Éric Ciotti, président de la métropole Nice Côte d’Azur, veut redresser les comptes
- Par Sébastien Guiné --
- le 9 avril 2026
Le maire de Nice a été élu jeudi 9 avril, avec 108 voix pour sur 115 votants (132 inscrits), devenant le deuxième président de l’intercommunalité après les 14 ans de présidence de Christian Estrosi. Ce dernier était absent, comme pour le conseil municipal d’installation à Nice. Éric Ciotti était le seul candidat.
Après avoir remercié le maire de Castagniers, Jean-François Spinelli, qui avait ouvert le conseil métropolitain en sa qualité de doyen, le nouveau président a listé ses priorités pour la métropole et les défis qui l’attendent. Il a d’abord critiqué la gestion financière des années précédentes, avec une dette qui a selon lui explosé entre 2012 et 2024. « La métropole Nice Côte d’Azur se trouve en grande difficulté financière », a-t-il assuré, évoquant pour la dette consolidée « un chiffre faramineux » de près de 2,5 milliards d’euros. « C’est la somme que les générations futures devront rembourser, c’est la somme que nous devrons diminuer, a-t-il poursuivi. Dès aujourd’hui, nous lancerons des audits indépendants pour avoir la vérité des comptes et pour engager le redressement de ces comptes. C’est cette réalité budgétaire qui commandera beaucoup de nos choix. Une seule attitude sera désormais possible : le sérieux budgétaire. Et le sérieux budgétaire commencera pas soi-même. » Éric Ciotti, soulignant que « l’argent public est rare », a ainsi annoncé que les indemnités des élus de la métropole seraient réduites d’un tiers, permettant ainsi une économie de près de 700 000 euros par an.
Quatre défis
Souhaitant « une nouvelle ère budgétaire », il a ensuite appelé à « une nouvelle ambition pour la gouvernance » de la métropole, annonçant que les maires des cinq communes les plus peuplées (Cagnes-sur-Mer, Saint-Laurent-du-Var, Vence, Carros et La Trinité) auraient, « de droit », des fonctions de vice-présidents au sein de l’exécutif métropolitain. Et ce « quelle que soit leur appartenance politique, quel que soit leur engagement partisan, quelles que soient leurs relations avec la présidence. Certains de ces maires (…) ne partagent pas, et de loin, mes engagements politiques mais aujourd’hui je veux leur tendre la main parce que quand il s’agit de servir nos concitoyens, il n’y a plus d’adversaires, il n’y a que des responsables élus ». « Sous ma présidence la métropole ne sera jamais le terrain de règlements de compte politiciens », a-t-il encore déclaré.
Éric Ciotti a ensuite fait état des défis à relever. Il a évoqué en premier celui de l’emploi et du développement économique (avec « une décrue fiscale » annoncée), celui des mobilités (avec notamment l’intention d’exiger la suppression du péage de Saint-Isidore), le défi du logement et de la cohésion sociale (avec la mise en vente du parc immobilier de Côte d’Azur Habitat situé hors métropole) et enfin le défi de la résilience avec comme « priorité absolue » la fin de la reconstruction des vallées.
Le maire de La Trinité, Ladislas Polski, a souhaité prendre la parole après le discours du nouveau président. Il a d’abord salué l’action de son prédécesseur, Christian Estrosi, puis a adressé à Éric Ciotti ses félicitations républicaines. « La coalition politique que vous avez conduite l’a emporté à Nice et dans plusieurs communes. Elle ne l’a pas emporté dans d’autres », a-t-il relevé. « Vous auriez ainsi pu choisir de diriger avec les unes contre les autres. Je prends acte aujourd’hui de votre volonté inverse, d’entamer cette mandature en plaçant l’intérêt des communes et l’intérêt général métropolitain comme des objectifs supérieurs. »