À La Valette-du-Var, le mariage entre histoire médiévale et modernité
- Par Gilles Carvoyeur --
- le 16 février 2026
Récemment Thierry Albertini, maire de La Valette-du-Var, a retracé l’étonnante trajectoire de sa commune, capable de faire dialoguer les vestiges du 13ème siècle avec une architecture contemporaine labellisée.
Il fallait oser le grand écart. Relier mentalement et physiquement la tour médiévale de Tourris aux lignes épurées de l’Avenue 83. C’est cet exercice de « couture urbaine » que Thierry Albertini, maire de La Valette, a mis en lumière devant un parterre d’élus et de Valettois. Loin d’être une simple juxtaposition d’époques, la ville se révèle être une construction cohérente où chaque siècle a laissé une empreinte visionnaire.
RACINES ANCRÉES DANS LA PIERRE ET l’EAU
Pour comprendre cette identité singulière, il faut, comme l’a suggéré le premier magistrat, prendre de la hauteur : “Depuis le sommet du Coudon, culminant à 702 mètres, jusqu’aux domaines agricoles historiques, La Valette puise sa force dans ses origines”.
Ainsi, le maire a rappelé l’importance des fondations : “Le château de Tourris a ses origines qui remontent au 13ème siècle et la redécouverte récente des vestiges de l’église Saint-Jean à la Porte latine qui sont datés du 5ème siècle après J.C.
Cette mémoire se lit aussi dans l’eau qui a façonné le territoire.
“De la « maïre des eaux » de 1633 aux onze moulins qui ont jalonné l’histoire locale, la commune a toujours été une terre de production, célèbre pour ses fraises servies à la table de Louis XIV et ses violettes expédiées aux parfumeurs de la couronne britannique. Pour que ce passé ne reste pas lettre morte, un plan-relief du centre ancien, tel qu’il était au 18ème siècle, trône désormais à la Maison du patrimoine, rappelant la structure immuable des remparts”, a rappelé Thierry Albertini.
Mais le véritable tournant, celui qui a propulsé la cité médiévale dans l’ère moderne, s’est joué dans les années 1970. Thierry Albertini a insisté sur l’impact décisif du pont Auzende : “En enjambant l’autoroute, cet ouvrage a enfin permis de relier le centre historique au sud de la ville, mettant fin à une séparation physique séculaire”.
AUDACE CULTURELLE ET COMMERCIALE
C’est cette audace qui a permis l’éclosion du quartier de La Coupiane. Souvent réduit à son aspect résidentiel, ce secteur cache en réalité une architecture visionnaire. Le maire a souligné un fait méconnu : “Inspiré par le travail de l’architecte américain Mies van der Rohe, ce complexe immobilier a reçu le label « Architecture contemporaine remarquable », au même titre que la Cité radieuse de Marseille. Une reconnaissance qui prouve que La Valette a su embrasser la modernité sans renier son âme”.
Ce dialogue entre les époques se poursuit dans le dynamisme économique et culturel. L’édile a rappelé le lien historique entre l’actuelle Avenue 83 et la vision d’Émile Barnéoud : “Dès 1971, il importait le modèle des centres commerciaux américains après un voyage outre-Atlantique. Une innovation qui fête ses dix ans sous sa forme actuelle en 2026”.