Sécheresse : cent communes désormais soumises à des restrictions
- Par Manon Laniel --
- le 14 août 2026
À l’approche du week-end du 15 août, la préfecture appelle à réduire les consommations d’eau. Dix-huit nouvelles communes sont concernées par des restrictions.
« Nous sommes à la veille d’un week-end qui est à la fois un pic d’affluence touristique et un pic de consommation. » Jeudi 13 août, le préfet des Alpes-Maritimes Jean-Marie Girier a alerté sur une ressource en eau fragilisée, alors que près de 650 000 personnes supplémentaires sont attendues dans le département.
« Un seul message : de la sobriété et des économies pour chacun », insiste-t-il. À compter de ce 14 août, 100 communes sont concernées : 49 sont placées en alerte sécheresse, 46 en alerte renforcée et cinq en crise. Selon le niveau, les restrictions portent notamment sur l’arrosage, le remplissage des piscines, le lavage des véhicules, les douches de plage ou les golfs.
Des réserves qui s’amenuisent
Ces nouvelles restrictions répondent à une dégradation continue des indicateurs. La situation reste moins grave qu’en 2023, mais elle est jugée préoccupante. « Aujourd’hui, dans notre département, nous avons une rivière sur deux en situation d’assec ou d’écoulement faible », souligne Jean-Marie Girier. Au total, 53 % des cours d’eau sont concernés, contre 43 % à l’échelle nationale.
du service Prévision et
Climatologie de la direction
interrégionale Sud-Est
de Météo-France ©ML
Depuis septembre 2025, le déficit pluviométrique approche 17 %. Hélène Correa, responsable du service Prévision et Climatologie de la direction interrégionale Sud-Est de Météo-France, rappelle qu’après un hiver et un début de printemps très pluvieux, les précipitations sont repassées sous les normales à partir d’avril, avec un déficit de 84 % ce mois-là, puis de 53 % en juillet.
À ce manque de pluie s’ajoute une chaleur exceptionnelle. Avec une température moyenne de 22,6 °C, juillet 2026 a été le mois de juillet le plus chaud, mais aussi le mois le plus chaud tous mois confondus enregistré dans les Alpes-Maritimes depuis le début des mesures départementales en 1947. Par ailleurs, 81 % des nappes surveillées se situent sous les normales saisonnières. Une baisse des débits qui affecte également les milieux naturels. « Si vous réduisez le débit, vous réduisez la surface disponible et donc la capacité d’accueil du milieu », explique René Bonvallat, chef départemental adjoint de l’Office français de la biodiversité. Il évoque ainsi le déplacement de 1 700 truites fario depuis un cours d’eau en cours d’assèchement vers des secteurs plus favorables.
Freiner les consommations
qui affecte également
les milieux naturels
explique le chef départemental
adjoint de l’OFB. ©ML
Face à cette pression sur les ressources, la préfecture mise sur une baisse rapide des usages. Or la consommation d’eau a progressé de 18 % par rapport à 2025. « En prenant deux minutes de moins sous la douche, on économise 20 litres », rappelle le préfet. « Mis bout à bout, tous ces petits efforts ont un effet très concret. »
Les premiers retours montrent que la sensibilisation peut produire des résultats. Audrey Massot, cheffe du pôle Eau à la Direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes, souligne que les campagnes d’information ont permis, dans certains secteurs, de réduire les consommations de 20 à 30 %. En parallèle, une centaine de contrôles ont été menés depuis le début des restrictions par la DDTM et l’Office français de la biodiversité. Selon Audrey Massot, 68 % se sont révélés non conformes et ont donné lieu à des procédures judiciaires. Les particuliers encourent jusqu’à 1 500 euros d’amende et les personnes morales jusqu’à 7 500 euros.

