Marineland : Face à (…)

Marineland : Face à l’urgence, les orques pourront être transférées, annonce le gouvernement

En déplacement sur le site de l’ancien parc ce vendredi 15 mai au matin, Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, a indiqué que l’État redonnait à Marineland la possibilité de disposer de ses deux orques afin d’organiser leur transfert, mettant fin à plusieurs mois de blocage autour de leur avenir.

Cette décision intervient alors que la situation des installations est jugée critique. Selon le gouvernement, les bassins accueillant encore 2 orques et 12 dauphins présentent un état de dégradation avancé, confirmé par une expertise judiciaire commandée l’an dernier à la demande de l’ONG Sea Shepherd. Le rapport conclut à une instabilité structurelle des infrastructures, ne permettant plus d’envisager plusieurs mois d’attente sans risque majeur.
Les autorités locales, mobilisées dans le cadre du plan ORSEC, ainsi que les vétérinaires consultés, estiment qu’en cas de rupture des bassins, la seule issue possible serait l’euthanasie des animaux concernés.
Le 16 février, une réunion réunissant l’ensemble des parties prenantes – représentants de l’État, ONG, experts et acteurs du dossier – avait été organisée par le ministère. Après trois heures d’échanges, aucune solution consensuelle n’avait émergé, malgré un accord général sur un point : la nécessité d’agir rapidement pour garantir le bien-être des animaux.
Dans les semaines qui ont suivi, le gouvernement a procédé à de nouvelles vérifications concernant les solutions de sanctuaires marins envisagées en Europe. Les autorités italiennes et grecques, sollicitées à nouveau, ont confirmé qu’aucune capacité d’accueil immédiate n’était disponible pour les dauphins français, ou que les projets évoqués n’avaient pas encore obtenu les autorisations nécessaires.
La piste canadienne a également été écartée à court terme. Selon l’exécutif, les échanges menés avec les autorités canadiennes et plusieurs ONG ont mis en évidence de nouveaux éléments ne permettant pas de considérer cette option comme compatible avec l’urgence constatée sur le site.

« Face à l’urgence, nous agissons pour éviter le pire »

Concernant les dauphins, une solution en deux temps a été retenue. Huit dauphins de Marineland ainsi que ceux de Planète Sauvage rejoindront, d’ici un peu plus d’un an, le futur complexe de recherche sur les cétacés du ZooParc de Beauval. En attendant l’ouverture de cette structure, les animaux seront transférés en Espagne dans le cadre d’une solution transitoire.
Les quatre autres dauphins rejoindront quant à eux le complexe de l’Oceanogràfic de Valencia, où ils seront pris en charge par des équipes spécialisées.

Pour les deux orques, le gouvernement considère désormais que leur transfert vers le parc espagnol de Loro Parque constitue la solution la plus rapidement
mobilisable.
« Face à l’urgence, nous agissons pour éviter le pire. Après des mois de consultations avec les ONG, les experts et les autorités compétentes, aucune solution idéale ne s’est dégagée. Mais le statu quo est inacceptable : maintenir les animaux dans des installations dégradées fait courir un risque inacceptable. Ma priorité est donc claire : sortir de l’impasse pour sauver les deux orques et garantir la sécurité de tous les cétacés. Les feux sont au vert côté État pour mettre fin à une situation d’incertitude qui a déjà trop duré. Je remercie les dirigeants de Marineland, mais aussi les autorités espagnoles avec qui nous travaillons main dans la main pour offrir aux cétacés la meilleure solution possible. Le Loro Parque est à ce jour la meilleure solution viable pour les orques. Je veux enfin saluer le travail remarquable des soigneurs de Marineland. Dans des conditions très difficiles, ils ont fait preuve d’un engagement et d’un professionnalisme exemplaires au service du bien-être des animaux. » a détaillé le ministre délégué chargé de la Transition écologique,
Cette annonce acte un changement de position de l’État, qui ouvre désormais la voie à un transfert rapide des animaux hors de Marineland, alors que la fermeture définitive du parc et l’absence de solution consensuelle avaient jusqu’ici plongé le dossier dans une impasse.

Quel avenir pour Marineland ?

Dans un post sur X, le maire d’Antibes Jean Leonetti a donné quelques éléments pour l’avenir du parc : «  Ce matin à Marineland, j’ai accueilli Mathieu Lefevre, Ministre délégué chargé de la Transition écologique, en présence d’Alexndra Borchio et de Laurent Hottiaux préfet des Alpes-Maritimes.Cette visite marque une étape importante pour sortir enfin d’une impasse devenue intenable. Le Gouvernement a pris enfin une décision courageuse concernant le transfert des orques et des dauphins vers l’Espagne. Ce n’est pas la meilleure solution. Ce n’est même pas la moins mauvaise. C’est aujourd’hui la seule solution possible au regard de l’état du parc, du bien-être animal et de la nécessité d’agir rapidement.
Je pense profondément que la situation actuelle est un immense gâchis : économique, humain et environnemental. Voir ce parc fermé au public et les installations se dégrader est une réalité que beaucoup redoutaient. Mais une nouvelle page doit désormais s’écrire. Avec les propriétaires du parc, nous travaillerons à l’avenir de ce site stratégique de l’est de la ville d’Antibes, dans le respect des contraintes environnementales et du risque inondation. Notre volonté est claire : redonner à #Marineland une vocation tournée vers le loisir, la valorisation environnementale et l’attractivité du territoire. Il n’y aura pas ici de nouvelles constructions d’habitation, mais un réaménagement respectueux des règles, capable de faire de cet espace un lieu attractif, familial et ouvert sur l’avenir
. »

Photo de Une ©JeanLeonetti sur X/ Ville d’Antibes