Antibes : la Chambre (…)

Antibes : la Chambre régionale des comptes pointe des fragilités financières persistantes

La Chambre régionale des comptes (CRC) Provence-Alpes-Côte d’Azur a publié son rapport d’observations définitives sur la gestion de la commune d’Antibes pour les exercices 2018 et suivants. Si la juridiction financière souligne plusieurs efforts engagés par la municipalité, notamment en matière environnementale, elle alerte également sur des fragilités persistantes dans la gestion financière et des ressources humaines.

Deuxième commune la plus peuplée des Alpes-Maritimes, Antibes conserve une forte attractivité résidentielle, économique et touristique, portée par la proximité de Sophia Antipolis ainsi que par la richesse de son patrimoine historique et naturel. Cette dynamique génère toutefois des contraintes structurelles importantes sur les finances et l’organisation municipale. La CRC estime que l’information budgétaire transmise aux élus pourrait être améliorée. Elle recommande une présentation plus détaillée et régulièrement actualisée du plan pluriannuel d’investissement, accompagnée d’un débat en conseil municipal, afin d’améliorer la lisibilité des opérations d’investissement, leur financement et leur niveau réel de réalisation.
Le rapport pointe également une situation financière fragilisée. La capacité d’autofinancement de la commune est jugée insuffisante pour couvrir les besoins d’investissement, ce qui conduit la ville à recourir de manière importante à des cessions immobilières et foncières. Cette dépendance à des recettes jugées incertaines ou parfois retardées contribue, selon la CRC, au maintien d’un endettement élevé.
La juridiction cite notamment l’exemple du terrain des Trois Moulins, dont la cession attendue de longue date a connu des décalages ayant pesé sur la trajectoire financière de la collectivité.
Autre sujet de vigilance : les dépenses de personnel. Leur progression continue, associée à un taux d’encadrement supérieur à la moyenne, réduit les marges de manœuvre budgétaires de la commune. La CRC relève plusieurs irrégularités ou fragilités dans la gestion des ressources humaines, concernant notamment certaines primes, l’organisation du temps de travail, le contrôle des heures supplémentaires ou encore le maintien d’autorisations spéciales d’absence avant départ à la retraite.
Le rapport note cependant que des actions correctrices et de rationalisation ont déjà été engagées, permettant de corriger une partie de ces anomalies, même si certains dysfonctionnements demeurent.

La Chambre souligne les efforts de la commune en matière de sobriété foncière, de désartificialisation des sols et de mise en œuvre d’un budget vert, dans un territoire particulièrement exposé aux enjeux climatiques et littoraux.

Au terme de son contrôle, la CRC conclut à la nécessité pour Antibes de consolider son pilotage financier, de mieux fiabiliser sa programmation d’investissement et de contenir davantage la progression de ses charges de personnel afin de préserver durablement ses capacités d’action.


Pour accéder accéder à ce rapport, ainsi qu’à la réponse du maire, M. Jean Leonetti cliquez sur le lien ci-après : Rapport d’observations définitives sur la gestion de la commune de, pour les exercices 2018 et suivants

Dans un message sur X publié à l’issue du conseil municipal le 7 mai, le maire d’Antibes Jean Leonetti souligne également que la CRC relève régulièrement le choix de la municipalité de maintenir une dette stable plutôt que d’augmenter les impôts locaux. Selon lui, cette stratégie a permis de financer 285 millions d’euros d’investissements lors du précédent mandat, financés aux deux tiers par des subventions institutionnelles et complétés par plusieurs opérations financières : valorisations foncières de Marenda-Lacan (28 M€), projet Écotone (45 M€), vente des parts de la SEM SAH (73 M€) et concessions des ports Vauban et Gallice à la CCI (15 M€ par an). Jean Leonetti affirme également avoir stabilisé et sécurisé à 100 % la dette communale grâce à des taux d’intérêt inférieurs à 1 % et au recours à des emprunts verts pour les investissements liés au changement climatique. Pour le mandat en cours, il annonce 180 millions d’euros d’investissements, soit 100 millions de moins que sur la période précédente, expliquant cette baisse par l’achèvement de plusieurs grands projets structurants. Le maire réaffirme enfin sa volonté de maintenir une fiscalité « basse » : «  Notre fiscalité (...) restera basse pour les Antibois et les Juanais, comme les tarifs de nos services publics d’ailleurs. C’est cela notre stratégie et notre volonté. »

Visuel de Une : Vue aérienne d’Antibes ©VN