Canicule et sécheresse : l’État ouvre la voie aux premières indemnisations des agriculteurs
- Par Valérie Noriega --
- le 8 septembre 2026
Après un été marqué par de fortes chaleurs et une sécheresse exceptionnelle, l’État a reconnu les premières pertes de récolte ouvrant droit à l’indemnisation de solidarité nationale. Dix-huit départements sont concernés à ce stade. Les premiers versements aux exploitants non assurés sont annoncés pour octobre.
Les agriculteurs les plus durement touchés par les canicules et la sécheresse de l’été 2026 vont pouvoir commencer à bénéficier du dispositif d’indemnisation de solidarité nationale (ISN). Réunis exceptionnellement lundi 7 septembre, le Comité national de la gestion des risques en agriculture (CNGRA) et la Commission chargée de l’orientation et du développement des assurances garantissant les dommages causés aux récoltes (CODAR) ont procédé aux premières reconnaissances de pertes de récolte.
Cette première étape concerne des zones situées dans 18 départements : l’Ardèche, la Corrèze, les Côtes-d’Armor, l’Eure-et-Loir, l’Ille-et-Vilaine, l’Indre, le Loir-et-Cher, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, la Haute-Marne, la Mayenne, le Morbihan, l’Oise, le Puy-de-Dôme, le Rhône, la Sarthe, la Vendée et la Haute-Vienne. Les reconnaissances portent sur les grandes cultures ainsi que sur certaines productions de fruits et légumes pour lesquelles les pertes ont déjà pu être établies au niveau départemental.
Des indemnisations accélérées
Cette reconnaissance permet désormais aux Directions départementales des territoires (DDT) d’ouvrir, dans les prochains jours, les premiers guichets permettant aux exploitants concernés de déposer leur demande. Les dossiers feront ensuite l’objet d’une instruction individuelle. Pour les exploitants non assurés, les premiers paiements de l’ISN sont attendus dès octobre 2026, selon le ministère de l’Agriculture. Cette procédure a été simplifiée et accélérée dans le cadre du plan Climat-Adaptation-Sécheresse-Incendies (CASI), présenté le 4 septembre par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.
Le dispositif ne concerne toutefois pas uniquement les exploitations dépourvues d’assurance. Pour les agriculteurs assurés, l’indemnisation est gérée par les compagnies d’assurance. Celles-ci se sont engagées à accélérer le traitement des dossiers et le versement d’acomptes. Le gouvernement a notamment fixé, par arrêté publié le 31 juillet, un taux maximal d’acompte de 80 % de l’ISN pour les exploitants assurés.
De nouvelles reconnaissances attendues
La première vague de reconnaissances ne constitue qu’une étape. Les demandes concernant d’autres territoires doivent encore être remontées par les services départementaux. Une nouvelle réunion exceptionnelle du CNGRA et de la CODAR est ainsi prévue le 1er octobre. Les demandes devront être transmises par les DDT d’ici au 15 septembre. L’objectif est de permettre une prise en compte progressive des exploitations ayant subi des pertes liées aux épisodes de chaleur et de sécheresse de l’été. Le gouvernement prépare parallèlement l’évolution des modalités de calcul de l’indemnisation. Le projet de décret mettant en œuvre une « moyenne olympique à 8 ans », prévue dans le plan CASI, a été présenté à la CODAR. Il doit désormais être soumis à l’avis du Comité consultatif de la législation et de la réglementation financières avant sa publication.
Après un été particulièrement éprouvant pour les cultures, l’enjeu est désormais de transformer rapidement les reconnaissances administratives en aides concrètes. Pour les exploitants concernés, le calendrier des prochaines semaines sera donc déterminant.