Octobre Rose – Deux projets de recherche pour vaincre le cancer du sein
- Par Gilles Carvoyeur --
- le 5 octobre 2026
À l’occasion d’Octobre Rose, la Fondation ARC met en lumière deux projets de recherche marseillais visant à améliorer le dépistage et le traitement.
Bien que le taux de survie à cinq ans atteigne 88 %, le cancer du sein reste le plus fréquent et le plus meurtrier chez les femmes en France. Conscient de cet enjeu de santé publique, la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer en a fait l’un de ses axes prioritaires. Entre 2021 et 2025, elle a soutenu 115 projets dédiés pour un montant total de 13,8 millions d’€. Dans la métropole marseillaise, cet engagement s’est traduit par le financement de 11 projets de recherche sur la même période, représentant un investissement de près de 1,4 million d’euros. Pour l’édition 2026 d’Octobre Rose, la fondation met en avant deux programmes particulièrement prometteurs menés au Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille (CRCM).
Un soutien stratégique
Les deux projets sélectionnés s’attaquent à des problématiques clés : l’un vise à affiner le dépistage pour éviter des interventions inutiles, tandis que l’autre cherche à comprendre les mécanismes de résistance aux traitements. « La prise en charge des cancers du sein a énormément progressé ces dernières années mais il reste encore le plus meurtrier chez la femme. Nous sommes fiers de mettre en lumière, à Marseille, des travaux qui s’attaquent à deux enjeux essentiels : mieux identifier les lésions qui risquent d’évoluer vers un cancer et mieux comprendre les mécanismes qui rendent certaines tumeurs résistantes aux traitements », précise Éric Solary, vice-président de la Fondation ARC. Il ajoute : « Ces projets illustrent deux façons de réduire la mortalité par cancer : améliorer le traitement des cancers installés, mais aussi déchiffrer les premières étapes des cancers pour les dépister le plus tôt possible ».
Mieux dépister pour éviter les chirurgies inutiles
Dirigé par la Professeure Emmanuelle Charafe-Jauffret, également praticienne à l’Institut Paoli Calmettes, le premier projet s’intéresse aux petites lésions détectées lors des mammographies. Actuellement, il est difficile de prédire si ces anomalies évolueront vers un cancer ou resteront bénignes, conduisant souvent à des chirurgies préventives qui pourraient être évitées.
Pour y remédier, son équipe utilise des « organoïdes », des mini-organes en 3D recréant ces lésions en laboratoire. Grâce à des technologies d’imagerie de pointe, à l’analyse génomique de chaque cellule et à des « ciseaux génétiques », les chercheurs espèrent identifier les gènes responsables de la transformation cancéreuse. Les résultats attendus pourraient permettre de prédire l’évolution des lésions et, à terme, de développer des thérapies ciblées pour empêcher leur cancérisation. Ce programme a reçu une subvention de 450 000 € sur trois ans en mai 2026.
Comprendre la résistance à la radiothérapie
Le second projet est mené par Claire Zobouyan, interne en radiothérapie et doctorante au CRCM. Il se concentre sur un obstacle majeur au traitement : la résistance de certaines tumeurs à la radiothérapie, entraînant des récidives. Son équipe a déjà identifié un mécanisme permettant à des cellules cancéreuses de proliférer à la manière de cellules souches pour survivre au traitement. L’objectif de sa thèse est de comprendre le rôle d’une protéine clé dans ce processus de résistance, afin de déterminer si elle pourrait devenir la cible d’un nouveau médicament. « Mon projet devrait me permettre de retracer le rôle de cette protéine dans la plasticité cellulaire et la radiorésistance […] et de tester des approches pré-cliniques innovantes pour limiter l’émergence de cellules résistantes à la radiothérapie », explique Claire Zobouyan.
En cas de succès, une molécule ciblant cette protéine pourrait être testée dans des essais cliniques comme « radio-sensibilisateur », augmentant l’efficacité des traitements existants. Pour ses recherches, Claire Zobouyan a bénéficié de deux aides successives de la Fondation ARC, pour un montant total de près de 185 000€.