Max Bauer : « Vous avez dit souveraineté alimentaire » ?
- Par Gilles Carvoyeur --
- le 26 janvier 2026
En décembre, Max Bauer, représentant la Coordination Rurale nationale, a participé aux travaux du groupe sectoriel productions végétales spéciales, présidé par Arnaud Montebourg, référent désigné par la ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire.
La réunion s’est tenue au ministère de l’Agriculture, dans le cadre des conférences de la souveraineté alimentaire.
Promulguée le 24 mars 2025, la loi d’orientation agricole prévoit des conférences de la souveraineté alimentaire, réunissant les filières agricoles, organisées en 2026 sous l’égide de FranceAgriMer.
À cette occasion, la ministre a déclaré : « Il s’agit que les filières construisent avec l’État un plan de souveraineté alimentaire pour les dix ans à venir ».
RECONQUÊTE DU MARCHÉ INTERIEUR
« Elle souhaite reconquérir des parts sur le marché intérieur, sachant qu’aujourd’hui une volaille sur deux, 70 % des fruits consommés voire 85 % de fleurs coupées en France sont importés ;
Son objectif est de travailler sur une entrée de gamme de qualité. Mais est-elle consciente que cette reconquête ne se fera pas « d’un claquement de doigts », décrypte Max Bauer.
À ce sujet, le syndicaliste agricole reste très sceptique : « Je ne crois pas, qu’en quelques mois, nous soyons capables de répondre à des questions tels que les coûts de production en fonction des régions, sans parler d’autres paramètres qui sont encore plus difficiles à quantifier ».
Le constat est d’autant plus amer qu’il suffit de se réferer au bilan des lois Egalim.
« Il y a eu 3 lois Egalim, votées en 2018, 2021 et 2023 et la loi Egalim originelle, dite « Egalim 1 », est issue des États généraux de l’alimentation qui se sont tenus en 2017. Pourquoi la première loi ? Pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable, cette loi, adoptée en octobre 2018, avait pour objectif (notamment) d’enrayer la course aux prix bas afin d’améliorer la rémunération des agriculteurs et de mieux valoriser la production agricole.
À la fin, le bilan est assez maigre. Certes, les maux sont identifiés avec la distorsion de concurrence, les impasses techniques, les fortes contraintes administratives, l’accès à l’eau, mais l’Etat ne nous donne pas de remèdes mais des soins palliatifs.
Pendant ce temps, des productions s’arrêtent, des exploitations agricoles disparaissent. Le mal-être est profond et la colère grandissante. Il y a un fort risque de ne plus pouvoir contrôler la situation. Il faut arrêter les postures de certains politiciens et les effets d’annonce qui ne donnent aucun résultat. Voter des lois, c’est bien, encore faudrait-il qu’elles soient appliquées », conclut, sceptique, Max Bauer.