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À Nice, Éric Ciotti a remis l’Aigle de la ville à Boualem Sansal

Trois ans après sa première venue à Nice, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal était de retour lundi soir dans la cité azuréenne. À la Villa Masséna, le maire de Nice Éric Ciotti lui a remis l’Aigle de Nice, distinction destinée à saluer son parcours littéraire et son engagement en faveur de la liberté d’expression.

Il avait présidé, en 2024, le Festival du Livre de Nice, consacré cette année-là au courage. La Ville de Nice avait déjà fait de l’écrivain un citoyen d’honneur, le 29 novembre 2024, quelques jours après son arrestation en Algérie.
Trois ans après sa première venue dans la ville, Boualem Sansal a retrouvé lundi les Niçois, cette fois après l’épreuve de son arrestation en Algérie.
L’écrivain a reçu, lundi 14 septembre à la Villa Masséna, l’Aigle de Nice des mains d’Éric Ciotti, maire de Nice et président de la Métropole Nice Côte d’Azur. Cette distinction entend récompenser son œuvre et son engagement en faveur de la liberté de pensée et d’expression.

Boualem Sansal avait été arrêté le 16 novembre 2024 à son arrivée en Algérie. Il avait ensuite été condamné à cinq ans de prison ferme. Après avoir passé près d’un an détenu, l’écrivain a retrouvé sa liberté et effectuait son retour public à Nice.

« Vous voir ici ce soir, libre »

Lors de la cérémonie, Éric Ciotti a insisté sur la portée symbolique de ce retour. « D’abord je veux vous dire le plaisir infini que je ressens, que tous les Niçois ressentent, à vous voir ici ce soir, libre », a déclaré le maire.
Il a également rappelé les prises de position de l’écrivain depuis la publication de son premier roman, Le Serment des barbares, en 1999, alors que l’Algérie traversait encore la « décennie noire  ». Éric Ciotti a cité plusieurs de ses ouvrages, parmi lesquels Poste restante : Alger, Gouverner au nom d’Allah et 2084, soulignant la constance de ses critiques du régime algérien et de l’islamisme. Le maire de Nice a comparé le parcours de Boualem Sansal à celui d’autres écrivains persécutés pour leurs prises de position, citant notamment Émile Zola, Alexandre Soljenitsyne et l’écrivain turc Ahmet Altan. Évoquant son incarcération, Éric Ciotti a également rappelé avoir retiré en juin 2025 une proposition de loi visant à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968, après une demande de l’avocat de Boualem Sansal, alors que le verdict de son procès en appel était attendu quelques jours plus tard. « Nous ne voulions pas prendre le moindre risque vis-à-vis de votre procès  », a expliqué le maire.

« Nice sait ce que l’exil coûte »

Dans son discours, Éric Ciotti a ensuite livré une lecture plus politique de l’affaire, dénonçant « ce système qui opprime un peuple que vous aimez tant » et affirmant que l’œuvre de l’écrivain avait contribué à « briser beaucoup de glace en Algérie  ». La symbolique de l’Aigle de Nice a également occupé une place centrale dans son intervention. « Il dit une chose simple : rester libre et rester fier  », a déclaré le maire avant de remettre la distinction à l’écrivain. Éric Ciotti a évoqué les liens historiques entre Nice et l’autre rive de la Méditerranée : « Notre ville a accueilli, génération après génération, ceux que l’histoire avait chassés de l’autre rive. Elle sait ce que l’exil coûte. » Avant de conclure : « Cher Boualem Sansal, soyez chez vous à Nice. »

Une rencontre au CUM ce mardi Le retour de Boualem Sansal à Nice se poursuit ce mardi 15 septembre. L’écrivain est attendu au Centre universitaire méditerranéen (CUM), où il donnera à 16 heures une conférence en dialogue avec le journaliste Vincent Hervouët. Une nouvelle rencontre publique qui doit permettre à l’auteur de revenir sur son parcours, son œuvre et les événements qui ont marqué les derniers mois.

Photo de Une : (détail) ©Ville de Nice – Charles Tevernier