Edito - Pour qui la baguette magique ?
- Par Jean-Michel Chevalier --
- le 15 mai 2026
Le général de Gaulle avait bien raison de craindre après lui davantage le trop-plein que l’absence de candidats pour le remplacer à l’Élysée : à un an de la prochaine présidentielle, ceux qui sont prêts à tout sacrifier pour faire le bonheur des Français sont légion. Il n’y a pas qu’un seul candidat possible par parti – cela ferait déjà beaucoup – mais plusieurs à s’installer dans les starting-blocks et à viser une ligne d’arrivée encore lointaine sur une route incertaine.
Souvenez-vous d’Édouard Balladur, Lionel Jospin et François Fillon qui, à quelques semaines du verdict des urnes, devaient être élus les doigts dans le nez. Pour des raisons diverses, il n’en a rien été, et l’on sait que l’histoire aime à se répéter. 2017 ne devrait pas échapper à cette « tradition » bien française qui veut que l’on brûle sans pitié ceux que l’on a aimé adorer.
En ce printemps joli, la gauche peine à se refaire la cerise. Même si elle était unie, elle se trouverait toujours bien en retrait dans une société qui se droitise. Être qualifiée pour le second tour serait déjà pour elle une victoire. Mais elle traîne son boulet, Jean-Luc Mélenchon, dont les déclarations ambiguës agissent comme un repoussoir. Il y a peu de chances « au jour d’aujourd’hui » que sa quatrième tentative soit la bonne, mais il ne fut évidemment jamais question qu’il cédât sa place à un autre candidat issu de LFI plus consensuel.
Au Parti socialiste comme au sein de la droite modérée, il y a autant de candidats putatifs que de têtes de gondole. La liste est si longue qu’il n’y aura pas assez de parrainages (et de financement) pour tout le monde. On assiste donc à des ballons d’essai de certains, pour voir si la mayonnaise prend, à des mariages à durée limitée (Attal et Philippe) pour éviter de faire l’omelette avant même que la campagne ne soit lancée. À des retours inattendus, comme Dominique de Villepin ou François Hollande qui n’ont pas forcément laissé des souvenirs impérissables de leurs passages aux affaires. Des « sociétés civiles » veulent aussi avoir leur mot à dire, comme Michel-Édouard Leclerc, Xavier Niel, Mathieu Pigasse. À de nouveaux visages aussi, comme David Lisnard, qui a créé son propre parti pour être en mesure d’y aller avec la promesse d’une rupture radicale pour débarrasser le pays de sa bureaucratie et de ses mauvaises habitudes.
Dans ce chaudron bouillonnant de tous les contraires, ne surnageront au vrai début de la campagne que quelques noms. Parmi eux, sans doute, celui de Bruno Retailleau qui a déjà pris de vitesse ses petits camarades de LR, mais à qui il restera tout à prouver pour que son parti mal en point ne sombre pas sur l’écueil de cette élection. Et aussi Jordan Bardella ou Marine Le Pen, puisque le RN est donné largement en tête des intentions de vote. Il a, en tous cas, pour la première fois, une chance réelle de l’emporter même si sa victoire n’est pas encore gravée dans le marbre.
C’est donc une génération de femmes et d’hommes politiques qui défie son destin. Ce serait un jeu des sept familles amusant si l’avenir du pays n’était en jeu…
Si pour Louis Laugier, directeur général de la police nationale, il n’existe pas en France de zone de non-droit, force est de reconnaître qu’il y a des quartiers comme celui des Moulins à Nice où le droit commun - celui de vivre en tranquillité et en
sécurité - est battu en brèche. Les récents épisodes de tirs sur fond de narcotrafic, qui ont fait deux tués et des blessés, mettent au défi les autorités d’apporter une réponse efficace et rapide. Ne nous y trompons pas : cette guerre des gangs met en péril notre société en s’attaquant à ses fondements, en habituant les nouvelles générations à vivre dans ce climat de violence et en s’affranchissant du droit. Alerte, danger !