Alpes-Maritimes : le (…)

Alpes-Maritimes : le préfet place le département en vigilance sécheresse

Face à une dégradation marquée de la ressource en eau depuis le printemps, le préfet des Alpes-Maritimes a placé l’ensemble du département en vigilance sécheresse à compter du 1er juin. Aucune restriction d’usage n’est imposée à ce stade, mais les habitants sont invités à réduire leur consommation d’eau.

Réuni le 29 mai, le comité ressource en eau des Alpes-Maritimes a constaté une détérioration significative de la situation hydrologique du département. À la suite de cette réunion, le préfet Laurent Hottiaux a décidé de déclencher le niveau de vigilance sécheresse sur l’ensemble du territoire départemental à compter du 1er juin.

Une pluviométrie déficitaire et des températures élevées

Selon les données présentées par les services de l’État, la période allant du 1er septembre 2025 au 26 mai 2026 affiche un déficit pluviométrique d’environ 15,5 % à l’échelle départementale, avec des écarts pouvant atteindre 20 % dans certaines zones. Le mois d’avril 2026 a été particulièrement sec, avec un déficit de précipitations proche de 87 %. Le mois de mai présente également un déficit estimé à 20 %. Parallèlement, tous les mois de la saison hydrologique 2025-2026 ont enregistré des températures moyennes supérieures aux normales. Avril 2026 constitue ainsi le deuxième mois d’avril le plus chaud observé depuis 1947 dans le département.

Des cours d’eau en forte baisse

Les débits des cours d’eau suivis dans les différentes zones du département ont diminué rapidement depuis la mi-avril. Certains ont été divisés par plus de deux en quelques semaines et restent inférieurs aux niveaux observés à la même période en 2025.
Plusieurs secteurs sont particulièrement surveillés détaille la préfecture :
L’Artuby affichait un débit de 294 litres par seconde au 26 mai, contre 706 litres par seconde un an plus tôt.
La Cagne enregistrait 157 litres par seconde le 13 mai, contre 800 litres par seconde fin avril 2025.
L’Estéron présentait un débit de 2 170 litres par seconde au 26 mai, contre 6 590 litres par seconde à la même date en 2025.
Le Loup affichait 1 303 litres par seconde le 13 mai, contre environ 6 000 litres par seconde en avril 2025.
La Siagne, en amont comme en aval, montre également des débits en nette diminution par rapport à l’année précédente.
Dans le Haut-Pays, les réserves constituées par les précipitations et l’enneigement hivernaux permettent encore de maintenir les cours d’eau au-dessus des seuils d’alerte. Les services de l’État soulignent toutefois que la fonte accélérée de la neige observée depuis avril ne devrait avoir qu’un effet temporaire.

Des nappes phréatiques sous les normales

Au 26 mai, 70 % des nappes phréatiques surveillées dans le département se situaient sous les normales saisonnières.

Les prévisions météorologiques pour l’été annoncent par ailleurs des températures supérieures aux normales. Les autorités rappellent que la hausse des températures favorise l’évaporation et peut accentuer la baisse des niveaux d’eau. Elle contribue également à réchauffer les cours d’eau, avec des conséquences potentielles sur les écosystèmes aquatiques.

Pas de restriction pour l’instant

Le stade de vigilance sécheresse constitue le premier niveau du dispositif de gestion de la sécheresse. Il n’entraîne pas de restrictions obligatoires des usages de l’eau.
Les services de l’État recommandent néanmoins aux particuliers, collectivités et acteurs économiques de limiter leur consommation d’eau, notamment pour le remplissage des piscines, l’arrosage ou certains usages de nettoyage.
L’objectif affiché est de préserver la ressource afin de retarder, voire d’éviter, le recours à des mesures plus contraignantes.

Mais des restrictions possibles si la situation se dégrade

Si les conditions hydrologiques continuent de se détériorer dans les prochaines semaines, le préfet pourrait activer des niveaux supérieurs du dispositif sécheresse : alerte, alerte renforcée ou crise. En parallèle, la préfecture indique poursuivre les actions engagées depuis les Assises de l’eau de janvier 2023, en lien avec les différents acteurs de la gestion de l’eau dans le département.

Visuel de Une : ©DR