Edito hebdo - Les maux

Edito hebdo - Les maux des mots…

Arnaques, harcèlements… les dérives sur Internet sont monnaie courante, et de plus en plus performantes. Elles n’ont pas eu besoin d’attendre l’avènement de l’IA pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Nous entrons désormais dans une nouvelle ère numérique. Elle nous promet le meilleur, mais aussi le pire. Sur la toile, la garantie de l’anonymat est une règle d’or, défendue par les « libertariens » – Elon Musk en tête – pour qui l’on peut tout dire, tout écrire et tout diffuser sur la toile, et pour qui le moindre règlement (RGPD, atteinte à la vie privée, haine raciale, on en oublie…) est considéré comme une censure… antidémocratique.
À la fin du XIXe siècle, lorsque les voitures ont commencé à envahir les rues, on a imaginé le système de l’immatriculation qui permet, à la fois, de garantir l’anonymat du propriétaire et, pour la force publique, la possibilité de le « retrouver » en cas de délit. Cette mesure n’a limité en rien la liberté des déplacements. On pourrait s’inspirer, au moins en France et en Europe, de cet exemple pour que les auteurs d’abominations sur le web puissent être réellement poursuivis. Se sachant repérables, ces courageux accusateurs qui agissent aujourd’hui en toute impunité dans l’anonymat des pseudonymes feraient sans doute preuve de davantage de retenue… Pour la presse, la loi de 1881 avait déjà responsabilisé les publications après des années de « n’importe quoi » (les actuelles campagnes électorales sont d’aimables plaisanteries par rapport à celles de jadis…) en garantissant aussi la pluralité des opinions.


Les exemples fourmillent de taxes « provisoires » qui deviennent rapidement « définitives » et encore plus souvent « augmentées » au fil du temps. C’est une réalité, comme une loi invisible permettant de siphonner les porte-monnaie. Ayant quitté l’Union européenne, les Britanniques brexiteurs se sont empressés d’instaurer une « autorisation électronique d’entrée » (ETA) sur leur territoire. Pour avoir le droit de contempler les bijoux de la Couronne et de déguster un fish and chips graisseux dans quelque pub anglais du cœur de Londres, les étrangers doivent s’en acquitter avant même de fouler le sol d’Albion. Cette taxe a été opportunément augmentée de 25 % à l’occasion du tournoi des Six Nations, et quasi doublée depuis son instauration il y a un an à peine ! Il serait donc logique et même juste que l’UE instaure une taxe équivalente au titre de la réciprocité lorsque les citoyens britanniques viennent admirer les vitrines vides du Louvre et se dorer à notre doux soleil.


Après son départ de la place Beauvau, il avait disparu des radars médiatiques. On n’avait guère entendu parler de lui ces derniers temps, hormis quelques grincements bien sentis à l’occasion du budget, mais ce n’était vraiment rien par rapport à sa période de premier flic de France, lorsqu’il promettait de mettre les délinquants au piquet et de renvoyer chez eux les OQTF (enfin, dans les pays acceptant de les « reprendre »). Bruno Retailleau se lance donc dans la présidentielle de 2027. Dans ce grand bain politique, le Vendéen risque fort de croiser quelques crocodiles qui appartiennent à son propre camp. Les candidats de la droite ne manquent pas, c’est même là son principal problème. Comment surnager et ne pas risquer la dilution pour s’imposer sur la ligne d’arrivée ?
La question est trop vaste pour tenter d’y apporter une réponse…