Edito hebdo - Au-delà (…)

Edito hebdo - Au-delà de cette limite...

Avec la guerre au Moyen-Orient, la courbe du taux d’intérêt des emprunts d’État français a frôlé ce lundi 3,90 %, soit son plus haut niveau depuis 2009. La France n’est pas la seule prise dans cette tempête. Avec l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni (5,10 % pour ce dernier), elle se cramponne sur un radeau de survie secoué de toutes parts. Le déficit prévu cette année sera (au mieux) de 5,4 %, nous continuons à creuser le trou abyssal de nos finances publiques. La « trajectoire » de la dette passe ainsi de 36 milliards d’euros en 2020 à près de 60 milliards cette année. La hausse du taux de nos emprunts va encore charger le bateau de 1,6 milliard d’intérêt en plus d’ici le 31 décembre. On n’a pas fini de ramer ni… d’éponger.


Julien Picot, secrétaire départemental du Parti communiste, est prolixe. Pour les élections municipales, il a trempé sa plume dans une encre acide pour critiquer ses adversaires, en particulier Christian Estrosi et Éric Ciotti, ce qui est normal au moment où les Niçois se choisissent un nouveau maire. Maintenant que les urnes ont rendu leur verdict, il vilipende toujours « les pratiques politiques d’un autre temps » et réaffirme une « exigence de clarté, de responsabilité et de respect des électeurs ». Dans sa ligne de mire, le cumul des mandats « inacceptable » du député Ciotti devenu premier magistrat de Nice, qui « ne peut continuer à confisquer la représentation nationale ». Et d’exiger « l’organisation sans délai d’une élection législative dans la 1re circonscription des Alpes-Maritimes » pour le remplacer par un député tout neuf. Quant à Christian Estrosi, n’étant plus maire de Nice, il « doit se retirer de la vie politique ». Les intéressés apprécieront sans aucun doute tout l’intérêt que leur porte le secrétaire du PC-06. Mais à vrai dire, ils n’ont besoin ni de ses conseils ni même d’injonctions pour savoir ce qu’ils ont à faire. La loi du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique et celle du 21 février 2014 ont déjà prévu tous les cas semblables de cumuls. Éric Ciotti ne peut être « en même temps » maire de Nice, député, vice-président du Département et président de la Métropole et, comme il était peu probable qu’il abandonne la mairie tout juste conquise, il a annoncé sans tarder sa démission du palais Bourbon. Son poste de parlementaire échouera donc à son suppléant. Pour Christian Estrosi, rien ne l’empêche de poursuivre son mandat de conseiller régional PACA, quand bien même il a déjà fait part au soir de sa défaite de son retrait de la vie politique locale.
Autrement dit : inutile de défoncer des portes déjà ouvertes, les urnes ont parlé en apportant toute légitimité.


Donald Trump a ordonné à son administration de « cesser immédiatement toute utilisation » de l’intelligence artificielle Anthropic (Claude) après le refus de la start-up californienne d’ouvrir son IA « sans restriction » à l’armée américaine. « Dans un nombre restreint de cas, nous pensons que l’IA peut nuire aux valeurs démocratiques plutôt que les défendre », justifie le patron d’Anthropic, un individu à l’évidence suspect puisqu’il préfère, au nom de l’éthique, s’asseoir sur un contrat de 200 millions de dollars que de voir son outil dévoyé. « Utiliser ces systèmes à des fins de surveillance de masse domestique est incompatible avec les valeurs démocratiques », prévient-il. Un principe de précaution suffisant pour que Trump dénonce aussitôt « une entreprise de gauche radicale et woke ».

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