgétaire et vise à préserver le pouvoir d’achat des contribuables locaux.
Plus de 72 millions d’euros investis en 2025
Parallèlement à cette politique de désendettement, Cannes indique avoir maintenu un important niveau d’investissement. En 2025, 72,5 millions d’euros ont été consacrés à des opérations d’aménagement, de rénovation et d’équipement.
Parmi les principaux chantiers figurent la transformation du centre de La Bocca (11,5 millions d’euros), la réhabilitation du marché Forville (5,3 millions), la création d’un espace jeunesse consacré à l’e-sport (3,4 millions), ainsi que la poursuite du plan Écoles (2,5 millions). La modernisation du Palais des Festivals, l’embellissement de la Croisette ou encore les travaux liés au renouvellement urbain du quartier de La Frayère figurent également parmi les investissements réalisés.
Depuis 2014, la municipalité chiffre à 722 millions d’euros le montant total des investissements engagés sur le territoire communal.
Des dépenses maîtrisées malgré l’inflation
La ville indique que ses dépenses de fonctionnement ont diminué de 2,11 % en euros constants en 2025, malgré la hausse persistante des coûts de l’énergie, des denrées alimentaires et des charges de personnel. Dans le même temps, les recettes de fonctionnement auraient progressé de 0,40 % à périmètre constant. La municipalité souligne ainsi avoir évité ce que les spécialistes des finances publiques appellent un « effet de ciseaux », c’est-à-dire une progression des dépenses plus rapide que celle des recettes.
David Lisnard critique les prélèvements de l’État
À l’occasion de la présentation des comptes, David Lisnard a défendu la stratégie de « rigueur bénéfique » qu’il revendique depuis son arrivée à la mairie. Selon lui, cette politique permet à la collectivité de conserver des marges de manœuvre financières tout en poursuivant ses investissements. Le maire de Cannes a également dénoncé le poids croissant des prélèvements et des contraintes financières imposés par l’État aux collectivités territoriales. La municipalité estime à 175,8 millions d’euros le montant cumulé des pertes de dotations et prélèvements supportés depuis 2014. « Sans ces charges contraintes et très croissantes, qui sont autant de spoliations au détriment des contribuables, nous pourrions faire encore mieux et aller plus loin. Malgré cela, Cannes continue d’agir au présent sans hypothéquer demain. » conclut le maire de Cannes.