La Région Sud dresse le bilan de sa « Guerre du Feu »
- Par Gilles Carvoyeur --
- le 3 août 2026
Avec son plan « Guerre du Feu », la Région Sud a divisé par cinq les surfaces brûlées depuis 2018 grâce à une stratégie axée sur la prévention et l’innovation.
La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur intensifie sa lutte contre les incendies. À travers son plan « Guerre du Feu », initié en 2018 dans le cadre de sa stratégie « COP d’avance », près de 40 millions d’euros ont été investis pour protéger les habitants, les forêts et la biodiversité. Les résultats, présentés dans un bilan estival, sont probants : la surface d’hectares brûlés a été divisée par cinq en sept ans, passant de 8 474 hectares en 2017 à 1 426 en 2025.
« Nous avons tenu bon. Ces résultats sont le fruit d’un engagement collectif et d’une stratégie régionale claire : prévenir, d’abord ; combattre, ensuite ; et enfin, reconstruire », a déclaré Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Prévenir : une présence humaine au cœur des massifs
L’axe prioritaire du plan reste la prévention. Cet été encore, 250 Gardes régionaux forestiers, des jeunes de 18 à 25 ans, sont déployés sur 23 territoires sensibles comme les Calanques, la Sainte-Victoire ou le Mercantour. Financée à 80 % par la Région (1,72 million d’euros), leur mission est d’informer, de sensibiliser et d’alerter.
Manon Quezel, garde régionale forestière au Parc naturel régional du Mont-Ventoux, témoigne de l’importance de cette mission. « Depuis cinq étés, je m’engage au sein du dispositif Garde Régionale Forestière. Notre mission contribue directement à la prévention du risque incendie et à la sensibilisation des visiteurs, avec plus de 54 000 personnes rencontrées cette saison et de nombreuses actions de terrain (destruction de foyers de feu, collecte de déchets, assistance aux usagers). C’est une mission essentielle et gratifiante. »
Ce dispositif est complété par le soutien aux 9 000 bénévoles des Comités Communaux Feux de Forêts (CCFF), qui ont bénéficié de près de 4 millions d’euros depuis 2018 pour l’acquisition de matériel, dont 122 véhicules. La Région accompagne également les communes dans l’application de l’obligation légale de débroussaillement et finance massivement les travaux de Défense de la Forêt Contre l’Incendie (DFCI) à hauteur de 11,7 millions d’euros, renforcés par 7,1 millions d’euros de fonds européens (FEADER).
Combattre : des moyens modernes et une vision d’avenir
Pour renforcer la réactivité des secours, la Région a créé en 2022 le fonds « Nos Soldats du Feu », doté de 5 millions d’euros sur cinq ans. Il permet aux Services Départementaux d’Incendie et de Secours (SDIS) et aux marins-pompiers de Marseille de moderniser leurs équipements lourds.
Un investissement structurant majeur est la réhabilitation du pélicandrome de Hyères. Inauguré en juillet 2024, il multiplie par quatre la capacité de ravitaillement des avions bombardiers d’eau. La Région a financé ce projet à hauteur de 2,67 millions d’euros, soit 70 % du coût total.
La collectivité se projette également vers l’avenir en soutenant le projet Hynaero, qui développe un avion amphibie destiné à succéder aux Canadair à l’horizon 2030.
« Ce programme de souveraineté, soutenu conjointement par l’État et la Région Sud, apportera une réponse décisive aux besoins de sécurité civile. Avec l’implantation de notre future usine à Istres, nous confirmons notre ancrage dans le Sud et la création d’une filière innovante et créatrice d’emplois », explique David Pincet, fondateur d’Hynaero.
Reconstruire : restaurer les écosystèmes meurtris
Le troisième volet du plan concerne la réhabilitation des territoires après les incendies. Via le fonds RESPIR et en partenariat avec l’Office National des Forêts (ONF) et Fibois, la Région a déjà soutenu 41 projets de restauration pour 1,4 million d’euros. Les interventions visent à sécuriser les zones sinistrées, lutter contre l’érosion et favoriser la régénération naturelle, complétée par des plantations ciblées.
Des opérations de revégétalisation ont ainsi été menées à Carros, avec plus de 4 000 arbres plantés, à Sisteron (2 400 plants) ou encore aux Pennes-Mirabeau, où environ 15 000 arbres sont prévus. Ces actions concrètes illustrent l’engagement de la Région à accompagner les territoires sur le long terme pour redonner vie aux massifs forestiers.