« Nous avons les subventions, mais pas la trésorerie » : l’appel du maire de Breil-sur-Roya aux banques pour préfinancer la reconstruction
- Par Valérie Noriega --
- le 16 juillet 2026
Près de six ans après le passage de la tempête Alex, la commune de Breil-sur-Roya affirme disposer de l’essentiel des financements nécessaires à sa reconstruction. Mais elle se heurte désormais à un problème de trésorerie. Dans un appel publié sur les réseaux sociaux le 16 juillet, le maire Sébastien Olharan sollicite l’intervention d’une banque publique ou privée afin de permettre à la commune d’avancer le coût de travaux dont les subventions ne sont versées qu’après le règlement des factures.
« Nous disposons des subventions, les chantiers sont prêts ou engagés, mais nous risquons de ne pas pouvoir avancer suffisamment vite faute de trésorerie », alerte l’élu.
La commune estime devoir investir près de 90 millions d’euros entre 2020 et 2032, dont environ 30 millions d’euros pour la reconstruction d’équipements détruits par la crue de la Roya et 40 millions pour réparer les dégâts liés aux mouvements de terrain.
Pour la municipalité, l’enjeu n’est donc pas celui du financement définitif des opérations, mais celui de leur préfinancement. Dans la plupart des cas, explique le maire, les aides publiques sont versées après le paiement des entreprises. La commune doit ainsi mobiliser d’importantes sommes avant de percevoir des subventions qui lui ont pourtant déjà été officiellement attribuées.
Cette contrainte pourrait ralentir le calendrier des chantiers.
Plus de 10 millions d’euros de travaux doivent notamment être réalisés avant le 14 juillet 2027 pour bénéficier de la dotation de solidarité de l’État, selon la municipalité. Faute d’une trésorerie suffisante, Breil-sur-Roya craint de ne pas pouvoir respecter certains délais et de voir une partie de sa reconstruction retardée.
Une ligne de trésorerie « sans frais » ou des prêts relais à taux zéro
Sébastien Olharan demande donc à un établissement bancaire de mettre en place une ligne de trésorerie sans frais ou, à défaut, des prêts relais à taux zéro, à hauteur des opérations engagées. L’objectif serait de couvrir temporairement le décalage entre le paiement des travaux et le versement des subventions.
Le maire assure que ce mécanisme ne remettrait pas en cause la politique de désendettement menée par la commune. Selon les chiffres avancés par la municipalité, la dette aurait été divisée par deux en cinq ans. Les sommes empruntées dans le cadre de ce dispositif seraient, par nature, remboursées au fur et à mesure du versement des subventions et plafonnées au montant des aides officiellement attribuées.
« Le risque serait particulièrement limité pour l’établissement prêteur », estime l’élu, qui se dit prêt à présenter aux banques intéressées le détail des opérations, les décisions d’attribution des subventions et les échéanciers prévisionnels de remboursement.
Une demande adressée à l’Élysée
En parallèle de cet appel au secteur bancaire, Sébastien Olharan indique avoir écrit au président de la République pour solliciter son soutien. Le maire souhaite également qu’un dispositif public spécifique soit créé à l’avenir pour permettre aux communes frappées par des catastrophes naturelles de faire face aux difficultés de trésorerie liées au décalage entre le lancement des travaux et le versement des aides. Il appelle enfin les parlementaires à se saisir de cette question. Pour Breil-sur-Roya, l’enjeu est désormais de transformer les financements obtenus en chantiers effectivement réalisés, alors que la reconstruction engagée après la tempête Alex entre dans une phase où la capacité à avancer les dépenses pourrait devenir un facteur déterminant.