Le Département 06 dénonce la fin annoncée des transports à la demande dans les vallées d’Alpes d’Azur
- Par Valérie Noriega --
- le 20 août 2026
Le Département des Alpes-Maritimes affirme, dans un communiqué du 20 août, que la Région Sud prévoit de mettre fin, au 1er septembre, aux deux services de transport à la demande (TAD) qui desservent la Communauté de communes Alpes d’Azur. Charles Ange Ginésy, président du département et président de la Communauté de communes Alpes d’Azur demande à Renaud Muselier de revenir sur cette décision.
Dans son communiqué, le Département indique que la Région prévoit de mettre fin dès le 1er septembre au service de transport à la demande (TAD) sur le territoire de la Communauté de Communes Alpes d’Azur. La collectivité départementale assure avoir été informée de cette décision et dénonce à la fois son contenu et sa méthode. Dans un courrier daté du 23 juillet resté sans réponse, Charles Ange Ginésy a demandé à Renaud Muselier, président de la Région Sud, de revenir sur cette décision et d’ouvrir une concertation avec les élus et les habitants. Pour Charles Ange Ginésy, une suppression du dispositif sans concertation serait particulièrement problématique dans un territoire rural où les solutions de transport collectif sont limitées. Le TAD permet en effet de desservir, sur réservation, des communes qui ne bénéficient pas d’une ligne régulière.
Pour le président du Département, ces transports jouent un rôle particulier pour les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les jeunes et les habitants qui ne disposent pas d’un véhicule. « Pour toutes ces populations, le TAD est une condition essentielle d’accès aux soins, aux commerces, à l’emploi et aux services du quotidien », affirme-t-il.
Charles Ange Ginésy conteste également l’idée que les contraintes financières puissent justifier une telle décision. « Elles ne peuvent conduire à faire de nos vallées et de la seule intercommunalité 100 % rurale une variable d’ajustement », écrit-il.
Le président du Département est soutenu dans sa démarche par Jérôme Viaud, président de l’Association des maires des Alpes-Maritimes, et Pierre Corporandy, président de l’Association des maires ruraux des Alpes-Maritimes. « Depuis des années, le Département des Alpes-Maritimes investit pour maintenir les services publics, soutenir l’activité et l’emploi et renforcer l’attractivité du moyen et du haut pays », rappelle Charles Ange Ginésy. Et de conclure : « Aux côtés des maires et des habitants, je resterai mobilisé pour défendre cette exigence de cohésion, d’équité et de solidarité territoriale. »
La sénatrice Alexandra Borchio Fontimp interpelle à son tour la Région
La sénatrice des Alpes-Maritimes Alexandra Borchio Fontimp a, elle aussi, interpellé Renaud Muselier au sujet de la suppression annoncée, à compter du 1er septembre, de plusieurs services de transport à la demande (TAD) dans le haut et le moyen-pays maralpin. Dans un courrier du 20 août adressé au président de la Région Sud, la parlementaire cite notamment la Communauté de communes Alpes d’Azur et la Communauté d’agglomération du Pays de Grasse. Elle évoque les inquiétudes exprimées dans plusieurs communes, parmi lesquelles Pierlas, Entraunes, Collongues et Amirat. Pour la sénatrice, ces services constituent une solution de mobilité importante dans des secteurs où les alternatives sont limitées. Elle souligne notamment leur utilité pour les personnes âgées, les jeunes, les actifs et les personnes en situation de handicap, qui peuvent les utiliser pour accéder aux soins, aux commerces ou encore aux services administratifs. « Chaque suppression de service, chaque ligne fermée, pèse sur les habitants de nos villages du haut et moyen-pays et sur l’attractivité de ces territoires », estime Alexandra Borchio Fontimp, qui considère que « la vitalité de ces communes est en jeu ». Elle demande également à la Région de réexaminer la décision annoncée et d’engager rapidement une concertation avec les élus locaux afin de rechercher une solution adaptée aux contraintes des territoires ruraux. « L’égalité des territoires est une exigence républicaine à laquelle nous sommes tous, j’en suis convaincue, pleinement attachés », affirme la sénatrice, qui se dit disponible pour poursuivre les échanges avec Renaud Muselier et, si nécessaire, porter le dossier au niveau national.
La Région Sud n’a, à cette heure, pas publié de communication officielle permettant de confirmer ou de préciser les modalités de cette éventuelle suppression à compter du 1er septembre.