Edito hebdomadaire - La vie comme elle va...
- Par Jean-Michel Chevalier --
- le 17 juillet 2026
Il y a dix ans, Nice basculait dans l’horreur. Personne n’a oublié ces 86 victimes le soir de la Fête nationale, ces centaines de blessés, ces personnes traumatisées pour le restant de leurs jours parce qu’elles ont vu, entendu, vécu. Cette soirée d’été aurait dû être belle, insouciante, festive, le feu d’artifice devait concurrencer les étoiles… Le destin, la folie d’un homme, une violence aveugle en ont décidé autrement. Ce triste anniversaire, qui marque un moment de recueillement, de peine partagée, est aussi la promesse d’un nouvel élan vers la vie qui continue. Qui doit continuer malgré tout, promesse d’un monde que nous voulons partager dans la paix. On mesure le chemin à parcourir. On le doit à celles et ceux qui ne sont plus là aujourd’hui, mais qui restent pour toujours dans nos cœurs. Show must go on !
La Cour d’appel de Paris a donc reconnu Marine Le Pen coupable de détournement d’argent public au sens de l’article 432-15 du code pénal, la condamnant à trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique. Ce n’est pas rien que cette « médaille » à trimballer au revers du costume. Ses adversaires politiques vont se charger de le lui rappeler tout au long de la campagne. Les juges ont laissé la possibilité à l’égérie du RN de se présenter à la présidentielle, ce qui évite des effets dévastateurs sur la vie démocratique du pays alors qu’elle est en tête dans les sondages. Pourtant, la cour a aussi ajouté, en plus d’une amende, une inéligibilité de cinq ans, cette fois sans « exécution immédiate ». L’effet suspensif d’un pourvoi en cassation permet à Marine Le Pen de prendre le départ de la compétition, avec Jordan Bardella sur son porte-bagages, et déjà promis à Matignon en cas de succès en mai 2027. Quoi qu’elle ait pu en dire, et surtout à en médire, la désormais candidate officielle du RN n’a finalement pas trop à se plaindre de l’attitude des juges à son égard. Le « devoir d’exemplarité » assigné à la classe politique - qui a conduit par le passé à des sanctions sévères (Juppé, Cahuzac…) - n’illustre pas ici la pénalisation croissante de la vie publique dénoncée par certains. Et qui fait crier, c’est selon, contre des juges supposés « rouges » ou affidés aux pouvoirs successifs.
Il était une époque où les condamnés, en attendant une possible « réhabilitation » en appel (puis en cassation), faisaient profil bas pour se faire oublier. Les temps ont changé. Marine Le Pen, qui continue à clamer son innocence dans le détournement de fonds européens malgré sa condamnation confirmée en appel, utilise habilement cette épreuve comme un levier politique pour atteindre son objectif élyséen. Électoralement parlant, efficace, peut-être, mais sûrement pas moral et exemplaire.
Que Donald Trump ait osé, rien de plus normal : il ose tout et c’est même à cela qu’on le reconnaît. Mais le pire, c’est que la FIFA ait fait droit à sa demande d’annulation d’un carton rouge décerné à un joueur américain. On savait déjà que le président des États-Unis se veut arbitre des élégances puisqu’il a tancé Volodymyr Zelensky pour sa tenue « négligée » (qui a sans doute d’autres préoccupations en ce moment que le choix d’un costume-cravate…). On ignorait encore qu’il serait capable d’endosser le costume de l’homme en noir sur la pelouse du Mundial. Espérons que les Belges qui ont osé éliminer l’équipe des États-Unis ne finiront pas leur séjour dans les griffes de la police contre l’immigration… En tous cas, Trump est quand même moins puissant que Maradona, qui avait marqué un but irrégulier grâce à « la main de Dieu », permettant à l’Argentine d’éliminer l’Angleterre.