Édito hebdo - Les occasio

Édito hebdo - Les occasions manquées

Il y a des occasions manquées, qui restent longtemps dans les mémoires. Comme Mbappé et ses copains, qui n’ont pas réussi à se faire broder une troisième étoile sur leur maillot de l’équipe de France. Ou, moins anecdotique, comme le pouvoir algérien, qui n’a pas su profiter de ce Mondial pour libérer le journaliste Christophe Gleize. L’occasion était pourtant belle, pour le président Abdelmadjid Tebboune, d’élargir ce reporter sportif au moment précis où la planète entière était tournée vers le ballon rond. Il aurait alors pu paraître humain et juste. Son sommeil, en tout cas, n’a pas été troublé par la conscience ou une prise de parole des joueurs tricolores et de leur staff, qui sont restés d’une discrétion absolue. Pas le moindre petit geste symbolique. Trump non plus, qui est pourtant intervenu en personne pour un simple carton rouge.
Paris s’est réjoui que le journaliste ait reçu sa deuxième visite consulaire le 7 janvier dernier, après 26 mois déjà passés derrière les barreaux. Pour « apologie du terrorisme » selon Alger. Il eut le tort de s’intéresser à une équipe de foot de Kabylie, motif suffisant pour être condamné à sept ans de prison, alors qu’il faisait simplement son métier, en allant rencontrer sur place des joueurs dont la presse ne parle jamais.
Bien sûr, le Quai d’Orsay ne ménage pas ses efforts pour obtenir sa liberté. Les diplomates s’appuient sur nos partenaires européens, qui n’ont pas en commun le passé colonial de la France en Algérie, sujet toujours sensible entre les deux pays. L’intercession de l’Allemagne avait déjà permis cet automne l’élargissement de l’écrivain Boualem Sansal. Des « discussions très constructives » seraient en cours selon le ministère des Affaires étrangères français, on en attend – impatiemment – toujours les heureux effets.
Le journaliste condamné a pourtant retiré son pourvoi en cassation pour ouvrir la voie à la grâce présidentielle. La justice algérienne a, de son côté, rejeté un recours déposé par le parquet. Les planètes sont donc alignées, au garde-à-vous, attendant la seule bonne volonté de Tebboune. Si Alger a manqué le temps réglementaire du Mondial pour faire preuve d’humanité, il n’est pas trop tard maintenant pour profiter des prolongations pour renvoyer, enfin, Christophe Gleize dans ses foyers…


La parenthèse des vacances permet de mettre de côté les obligations qui nous contraignent le reste de l’année. Pour ma part, j’ai donc décidé, au beau soleil de juillet (peut-être trop beau…), de jeter la bien-pensance ambiante par-dessus les parasols pour vivre comme je l’entends, loin des conseils vertueux qui veulent faire mon bonheur. Donc j’assume : de tremper mes frites dans de la mayonnaise, de tartiner ma tranche de pain du petit déjeuner d’une couche épaisse de pâte chocolatée à la noisette, de prendre une part très généreuse d’un fromage au lait cru en le poussant – avec modération – d’un ballon de blanc sec et fruité, de reprendre deux fois des profiteroles noyées dans la chantilly façon île flottante, de n’économiser ni le beurre de cacahuète ni les « aliments gras et sucrés », de grignoter toute la journée si ça me chante, en oubliant le diabète, les allergies alimentaires...
Allez savoir pourquoi : avec ce soudain changement d’habitudes, je me sens d’un coup tout barbouillé…