Edito- Des lettres peu

Edito- Des lettres peu recommandables…

Cher Monsieur Trump,
Nous n’avons certes pas toujours dit du bien de votre politique dans ces colonnes, mais cette nouvelle année est l’occasion de repartir d’un bon pied et de vous remercier pour votre action infatigable au bénéfice de l’Europe. Oui, vous nous avez convaincus de bâtir notre propre défense sans plus tenir compte du parapluie américain dont les couleurs palissent autant que la confiance que nous accordions au grand pays que vous présidez. Vos prédécesseurs ont su bâtir une paix durable (plus de 80 ans !) en soutenant les démocraties contre les dictatures. Nous espérons que votre arrivée dans le jeu de quilles ne viendra pas écrouler un édifice aussi sensible et fragile. Merci aussi d’aimer tellement le vieux continent que vous envisagez l’annexion du Groenland, territoire associé à l’UE car situé sous pavillon danois. Et vous avez bien raison de priver de visa le commissaire européen Thierry Breton, qui fait partie de ce que vous désignez comme « de la pourriture ultra-gauchiste » et dont le seul patronyme devrait vous rappeler de ne pas oublier de revendiquer le Finistère, le Morbihan et les Côtes-d’Armor. Courage, Monsieur le Président, il vous reste encore trois ans de travail à la Maison Blanche. Une éternité.


Cher Monsieur Macron,
La dissolution loupée de Chirac aurait pu vous inciter à davantage de prudence dans le maniement de cette arme constitutionnelle. Cela nous aurait évité le spectacle affligeant de l’actuelle Assemblée, incapable de réfléchir, de discuter et de voter un budget dans les délais de la loi ordinaire. Pour cette nouvelle année, nous souhaitons que soit trouvée la martingale impossible qui permette au pays d’aller de l’avant, même à un train de sénateur, avec sa croissance annuelle de 0,9 %. Transmettez aussi notre total soutien à Brigitte pour les rumeurs ignobles la concernant qui courent sur les réseaux asociaux.


Cher Monsieur Lecornu,
Sans doute avez-vous eu la sage prémonition de ne pas vous installer trop durablement à Matignon car, vous étant auto-privé de 49.3 et des ordonnances pour le budget, on voit mal comment les trois grands blocs qui campent sur leurs positions à l’Assemblée pourraient évoluer afin de voter comme un seul homme en janvier. Votre proche avenir paraît aussi incertain que la baisse des impôts.


Cher Monsieur Retailleau,
Votre départ de Beauvau attriste les tenants d’une droite assumée. Sur le chemin menant à l’Élysée, les cailloux ne manquent pas dans vos chaussures, qu’ils s’appellent Wauquiez, Bertrand, Philippe, Gabriel, Marine ou Jordan, c’est selon. Tous n’auront qu’un mot d’ordre : « haro sur Bruno ». Il vous faudra donc du courage et de la pugnacité, deux qualités qui vous sont plus facilement accordées que la souplesse et la largeur d’esprit.


Cher Monsieur Mélenchon,
On vous entend un peu moins ces derniers temps. Eussiez-vous été encore député que vos indispensables lumières auraient éclairé le palais Bourbon ! On ne désespère pas de vous voir revenir au premier rang dans l’arène politique, par exemple pour les présidentielles l’année prochaine, pour créer avec vos amis cette « ambiance » dont vous n’avez pas le monopole mais qui est si apaisante, si productive…