Bryan Masson, au premier tour
- Par Marine Einaudi --
- le 12 juin 2026
Bryan Masson a été élu maire au premier tour de la deuxième ville de la Métropole. À 29 ans, il prend les rênes de Cagnes-sur-Mer, 53 000 habitants, 900 agents municipaux, après avoir été député de la 6ème circonscription des Alpes-Maritimes à l’âge de 25 ans.
Depuis l’âge de 14 ans, vous êtes engagé en politique. Membre du Front national de la jeunesse puis du RN, vous faites partie de cette nouvelle génération qui donne une image plus séduisante du parti ?
– Oui je suis un jeune vieux politique avec cette volonté de rester jeune car je crois que c’est la force de mon parti aujourd’hui : avoir fait élire des jeunes, renouveler la classe politique azuréenne qui en avait besoin, c’est vrai qu’on est un département de barons mais là on voit de jeunes visages qui émergent. Je suis membre du RN depuis le début mais je ne suis inféodé à personne, je ne reçois pas de coup de fil de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella pour diriger Cagnes-sur-Mer. Je suis maire en totale liberté, je suis un élu libre.
Vous avez, par le passé, adhéré aux idées identitaires. Quel est votre positionnement aujourd’hui ?
– D’abord le mot « identitaire » n’est pas un gros mot c’est vouloir réaffirmer l’identité de son pays, de son territoire, de ses racines, la manière dont on conçoit cette société française qui est de plus en plus fracturée, c’est d’essayer de revenir aux sources de ce qu’on est et de ce qui doit nous rassembler. J’ai eu ma jeunesse, il y a eu des flous, j’ai été élu et ce qui compte est de passer de la parole aux actes. Je fais partie de ces députés qui ont été attaqués : lorsque j’ai déclaré être heureux des 10 ans du mariage, j’ai subi des insultes sur les réseaux sociaux d’une violence phénoménale, j’ai voté des textes de loi progressistes notamment pour que le droit à l’avortement soit inscrit dans la Constitution, j’ai été vilipendé par l’extrême droite française groupusculaire qui déteste le RN.
Vous avez fait pavoiser la mairie et le centre-ville de Cagnes-sur-Mer de drapeaux tricolores, à quoi cela sert-il ?
– C’est une fierté, c’est un symbole. C’était ma promesse de campagne, pour moi c’est très important. Je crois en la France et en ses valeurs, on est un pays où il fait bon vivre et souvent les Français ne réalisent pas ce qu’ils ont : la sécurité sociale, la liberté. Le drapeau appartient à tout le monde, il ne faut pas le cacher parce que c’est peut-être ça qui va permettre de rassembler les jeunes générations qui ne comprennent pas ce que c’est qu’être français et notamment les jeunes générations issues de l’immigration qui brandissent en permanence leurs origines algériennes, marocaines ou tunisiennes alors que s’ils vivaient là-bas, ils s’apercevraient qu’on n’a pas la même vision de la liberté. Et à cette génération, je dis : « vous êtes Français ».
Quelles sont les premières mesures concrètes que vous avez prises depuis 2 mois ?
– Des mesures de stationnement pour tous avec 1 heure de gratuité en ville, la gratuité totale pour les infirmiers libéraux et les aides-soignants. J’ai augmenté de 50 % le budget de la culture. J’ai le souhait de porter des projets culturels pour remettre du lien au sein de la population. J’ai décidé de mettre en œuvre un plan « climatisation de toutes les classes des écoles de Cagnes » car il est inconcevable que les enfants et les enseignants suffoquent dès 8 h 45 alors que dans ce bureau nous sommes sous la clim’. Voilà je ne crois pas que toutes ces mesures soient des mesures d’extrême droite.
La sécurité, le tramway, la mosquée ?
– Je veux plus de police municipale pour une ville apaisée. Pour le tramway, je l’ai dit il s’arrêtera à Saint-Laurent-du-Var car je suis convaincu que notre problème de trafic se situe dans un axe nord-sud et non pas est-ouest. Et pour la mosquée, je souhaite que la communauté musulmane commence par procéder à un renouvellement de sa gouvernance. Le président, installé depuis 30 ans, qui salue les Frères musulmans ce n’est pas possible. J’ai un adjoint au culte qui parle avec la communauté musulmane.
Quelles sont vos relations avec les autres maires du littoral ?
– Je parle à tous les maires autour de Cagnes et on essaie de travailler ensemble et de trouver des projets communs. Je vais collaborer avec Lionnel Luca pour préserver les rives du Loup en prenant notamment un garde champêtre en commun. Lionnel Luca est un modèle politique pour moi car pendant très longtemps on l’a accusé d’être le vilain politique d’extrême droite pourtant dans sa ville il défend les enfants, l’éducation, la francophonie et beaucoup d’autres causes. Il a été député de la 6ème circonscription pendant 20 ans, j’ai grandi avec lui.