Police municipale : (…)

Police municipale : les communes des Alpes-Maritimes recrutent, les maires s’impatientent face au retard de la réforme

Nice, Cannes, Cagnes-sur-Mer, Saint-Laurent-du-Var, Le Rouret, Beausoleil… Les offres d’emploi de policiers municipaux se multiplient dans les Alpes-Maritimes. Dans le même temps, les associations d’élus dénoncent un nouveau report de la réforme nationale censée élargir les prérogatives de ces agents.

Sur le terrain, les communes continuent de renforcer leurs polices municipales. À Paris, le texte qui doit notamment faire évoluer leurs missions et leurs moyens reste, lui, dans l’attente de son examen par les députés.

Des dizaines d’offres dans le département

Il suffit de regarder les plateformes de recrutement pour mesurer la demande, ou les sites des communes : on recense actuellement plusieurs dizaines d’annonces de policiers municipaux dans les Alpes-Maritimes, notamment à Beausoleil, Cagnes-sur-Mer, Cannes ou encore Cap-d’Ail. À Nice, la municipalité recherche actuellement dix agents de police municipale, pour des postes de police générale de jour ou de nuit. L’offre, publiée le 3 septembre, prévoit une prise de fonction « dès que possible  ». À Cannes, une nouvelle offre d’agent de police municipale a été publiée le 3 septembre. À Cagnes-sur-Mer, la commune a annoncé le recrutement de cinq policiers municipaux supplémentaires. À Saint-Laurent-du-Var, deux postes de policiers municipaux ont été publiés le 1er septembre. Au Rouret, une offre publiée en août concerne également un poste permanent de policier municipal. Même constat à Saint-Jeannet, où une offre publiée en août recherche un policier municipal, et à Roquebrune-Cap-Martin, où deux offres ont été publiées durant l’été.

Pendant ce temps, la réforme nationale est "en suspens"

Le projet de loi relatif à l’extension des prérogatives, des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres a été adopté par le Sénat. Son examen à l’Assemblée nationale reste cependant en suspens.

Le projet de loi relatif à l’extension des prérogatives, des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres] a été présenté en Conseil des ministres puis déposé au Sénat le 29 octobre 2025. Après son examen en commission, le Sénat l’a adopté en première lecture le 10 février 2026. Le texte a été transmis dès le lendemain à l’Assemblée nationale. Il a bien commencé son parcours parlementaire : la commission des Lois de l’Assemblée nationale s’en est saisie et a examiné le texte au printemps 2026. Un rapport a été déposé le 29 avril 2026 et le texte de la commission a été établi. Mais le projet de loi n’a toujours pas été adopté par l’Assemblée nationale. Il doit encore être examiné en séance publique par les députés, avant que la navette parlementaire puisse se poursuivre. C’est précisément ce délai que les associations d’élus dénoncent. Dans un communiqué publié le 9 septembre, l’Association des maires de France (AMF) et plusieurs associations d’élus parlent d’un «  énième report  » de l’examen du texte et demandent au gouvernement de garantir son inscription à l’ordre du jour.

Ce que les maires attendent

Derrière cette bataille de calendrier se joue une question très concrète pour les communes : jusqu’où les policiers municipaux pourront-ils aller dans leurs missions ? Les maires réclament depuis plusieurs années davantage de moyens et de compétences pour leurs agents, alors que les polices municipales prennent une place croissante dans les politiques locales de sécurité. Sur le terrain, les communes investissent déjà : recrutement d’agents supplémentaires, brigades de nuit, vidéoprotection, équipements, centres de supervision ou encore dispositifs de proximité. À Cagnes-sur-Mer, par exemple, la municipalité a annoncé la création d’une brigade de nuit, le développement d’une brigade VTT et le renforcement de la vidéoprotection. À Nice, la ville présente également le recrutement comme un enjeu majeur et prépare la mise en service de son futur Hôtel des Polices, qui doit réunir différents services de sécurité. Pour l’AMF, « si la sécurité est une responsabilité première de l’Etat, les maires, en première ligne, ont besoin d’orientations claires, opérationnelles et financées pour agir efficacement en complémentarité. Il en va de la capacité de pouvoir répondre efficacement aux enjeux de sécurité et de tranquillité publique à l’échelle locale mais aussi de la considération due aux près de 30 000 femmes et hommes qui composent les polices municipales et œuvrent quotidiennement au service de la population. »

Visuel de une : ©DR