À La Bocca, le réseau de chaleur biomasse en construction alimentera 95 bâtiments dès 2027
- Par Valérie Noriega --
- le 15 septembre 2026
Thomas Le Beux, directeur général d’Idex, et David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Agglomération Cannes Lérins (CACPL) ont visité ce 14 septembre le chantier de la future centrale biomasse de Cannes-La Bocca. Le projet doit permettre de mettre en service, au printemps 2027, un réseau de chaleur destiné aux quartiers de la Frayère, Ranguin et Bastide Rouge.
D’une longueur de 8,7 kilomètres, le réseau doit desservir 95 bâtiments, dont 29 équipements publics. Sa production annuelle est annoncée à 35 GWh, soit l’équivalent de la consommation de chaleur de quelque 5 560 logements.
22,4 millions d’euros investis par Idex
Le projet représente un investissement de 22,4 millions d’euros, porté par Idex, délégataire de la collectivité. La CACPL indique ainsi que l’opération ne mobilisera pas directement son budget d’investissement.
Le futur réseau reposera sur un mix énergétique comprenant 80 % d’énergies renouvelables. L’objectif est notamment de réduire la dépendance aux énergies fossiles et de rendre les coûts de chauffage moins sensibles aux fluctuations du gaz et du fioul. Le raccordement doit également permettre aux bâtiments concernés de renouveler leur système de chauffage sans supporter d’investissement majeur sur leurs installations de production de chaleur. Les abonnés bénéficieront par ailleurs, selon la collectivité, d’une TVA à 5,5 % sur la fourniture de chaleur en raison de la part d’énergies renouvelables du réseau.
Une chaufferie alimentée par des résidus de bois
La centrale fonctionnera principalement à partir de biomasse issue de ressources régionales. Son approvisionnement sera composé à 50 % de plaquettes forestières provenant de l’entretien des massifs, à 25 % de sous-produits de scieries et à 25 % de déchets verts issus notamment des opérations locales d’élagage. La collectivité précise qu’aucun arbre ne sera coupé spécifiquement pour alimenter la chaufferie. Le combustible doit provenir de coproduits et de résidus issus de l’entretien forestier et de la filière bois. La centrale sera équipée de systèmes de filtration destinés à limiter les émissions atmosphériques liées à la combustion.
Un troisième réseau renouvelable pour l’agglomération
Ce projet de La Bocca s’inscrit dans une stratégie plus large de développement des réseaux de chaleur de Cannes Lérins. L’agglomération déploie simultanément trois réseaux fondés sur des sources d’énergie différentes : biomasse, énergie marine et récupération de calories issues des eaux usées. À travers ces infrastructures, la collectivité cherche à accroître la part d’énergies produites localement et à réduire l’exposition du territoire aux énergies fossiles. Selon les chiffres communiqués par la mairie, le seul réseau de La Bocca doit permettre d’éviter à terme plus de 157 000 tonnes de CO2.
L’impact climatique de la biomasse fait néanmoins l’objet d’une approche qui doit être appréciée sur l’ensemble du cycle de vie du combustible. La mairie avance une émission d’environ 230 grammes de CO2 par kWh pour le bois, en intégrant extraction, transport, utilisation et fin de vie, contre 1 060 grammes pour le charbon.
« Ce projet illustre parfaitement la vocation d’Idex : proposer des solutions concrètes et innovantes pour accompagner les territoires vers la neutralité carbone », a déclaré Thomas Le Beux. David Lisnard a présenté de son côté la future centrale comme une infrastructure à la fois « pour l’environnement, pour l’autonomie énergétique du bassin de vie et pour le pouvoir d’achat des habitants ». La mise en service du réseau au printemps 2027 constituera la prochaine échéance du projet.
