Cap vers l'Indo-Pacifique

Cap vers l’Indo-Pacifique pour près de 600 militaires

Le groupe Jeanne d’Arc 2026 a quitté Toulon pour cinq mois de mission.

C’est un départ majeur pour la Marine nationale et la formation de ses futurs officiers. En effet, le groupe tactique Jeanne d’Arc 2026 (JDA 26) a appareillé de la base navale de Toulon pour un déploiement opérationnel de longue durée. Cette mission, qui s’étendra sur cinq mois, conduira les bâtiments français à travers trois continents, marquant notamment une présence stratégique en zone Indo-Pacifique.

Sous le commandement du capitaine de vaisseau Jocelin Delrieu, le groupe est articulé autour du Porte-hélicoptères amphibie (PHA) Dixmude et de la Frégate type La Fayette (FLF) Aconit. Au total, près de 800 militaires participent à cette mission d’envergure, dont 162 officiers-élèves issus de l’École navale, qu’ils soient français ou internationaux, en route vers l’Indo-Pacifique.

ENJEUX STRATEGIQUES

Ce déploiement annuel marque l’achèvement du cursus de formation des officiers-élèves. La mission Jeanne d’Arc n’est pas une simple croisière d’application car elle combine l’apprentissage académique et pratique avec un véritable engagement opérationnel. En naviguant dans des zones d’intérêt stratégique, les futurs chefs militaires se préparent à la complexité des opérations interarmées et à la projection de puissance.
Durant ces cinq mois, de nombreux exercices sont programmés, tant avec les forces armées partenaires qu’avec les forces françaises prépositionnées outre-mer. L’objectif est double : démontrer les capacités amphibies, terrestres et aériennes de la France, tout en affirmant son attachement à la liberté de navigation et au respect du droit international maritime.

DISPOSITIF INTERARMÉE

Pour cette édition 2026, la configuration du groupe tactique met l’accent sur la polyvalence et la puissance de feu. Le PHA Dixmude accueille un détachement de la Flottille 34F équipé d’un hélicoptère Dauphin, dédié à la surveillance maritime et aux missions de secours. La dimension technologique est également présente avec le déploiement par la Flottille 36F du système de drone aérien S-100 Camcopter.
L’Armée de Terre joue un rôle central dans ce dispositif via le Groupement Tactique Embarqué (GTE). Celui-ci opère cette année dans une configuration à dominante « infanterie », issue de la 9ème Brigade d’Infanterie de Marine (9ème BIMa). Ce groupement comprend une sous-unité du 3ème Régiment d’Infanterie de Marine (3ème RIMa) forte de 100 soldats.
Le volet aérocombat est assuré par une sous-unité de la 4ème Brigade d’Aérocombat, composée de 60 militaires. Ces derniers mettent en œuvre une capacité de frappe et de transport significative avec deux hélicoptères Caïman et deux hélicoptères Gazelle provenant du 3e Régiment d’Hélicoptères de Combat.

JEUNESSE ET TERRITOIRES

Par ailleurs, la mission 2026 revêt une dimension symbolique particulière puisqu’elle s’inscrit dans le cadre des célébrations du 400ème anniversaire de la Marine nationale, créée par l’édit du cardinal de Richelieu en 1626. À cette occasion, le ministère des Armées et des Anciens combattants s’est associé au ministère de la Culture pour valoriser cet héritage historique, synonyme d’engagement et d’innovation.
Au-delà de l’aspect militaire, la mission porte une ambition pédagogique à travers un projet commun avec le ministère de l’Éducation nationale. Baptisée « Jeunesse et Territoires », cette initiative vise à promouvoir les valeurs d’ouverture et d’esprit d’équipe auprès des élèves du primaire et du secondaire.

Tout au long du déploiement, les officiers-élèves du Groupe École d’Application des Officiers de Marine (GEAOM) réalisent des capsules vidéo éducatives sur les régions traversées. Ce dispositif permet aux scolaires de découvrir la Marine et ses missions, en attendant les événements qui se tiendront en mai et juin 2026 lors du retour du groupe.

Photo de Une ©Philippe OLIVIER

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