Les énergies renouvelable

Les énergies renouvelables alimentent le débat transfrontalier grâce au projet INVECE

Un véritable débat sur l’avenir de la coopération entre la France et l’Italie s’est tenu les 3 et 4 février à Cagliari, à l’occasion de l’événement de clôture du projet européen INVECE (Innovation verte et communautés énergétiques).

Deux jours de travaux intenses, organisés à l’hôtel T, via dei Giudicati n° 66, ainsi qu’en ligne, sur le thème “Nouvelles énergies transfrontalières” et consacrés à la coopération, à l’innovation verte et aux communautés énergétiques renouvelables, auxquels ont participé activement de nombreux représentants politiques et institutionnels des 5 territoires impliqués dans le programme Interreg Italie-France Maritime 2021-2027.

Les régions de Sardaigne, Toscane, Ligurie, Corse et Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur se sont en effet engagées, au cours des deux années d’activité du projet INVECE, dans des actions concrètes et à long terme pour relever les défis de la transition énergétique et contribuer ainsi à la réalisation des objectifs du Pacte vert européen et de l’Agenda 2030 des Nations unies.

De nombreuses pistes de réflexion ont émergé des réunions à Cagliari, auxquelles ont participé, entre autres, Guido Portoghese, chef de cabinet au département de l’industrie de la région autonome de Sardaigne, Julien Paolini, conseiller Exécutif en charge du PADDUC, de l’aménagement du territoire, du logement, de l’énergie à la Collectivité de Corse et président de l’Agence de l’urbanisme et de l’énergie de Corse, et Paolo Ripamonti, conseiller à l’énergie de la région Ligurie.
Au total, plus de 150 experts, opérateurs du secteur, représentants institutionnels et citoyens ont participé à l’événement, soit en présentiel, soit en ligne.

Sujets d’intérêt majeur

Le débat a abordé de nombreux points clés et sujets d’intérêt majeur dans ce secteur important : il a été question de la gouvernance pour soutenir et accélérer la création de communautés énergétiques renouvelables (CER), ainsi que de la valeur et de l’impact social de celles-ci dans les territoires concernés.
Il existe aujourd’hui des freins réglementaires et des limites aux aides que la région peut apporter à la création des CER, et les institutions sont souvent confrontées à une certaine complexité dans la gestion de ces initiatives - a expliqué Guido Portoghese, chef de cabinet au département de l’industrie de la région autonome de Sardaigne - Néanmoins, la Région autonome de Sardaigne a financé la réalisation d’études de faisabilité de projets présentés par les communes et notre volonté est de soutenir les projets qui peuvent être réalisés dans des délais courts. Il est également essentiel de soutenir les entreprises et la formation, véritables clés du succès dans ce domaine, afin de mettre en place des parcours participatifs qui rassemblent tous les acteurs concernés”.
La coordination entre les principaux acteurs d’une communauté énergétique renouvelable devient donc l’un des points essentiels pour la réussite des projets auxquels ces réalités se réfèrent. Paolo Ripamonti, conseiller régional chargé de l’énergie en Ligurie, en est convaincu. Il explique : “Le premier promoteur dans ce secteur est sans aucun doute la commune elle-même, mais l’instrument fondamental est la coordination entre les différents acteurs concernés. Dans la région de Ligurie, nous avons créé une table ronde permanente et nous sommes convaincus que l’animation territoriale est le véritable élément de succès qui permet d’obtenir la contribution la plus importante apportée par les CER, à savoir ce qu’elles apportent à la transition énergétique et qui se traduit par la possibilité de réduire le coût de l’énergie pour les catégories les plus défavorisées de la population”.

Dans le cadre du débat, la comparaison au niveau international, autre point fort du projet transfrontalier INVECE, a suscité un vif intérêt. Parmi les participants aux réunions figurait en effet Julien Paolini, Conseiller exécutif en charge du PADDUC, de l’aménagement du territoire, du logement, de l’énergie à la Collectivité de Corse et Président de l’Agence de l’Urbanisme et de l’Énergie de Corse (AUE), a souligné que les activités menées jusqu’à présent contribuent à engager la Corse sur une trajectoire toujours plus verte, plus autonome et plus résiliente. “Pour les territoires insulaires et périphériques, la question énergétique n’est jamais uniquement technique. Elle touche directement à la sécurité d’ approvisionnement, à la résilience des territoires, à la justice sociale, mais aussi à la capacité de développement économique local - a expliqué M. Paolini- En Corse, l’énergie est au cœur du projet politique territorial. Elle constitue un véritable instrument de souveraineté, au sens le plus noble du terme : la capacité de contrôler collectivement notre avenir énergétique dans un contexte de fortes contraintes - insularité, dépendance vis-à-vis des importations, pression sur les réseaux et vulnérabilité climatique. La transition énergétique doit s’inscrire dans le respect des équilibres territoriaux et des spécificités insulaires”.

Les territoires concernés par le projet, de la Sardaigne à la Corse, de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur à la Toscane, en passant par la Ligurie, continueront à collaborer à l’avenir sur de nombreux sujets de réflexion et thématiques. Les CER s’affirment en effet comme un outil central tant sur le plan politique que social, car elles peuvent faire la différence et devenir le pilier de la résilience des territoires et les promotrices de la lutte contre la précarité énergétique.

Photo de une ©DR