À la DGA Techniques Navales, le rythme ne va pas faiblir en 2026
- Par Gilles Carvoyeur --
- le 26 février 2026
La direction de DGA Techniques Navales a tracé la feuille de route pour 2026, marquée par l’accélération des programmes majeurs et une transformation numérique d’envergure.
Dans un contexte géopolitique et économique de plus en plus imprévisible, l’établissement toulonnais de la Direction générale de l’armement (DGA) s’impose comme un pivot incontournable de la défense navale française. Face aux personnels et aux nombreux partenaires institutionnels et académiques réunis à Toulon, le directeur de DGA Techniques Navales (DGA TN) a dressé un bilan 2025 « exceptionnel » avant de détailler les défis stratégiques de l’année à venir.
L’Ingénieur général de l’armement a poursuivi : « Le monde dans lequel on vit est de plus en plus imprévisible », et rappelé la nécessité d’adaptation face aux contraintes budgétaires et aux évolutions technologiques rapides. Pour répondre à ces enjeux, l’établissement s’aligne sur les trois priorités fixées par Patrick Pailloux, Délégué général pour l’armement : optimiser les coûts, accélérer la dotation des forces grâce aux nouvelles technologies et réaffirmer l’expertise technique de la DGA.
PORTE-AVIONS NOUVELLE GÉNÉRATION
L’année 2026 marque une étape décisive pour le futur porte-avions de nouvelle génération (PA-NG). Après avoir contribué aux essais de catapultes magnétiques aux États-Unis en 2025, DGA TN lancera une étude de levée de risques sur l’architecture numérique du système de combat.
« Une première plateforme de développement sera installée sur le site du Mourillon dès le premier semestre 2026. Cette plateforme, véritable jumeau numérique, permettra aux équipes étatiques et industrielles de travailler en plateau pour une réactivité accrue », a révélé le directeur du centre d’expertises et d’essais DGA TN.
Il a ajouté : « L’activité radars sera tout aussi intense avec la préparation de l’installation du radar Seafire sur le Charles de Gaulle et l’intégration des nouveaux radars (KGN et SMART LMM) dans le cadre de la rénovation à mi-vie des frégates Horizon. Le domaine sous-marin n’est pas en reste. Alors que le SNA Tourville a été admis au service actif en juillet dernier, les équipes se préparent pour les essais du SNA de Grasse au printemps 2026. Parallèlement, l’établissement est pleinement mobilisé sur le programme SNLE 3G (Sous-marin Nucléaire Lanceur d’Engins de 3ème génération) ».
Pour soutenir ces opérations, le site de Castillon bénéficie d’une « opération massive de mise à hauteur », représentant plusieurs millions d’euros d’investissement pour rénover les moyens d’essais et les infrastructures de vie.
DRONES ET INNOVATION
L’année 2025 a vu le lancement à Toulon de la capacité d’essai et d’expérimentation de drones navals (CapXDN), un dispositif mixte DGA-Marine nationale.
« Cette agilité s’est concrétisée par l’acquisition rapide de planeurs sous-marins, livrés en quelques mois seulement. Il faudra sans doute aller encore un peu plus loin.En 2026, l’expérimentation DANAE évaluera plusieurs drones de surface à Toulon, tandis que le programme de guerre des mines (SLAMF) franchira un nouveau cap avec la livraison du premier robot sous-marin téléopéré de neutralisation », a estimé le directeur de DGA TN, évoquant le renforcement des capacités de prototypage interne.