Edito - À y regarder de plus près…
- Par Jean-Michel Chevalier --
- le 30 janvier 2026
Souvent, Trump varie. Il n’y a pas davantage de raisons de lui faire confiance maintenant qu’il semble faire patte de velours pour le Groenland qu’hier lorsqu’il faisait capturer Maduro, menaçait l’Iran de frappes et l’Europe de surtaxes douanières. Avec lui, les journalistes ont le tournis, ce qui, quand même, est moins grave que les tocades et les revirements imprévisibles de la Maison Blanche. Il ne serait pas si surprenant que la météo baptise un ouragan prochain du nom de Donald…
Mis à part les changements de pied soudains du président américain, qu’aura-t-on retenu de Davos ? Que l’Otan est plus fragile que jamais ? No ! Que la Russie continue à livrer son pétrole, en principe sous embargo ? Niet ! Que les habitants de Kiev vivent dans un froid intense dans leurs logements, car Poutine continue à bombarder les centrales électriques ? Pas du tout. Non, le vrai sujet qui a passionné les foules aura été les lunettes de soleil de type aviateur et un tantinet bling-bling qu’Emmanuel Macron porte pour dissimuler un orgelet aussi bénin qu’inesthétique. Du coup, la marque qui fabrique ces bésicles – que James Bond en personne ne refuserait pas de porter – a vu ses cours bondir en Bourse. Pas besoin de lunettes pour lire la futilité de cet « événement » qui a été publié dans la presse mondiale.
Nous avons appris la semaine dernière que la cour d’appel de Dijon a lancé une « contre-expertise stylométrique » pour savoir si la grande-tante du petit Grégory, noyé dans la Vologne en 1984, est bien à l’origine des lettres de menaces adressées à la famille du bambin. Deux « sachants » vont se pencher sur ces courriers. Comme l’affaire est sérieuse, les spécialistes de la spécialité prendront « plusieurs mois » pour livrer leur oracle. En attendant, les non-sachants restent perplexes sur cette nouvelle science miracle, admiratifs de la ténacité de la Justice, et désabusés, car ils se demandent quelles nouvelles révélations on peut encore attendre dans cette affaire, 42 ans après les faits.
Après avoir juré qu’il n’aurait recours ni à des ordonnances ni au 49.3 pour doter la France d’un budget, notre toujours Premier ministre s’est résolu à dégainer l’article maudit qui jette l’opprobre sur l’hôte de Matignon aussi sûrement que le miel attire les mouches. Bien sûr, aucune posture, aucune arrière-pensée partisane derrière ces cris de protestation, tout juste le sacro-saint « intérêt général » au nom duquel le fonctionnement du Parlement a été bloqué pendant des mois. Avec l’habileté d’un Jean-Claude Killy en son temps, Lecornu slalome entre les motions de censure. Pour combien de temps ?
C’est un signal fort envoyé au régime de Téhéran : le porte-avions américain Abraham Lincoln et son groupe naval croisent au Moyen-Orient. Comme une épée de Damoclès au-dessus du turban des mollahs, dont le régime a fait ces derniers jours entre 30 000 et 40 000 victimes (!). Trump hésite encore à déclencher les hostilités dans cette région déjà à feu et à sang. Une retenue qui n’est pas son genre. Une intimidation sans lendemain, alors qu’il a promis de l’aide aux « insurgés » ? Réponse dans quelques jours sans doute.