Marseille-Gênes, Tende,

Marseille-Gênes, Tende, Lyon-Turin : la France et l’Italie accélèrent sur le rail

À l’occasion du 36e sommet franco-italien, organisé jeudi 25 juin à Antibes et au Cannet, la France et l’Italie ont annoncé une série d’avancées concernant leurs infrastructures de transport transfrontalières. Les deux gouvernements ont confirmé leur volonté de renforcer les liaisons ferroviaires entre les deux pays, avec plusieurs décisions portant sur le financement, la modernisation des réseaux et le développement du fret.

Le principal engagement concerne l’axe ferroviaire Marseille-Nice-Gênes.

Les deux États ont signé une déclaration d’intention commune visant à accélérer son développement, après son intégration parmi les projets transfrontaliers prioritaires susceptibles de bénéficier des financements du futur Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) sur la période 2028-2034. Cette reconnaissance européenne ouvre notamment de nouvelles perspectives de financement pour la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA).
Ce projet d’infrastructure, destiné à moderniser le réseau ferroviaire de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, prévoit une augmentation de 66 % de la fréquence des trains du quotidien dans les principales agglomérations régionales, notamment autour d’Aix-Marseille, Toulon et Nice.

Le sommet a également permis de confirmer la poursuite du chantier du tunnel de Tende.

Après l’ouverture du nouveau tube en juin 2025, les deux gouvernements prévoient le lancement, dès l’été 2026, de l’appel d’offres pour la rénovation du tunnel historique. À terme, l’exploitation de deux tubes distincts doit permettre de supprimer la circulation alternée et d’améliorer à la fois la sécurité et la fluidité des échanges entre les deux pays.

À savoir : Avant la tempête Alex d’octobre 2020, environ 4 000 véhicules empruntaient quotidiennement cet axe.

Autre dossier abordé : la ligne ferroviaire Coni-Breil-Vintimille.

Après l’entrée en vigueur, le 1er juillet, de la nouvelle convention franco-italienne encadrant son exploitation et son entretien, les deux pays ont confirmé un programme de travaux sur la section française destiné à rétablir une vitesse commerciale de 80 km/h à l’horizon 2030, avec l’objectif d’améliorer l’offre et la qualité de service.

Dans le domaine du fret, Paris et Rome ont annoncé la relance de l’autoroute ferroviaire alpine reliant Aiton, en Savoie, à Orbassano, près de Turin.

Suspendu depuis août 2023 à la suite de l’éboulement dans la vallée de la Maurienne, ce service permettait auparavant de transférer entre 25 000 et 30 000 poids lourds par an de la route vers le rail. Après l’autorisation accordée en mars dernier par la Commission européenne au régime d’aides conjoint présenté par les deux États, un appel à projets sera lancé afin de désigner un nouvel opérateur.
Enfin, les deux gouvernements ont réaffirmé leur soutien au projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin. Sur les quelque 160 kilomètres de galeries prévus pour la section transfrontalière, près de 50 kilomètres ont déjà été excavés, dont plus de 20 kilomètres du tunnel de base. La mise en service de l’infrastructure reste programmée pour la fin de l’année 2033.

À l’issue du sommet, le ministre français des Transports, Philippe Tabarot, a salué des décisions qui, selon lui, traduisent « la volonté commune de nos deux pays de renforcer leurs infrastructures de transport transfrontalières », en mettant l’accent sur le développement des échanges économiques, le report modal vers le rail et la décarbonation des transports.

Photo de Une ©Gouvernement sur X