Veni, vidi... vite dit ! de Jean-Michel Chevalier
- Par Jean-Michel Chevalier --
- le 24 janvier 2026
– L’INDUSTRIE C’EST MOI ! Au cours d’une soirée de campagne, le candidat Christian Estrosi s’en est pris, sans les nommer, à plusieurs personnes présentes aux récents vœux de la CCI Nice Côte d’Azur : « Ils se prennent tous au sérieux… alors que là-dedans, si vous faites le tri, y’a pas grand monde qui a produit quelque chose dans sa vie. Il y a des marchands de camions qui se prennent pour des industriels. (…) De toutes façons, il ne peut pas y avoir meilleur industriel dans le département que moi qui ai été pendant deux ans ministre de l’Industrie ». Sans faire référence à ses propos, l’UPE 06 a appelé « les parties prenantes » des municipales « à la retenue et au respect des hommes et des filières qui sont créateurs de richesse et garants de l’attractivité de notre territoire ».
– CHAUFFARD : Ce trentenaire a coché toutes les mauvaises cases : alcool, refus d’obtempérer, circulation à contre-sens, dépassements périlleux, positif à la cocaïne, excès de vitesse (143 km/h) sur la voie rapide de Nice, défaut de permis de conduire (car récidiviste et sous le coup d’une suspension), perte de contrôle de son véhicule et fuite à pied. Rattrapé par la patrouille, le tribunal correctionnel de Nice l’a condamné à 16 mois ferme pour l’ensemble de son œuvre.
– DRAME : La Cannoise Jessica Moretti, qui gérait avec son mari le bar « Le Constellation » à Crans-Montana, a évité la case prison à ce stade de l’affaire, mais les autorités judiciaires helvétiques ont pris à son encontre diverses mesures pour empêcher une éventuelle fuite : interdiction de quitter le territoire, remise des papiers d’identité, caution dont le montant n’est pas encore déterminé, obligation de « pointer » chaque jour. Pas de quoi consoler les familles des victimes évidemment, mais cela leur donne quand même le sentiment d’être prises en considération. Quant à la commune, elle a reconnu que l’établissement n’avait pas fait l’objet d’une visite de sécurité depuis 2019...
– PUB : Avez-vous remarqué que les messages publicitaires pour les voitures accordent davantage de temps aux obligations légales (consommation, rejets de CO2) et aux conditions financières du crédit qu’à la description du véhicule lui-même ? Ces informations sont débitées à toute vitesse avec des voix artificiellement « concentrées ». Le tout assorti, à la fin, de recommandations comme préférer le vélo, la marche à pied et les transports en commun pour les « trajets du quotidien ». La prime de la tartufferie revient à cette marque qui se sent obligée de traduire « yes » par « oui », au cas où quelqu’un l’ignorerait encore.
– CASSE-TÊTE : La surtaxe sur les grandes sociétés, créée à titre « exceptionnel » en 2025 pour 8 milliards d’euros de recettes, symbolise toutes les difficultés rencontrées pour l’adoption du budget. Le gouvernement compte reconduire cette mesure qui devient du coup moins exceptionnelle en la fixant désormais à 6,3 milliards contre seulement 4 dans sa copie initiale (des soldes à l’envers en quelque sorte), quand le PS réclame 8 milliards et que le Sénat l’avait pour sa part tout simplement supprimée. Comment accorder les violons ? Bon courage au chef d’orchestre Lecornu !
– PLAIDOIRIE : Les observateurs ont noté le changement d’attitude de Marine Le Pen. Alors qu’elle se montrait agressive en première instance devant le tribunal correctionnel, rejetant en bloc les accusations de financement illégal et suspectant les juges de partialité, elle fait aujourd’hui patte de velours lors de son procès en appel, reconnaissant avoir commis un délit mais sans en avoir ni l’intention ni même conscience. Assez gonflée, elle rejette la responsabilité de la boulette sur… le
Parlement européen dont les finances ont payé ses assistants.
– REVIREMENT : Selon la cheffe du RN, si elle se retrouve devant le tribunal, c’est parce que le Parlement n’aurait pas exercé de contrôle suffisant sur l’utilisation des fonds versés aux partis politiques. Mais elle lui reprochait exactement le contraire en première instance, l’accusant d’intervenir dans la gestion de son groupe, ce qui constituait à ses yeux une immixtion politique intolérable. Cette nouvelle version va-t-elle convaincre les juges ? Réponse cet été.