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Municipales à Nice : NiFP veut la gratuité des transports pour changer d’ère

Lors d’une conférence de presse le 7 janvier, la liste Nice Front Populaire, menée par Mireille Damiano, a exposé que la gratuité s’inscrivait dans un vaste plan d’alternative au tout-voiture.

« Ce thème nous est extrêmement cher, sans mauvais jeu de mots  », a déclaré en ouverture l’avocate, entourée d’Anne-Laure Chaintron, Robert Injey, Olivier Salerno et de l’ancien maire de La Tour Pierre-Paul Danna. « On y travaille depuis fort longtemps, au travers de réflexions qui ont été portées par le rassemblement citoyen Viva  », a poursuivi la tête de liste de NiFP, relevant que « la question du transport intéresse 90 % de la population  ». « On a conscience évidemment que ces déplacements relèvent de la compétence de la métropole mais il faut prendre un certain nombre de dispositions pour que les 1,7 million de déplacements qui sont effectués puissent être revus et corrigés de façon à ce qu’on arrête le tout-voiture  », a-t-elle poursuivi, expliquant avoir beaucoup regardé ce qui se faisait en France et en Europe en matière de transports et de gratuité. « On ne s’arrête pas à faire des constats. Nous sommes sur une faisabilité dans le temps ».

S’ils étaient élus en mars, ils remettraient en place, dès juin, la carte 10 euros/10 voyages. En septembre, ils feraient réaliser un audit, lanceraient une concertation avec les usagers et les salariés et renforceraient les dessertes et le cadencement. La gratuité serait mise en place d’abord le week-end, en septembre 2027, puis sur l’ensemble du réseau en septembre 2028. Robert Injey a précisé que la gratuité concernerait d’abord les habitants et salariés de Nice et de sa métropole avant une gratuité totale.

« Pas une lubie »

Pour compenser les près de 75 millions d’euros de recettes de la Régie Lignes d’Azur, la liste propose un alignement du taux de versement mobilité des entreprises sur celui de plusieurs départements d’Ile-de-France, une réévaluation de la taxe de séjour pour les hôtels quatre et cinq étoiles ou encore un alignement de la taxe sur les bureaux sur le taux appliqué en Ile-de-France. La gratuité des transports en commun a pour objectif selon NiFP de les rendre « plus attractifs ». Pour la mobilité au sens large, ils proposent également de « renforcer le maillage des transports en commun et le cadencement », de « sécuriser et rendre confortables les cheminements piétons  » et de « mettre en place un véritable plan vélo  ».
Pierre-Paul Danna a confirmé qu’il y avait dans cette approche de la mobilité un aspect économique, un aspect écologique (pollution et santé) et un aspect social (« ne pas être enclavé »). Il a d’ailleurs regretté, au sujet du tramway de Nice, qu’il n’y ait eu jusqu’ici aucune voie en dehors de la ville de Nice (les lignes 4, vers Saint-Laurent-du-Var et Cagnes-sur-Mer, et 5, vers Saint-André-de-la-Roche, La Trinité et Drap, sont prévues mais ne seront pas terminées avant plusieurs années). « L’enjeu est de modifier une ère civilisationnelle qui a quasiment 100 ans. Cela fait 100 ans que l’automobile est en train de manger nos villes. Il faut petit à petit, avec beaucoup de persévérance et de continuité, arriver à modifier ces comportements », a-t-il affirmé, citant l’exemple de Paris où « 50 % des Parisiens n’ont plus de véhicule individuel  ». « Le but est de sortir du tout-voiture », a confirmé Anne-Laure Chaintron. «  Ce n’est pas une lubie, c’est une nécessité car l’impact sur le dérèglement climatique est énorme  ».

Les propositions d’autres listes pour la mobilité

 Le maire en place et candidat pour un nouveau mandat, Christian Estrosi, a instauré l’année dernière un abonnement annuel gratuit pour tous les enfants métropolitains de moins de 11 ans. Il a annoncé que si les Niçoises et les Niçois lui faisaient confiance, il mettrait en place la « gratuité dès le 1er jour de la retraite pour tous  ». Il a également assuré que les trams circuleraient « toute la nuit le vendredi et le samedi  ».

 Dans sa Lettre aux Niçois, Éric Ciotti a écrit qu’«  on ne [défendait] pas les mobilités douces en appliquant une politique anti-voiture dogmatique qui n’aura réussi qu’à désorganiser la ville, dégrader la qualité de l’air et asphyxier les commerçants ». Il entend développer et densifier « le réseau de transports publics dans les collines pour faciliter les déplacements de tous les Niçois. En parallèle, comme à Cannes, nous augmenterons le nombre de places en stationnement gratuit dans nos rues pendant deux heures » (contre une heure gratuite actuellement).

 « Unis pour Nice », la liste conduite par l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux propose également d’aller « par étapes vers la gratuité des transports pour les habitants et ceux qui travaillent dans la métropole en mobilisant de nouvelles sources de financement  » et de «  développer l’offre de transports pour les habitants de la métropole et ceux qui y travaillent avec un plan d’équipement et d’investissement qui garantisse à chacun un droit effectif à la mobilité : accélération de la mise en service des lignes 4 et 5 du tramway, maillage étroit du territoire par les autres transports urbains, cadencement et horaires  ».

Photo de Une ©SG