Veni, vidi... vite dit !

Veni, vidi... vite dit ! de Jean-Michel Chevalier

– COURRIER : On ne sait que trop que les députés n’ont pas voté le budget de l’État avant la fin de l’année 2025, qui était l’échéance limite normale. Aussi, le courrier adressé aux heureux contribuables relevant de la taxe d’habitation par la Direction générale des finances publiques commence-t-il par une formule surprenante : « sauf erreur de notre part, votre imposition de TH n’était pas connue au 31 décembre ». Il n’y a évidemment aucune « erreur » de la part de quiconque, juste du retard à l’allumage, et une formulation à la poésie toute administrative.

– BOUQUET : La sénatrice Dominique Estrosi-Sassone (LR) en appelle à une « action rapide de la Commission européenne » pour la labellisation du mimosa des Alpes-Maritimes et du Var au moyen d’une IGP, «  face aux risques d’une concurrence déloyale de plus en plus débridée, qui menace une filière d’exception ancrée dans le massif du Tanneron  ». Pour l’élue, il est urgent de protéger le savoir-faire de nos mimosistes et, après l’établissement d’un label « Tanneron, terre de mimosas », il faut aller plus loin en sanctuarisant la « fleur d’or ». Elle a donc saisi le commissaire européen à l’Agriculture.

– DE L’AIR  : À la veille des élections municipales, comment ne pas trop fâcher les écolos et les automobilistes ? En reportant après le scrutin la discussion à l’Assemblée sur la suppression des ZFE (zones à faibles émissions). Cette grosse ficelle, qui ménage la chèvre et le chou, ne doit pas empêcher une réflexion globale sur ces ZFE, qui sont punitives pour les uns (limitation des déplacements, coût de l’achat de véhicules électriques) et indispensables pour les autres pour rendre l’air des centres-villes plus respirable. On verra dans quelques mois si la montagne accouche d’une souris, après déjà dix années d’une existence contestée et d’une application (ou pas) de cette mesure.

– MUNICIPALES : Dans un communiqué adressé aux journalistes, le Club de la Presse Méditerranée 06 en « appelle à la plus grande prudence face aux rumeurs et aux allégations des équipes de campagne (…) Les journalistes refusent quoi qu’il en soit d’être pris en otage et instrumentalisés. Cette campagne doit rester la plus sereine possible et respectueuse de tous ». Comme s’il pouvait, à Nice, en être autrement…

– AMBITION : Une peine d’inéligibilité ne signe pas forcément la fin d’une carrière politique. Condamné à cinq ans de prison en 1996, dont quatre ans ferme pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoin, Alain Carignon, ancien ministre des gouvernements Chirac et Balladur, est candidat au poste de maire de Grenoble, un poste qu’il occupa de 1983 à 1995. Il a reçu le soutien de LR, mais pas d’investiture officielle. Déjà candidat en 2020, il avait alors obtenu 20 % des voix, et compte cette fois sur l’électorat jeune (il a 76 ans), qui n’a pas connu l’époque de sa condamnation, et sur la mémoire défaillante des plus anciens.

Photo de Une : à quelques jours du départ de l’astronaute Sophie Adenot pour une mission de huit mois dans l’ISS, le président Macron a souhaité lui envoyer sur X des "goods vibes" collectives ©Elysée