Benoît Payan installe son équipe et impose une charte de déontologie
- Par Gilles Carvoyeur --
- le 30 mars 2026
Élu maire samedi 28 mars, Benoît Payan a fait adopter la liste de ses 33 adjoints ainsi qu’une charte de déontologie stricte pour tous les élus.
Le conseil municipal d’installation de Marseille, qui s’est tenu samedi 28 mars 2026, a officiellement proclamé Benoît Payan maire de la ville. Dans la foulée, l’assemblée a adopté la liste des 33 adjointes et adjoints qui composeront l’exécutif municipal pour la durée du mandat, un acte fondateur pour la nouvelle équipe dirigeante.
Une équipe paritaire pour la deuxième ville de France
La nouvelle équipe municipale s’articule autour de figures clés et respecte une stricte parité. Michèle Rubirola est nommée 1ère Adjointe, confirmant son rôle majeur dans l’exécutif. Elle est suivie de Joël Canicave, désigné 2ème Adjoint, et de Samia Ghali, qui occupe la fonction de 3ème Adjointe et Maire adjointe. La liste se poursuit avec Amine Kessaci (4ème), Audrey Garino (5ème), Arnaud Drouot (6ème) et Pascaline Lecorche (7ème). Au total, 33 élus, dont 17 femmes et 16 hommes, se répartiront les délégations pour mettre en œuvre le projet politique de la majorité. La composition complète de l’équipe a été validée par un vote du conseil municipal.
Un mandat placé sous le signe de la déontologie
Au-delà de la formation de la nouvelle équipe, ce premier conseil municipal a été marqué par l’adoption d’une charte de déontologie qui s’imposera à l’ensemble des élus. Ce document de 15 articles a pour ambition affichée de « restaurer la confiance des citoyens envers leurs élus » en fixant un cadre strict à l’exercice de leur mandat. La charte rappelle les principes fondamentaux que sont l’impartialité, la diligence, la dignité, la probité et l’intégrité, et insiste sur la poursuite du « seul intérêt général, à l’exclusion de tout intérêt qui lui soit personnel, directement ou indirectement ».
Prévenir les conflits d’intérêts et garantir l’impartialité
La lutte contre les conflits d’intérêts constitue un axe majeur de la charte. Le texte en donne une définition précise, tirée de la loi de 2013 : « toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou à paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction ». Pour y remédier, les élus s’engagent à signaler toute situation potentiellement problématique et, le cas échéant, à se « déporter », c’est-à-dire à ne prendre part ni au débat ni au vote d’une délibération concernée. Un « registre des déports », consultable par le public, sera tenu par la Ville pour assurer la traçabilité de ces décisions.
Tolérance zéro face aux manquements à la probité
La charte instaure des règles drastiques. L’article 9 engage ainsi les élus à « immédiatement démissionner de leur mandat » en cas de condamnation pénale définitive pour crime ou délit. Le texte proscrit également l’acceptation de tout cadeau ou invitation de nature à influencer leur jugement et encadre l’usage des moyens matériels mis à leur disposition, qui doivent être exclusivement réservés à l’exercice de leurs fonctions. La charte rappelle de manière exhaustive les sanctions pénales prévues pour les délits d’atteinte à la probité, tels que la prise illégale d’intérêts (jusqu’à 5 ans de prison et 500 000 € d’amende), la corruption, le trafic d’influence ou le favoritisme, dont les peines peuvent atteindre 10 ans d’emprisonnement et des amendes de plusieurs millions d’euros.
Transparence, formation et recours au déontologue
Pour accompagner les élus dans le respect de ces obligations, plusieurs dispositifs sont mis en place. Tous s’engagent à suivre une formation sur la déontologie au cours de leur mandat. Ils pourront également saisir à tout moment le déontologue de la Ville pour solliciter son avis. Dans un souci de transparence, la municipalité s’engage à publier sur son site internet l’ensemble des indemnités perçues par les conseillers municipaux. La Ville de Marseille entend ainsi faire de l’exemplarité un marqueur fort de ce nouveau mandat, afin de « renforcer le lien et la confiance entre citoyens et responsables publics ».