Tramways, trains, bus... : les grands dossiers qui redessinent la mobilité dans les Alpes-Maritimes


Politique


10 août 2026

Un retour rapide sur les principaux dossiers mobilité à retenir de ce premier semestre 2026.

Trains, tramways, bus hydrogène, liaisons transfrontalières : de janvier à juillet 2026, plusieurs projets structurants ont fait l’actualité dans les Alpes-Maritimes. Si la plupart étaient engagés de longue date, le premier semestre a été marqué par des passages très concrets à la phase opérationnelle : lancement de travaux, nouvelles décisions métropolitaines, investissements, renforcement de l’offre ferroviaire et nouveaux engagements franco-italiens. De Nice à Cannes, de la vallée du Paillon à la vallée de la Roya, voici un retour sur les principaux dossiers à retenir de ce premier semestre 2026.

Plusieurs projets de transport avancent dans les Alpes-Maritimes. Certains sont désormais engagés dans leur phase opérationnelle, d’autres restent soumis à des arbitrages. État des lieux.

Ligne 5 du tramway Nice - Drap : la DUP désormais acquise

La future ligne 5 du tramway doit relier Nice au secteur de Drap, via La Trinité, sur 7,6 km et 15 stations. Le projet, évalué à 376 millions d’euros, doit notamment améliorer les déplacements dans la vallée du Paillon. Après l’avis favorable de l’enquête publique fin 2025 et le vote du conseil métropolitain du 8 juin 2026, le préfet des Alpes-Maritimes a déclaré le projet d’utilité publique le 27 juillet. Cette décision permet à la Métropole de poursuivre les acquisitions foncières nécessaires à la réalisation du projet. Prochaine étape : la maîtrise foncière et la préparation des travaux, avec une mise en service annoncée à l’horizon 2031.

Ligne 4 du tramway : un projet juridiquement conforté, mais contesté à Cagnes

La ligne 4 doit relier Nice Saint-Augustin à Cagnes-sur-Mer, via Saint-Laurent-du-Var. Le tracé représente environ 7,1 km et 18 stations. Après une première déclaration d’utilité publique en 2023, le projet avait été fragilisé par une décision du tribunal administratif en 2025 concernant des manquements dans l’évaluation socio-économique. Après mise à jour de cette évaluation, le préfet des Alpes-Maritimes a publié un arrêté du 18 février 2026 confirmant l’arrêté du 26 octobre 2023 déclarant d’utilité publique au bénéfice de la métropole Nice Côte d’Azur le projet de la ligne 4 du tramway et emportant mise en compatibilité du plan local d’urbanisme métropolitain. Le 7 juillet 2026, le tribunal administratif de Nice a rejeté un recours de riverains (qui estimaient encore que l’évaluation socio-économique était insuffisante) et a considéré que le vice relevé en 2025 avait été régularisé. Ce dossier reste toutefois politiquement sensible à Cagnes-sur-Mer, où le nouveau maire Bryan Masson s’oppose au tramway et défend une alternative en bus à haut niveau de service. Plus de 65 millions d’euros auraient déjà été engagés sur le projet. Le projet est donc juridiquement conforté, mais son avenir politique reste un sujet de tension qui va orienter dans les prochains mois les décisions sur le tracé final.

À Nice, la gratuité des transports est élargie

La mobilité douce se joue également sur les tarifs. À partir du 1er septembre 2026, tous les habitants de la Métropole Nice Côte d’Azur âgés de 65 ans et plus pourront voyager gratuitement sur le réseau Lignes d’Azur, sans condition de ressources. La mesure a été adoptée par le conseil métropolitain en juin 2026. Elle élargit en outre le dispositif de gratuité déjà existant pour certaines catégories de population (aux soignants du CHU et aux agents pénitentiaires).

LNPCA : la future gare Nice Aéroport prend forme

La Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur constitue l’autre grand chantier ferroviaire du département. Sa première réalisation concrète dans les Alpes-Maritimes est la future gare Nice Aéroport, appelée à devenir un pôle d’échanges entre trains, tramways, bus et aéroport. Les travaux sont engagés depuis juin 2026 et la mise en service est prévue à l’horizon 2029-2030. Le projet doit notamment permettre d’augmenter la capacité du réseau ferroviaire autour de Nice et de développer l’offre de trains du quotidien.

Chemins de fer de Provence : 130 millions d’euros annoncés

La Région Sud et la Métropole Nice Côte d’Azur ont annoncé fin juin un plan de 130 millions d’euros pour moderniser les Chemins de fer de Provence. Le programme doit notamment renforcer la desserte entre Nice et les vallées. Sur la partie urbaine et périurbaine, l’objectif affiché est de pouvoir atteindre un train toutes les 20 minutes aux heures de pointe, avec également des circulations supplémentaires entre Nice et Colomars. L’enjeu est de transformer davantage cette ligne historique en véritable solution de transport quotidien pour les habitants de l’arrière-pays.

Nice : le Terminal 2 change d’échelle

À l’aéroport Nice Côte d’Azur, l’extension du Terminal 2 est pleinement en service depuis avril 2026 pour le cœur de la saison estivale. Avec 23 000 m² supplémentaires, six nouvelles portes d’embarquement et 36 comptoirs d’enregistrement, l’aéroport veut fluidifier le parcours des voyageurs. L’objectif est aussi de faire face à une fréquentation qui dépasse déjà la capacité historique de 14 millions de passagers par an. Le site peut désormais théoriquement accueillir jusqu’à 18 millions de voyageurs.

Cannes : les premiers bus à hydrogène entrent en circulation

À Cannes, le changement se joue sur le réseau de bus. 14 bus à hydrogène ont commencé à circuler sur le réseau Palm Bus au début du mois de juin.L’agglomération prévoit à terme une flotte de 41 bus à hydrogène. Leur carburant est produit localement à Cannes-La Bocca par électrolyse, notamment à partir d’eaux usées traitées. Le bassin cannois fait ainsi le choix de l’hydrogène pour compléter l’électrification progressive de son réseau de transport collectif.

À Grasse, le Bus Express Grasse-Mouans-Sartoux se rapproche

Le Bus Express entre Grasse et Mouans-Sartoux constitue le principal projet de transport collectif du Pays de Grasse. Cette liaison d’environ 8 km et 22 stations doit relier les deux gares en desservant les principaux quartiers, équipements et zones d’activités. Les bus seront électriques. Le projet est désormais entré dans une phase opérationnelle, avec des travaux préparatoires et des opérations foncières engagés. La mise en service reste annoncée à l’horizon 2028. L’objectif est de proposer une liaison plus rapide et régulière sur l’axe Grasse-Mouans-Sartoux et de renforcer l’offre de transport collectif dans l’ouest du département.

Antibes - Sophia Antipolis : le réseau de bus continue de se renforcer

Depuis janvier 2026, le tracé de la ligne B du réseau Envibus a été modifié pour mieux desservir plusieurs secteurs de la technopole, avec une fréquence annoncée de 12 à 15 minutes. Cette évolution complète les investissements réalisés autour du Bus-Tram Antibes-Sophia, destiné à faciliter les déplacements entre le pôle d’Antibes et la technopole. Le Département a également poursuivi les aménagements routiers sur la RD 635, axe majeur d’accès à Sophia Antipolis.

Coni-Breil-Vintimille : la coopération avec l’Italie franchit une étape

La ligne ferroviaire Coni-Breil-Vintimille bénéficie elle aussi d’un nouveau cadre franco-italien. La convention relative à l’entretien et à l’exploitation de la partie française de la ligne est entrée en vigueur le 1er juillet 2026. Lors du sommet franco-italien de juin, les deux pays ont également évoqué des travaux destinés notamment à permettre de retrouver une vitesse d’exploitation de 80 km/h à l’horizon 2030 sur la partie française. (Légifrance ; ministère des Transports).
L’objectif est de renforcer cette liaison transfrontalière, notamment pour les déplacements entre les Alpes-Maritimes, le Piémont et la Ligurie.

Tunnel de Tende : encore des étapes avant la circulation dans les deux sens

Le nouveau tube du tunnel de Tende est en service depuis juin 2025. Mais la circulation reste organisée en alternance avec encore de nombreuses fermetures et certaines catégories de véhicules sont encore interdites. La France et l’Italie souhaitent désormais rénover l’ancien tube afin de disposer, à terme, de deux tubes distincts et de supprimer l’alternat. Le lancement de l’appel d’offres pour les travaux de l’ancien tunnel était annoncé pour l’été 2026. (Ministère des Transports, sommet franco-italien du 25 juin 2026). Ce chantier reste un dossier majeur pour les échanges routiers entre les deux pays.

Vélo : le Département veut passer à 320 km de pistes cyclables

Le vélo constitue l’autre volet de la politique de mobilité dans les Alpes-Maritimes. Avec son Plan Vélo Horizon 2028, le Département prévoit 62 millions d’euros d’investissements pour développer les infrastructures et ajouter 84 km de pistes cyclables sécurisées, avec un objectif de 320 km à l’horizon 2028, contre 235 km actuellement. Plusieurs secteurs sont ciblés, notamment les liaisons vers Sophia Antipolis, où le Département prévoit à terme un réseau cyclable continu de 105 km, mais aussi la poursuite de l’EuroVelo 8 entre Menton et Le Tignet. Le Département veut également développer les connexions entre vélo et transports collectifs, notamment autour des pôles d’échanges.

En mer : des navettes estivales qui complètent l’offre de transport sur le littoral

Le transport maritime reste encore secondaire dans les déplacements quotidiens des Alpes-Maritimes, mais il complète ponctuellement l’offre terrestre. À Cannes, la navette maritime Estérel circule de nouveau depuis le 4 juillet 2026 entre le Vieux-Port, Théoule-sur-Mer et le port de la Figueirette, avec quatre allers-retours quotidiens jusqu’au 31 août. Le dispositif s’inscrit dans une offre estivale plus large destinée à faciliter les déplacements vers les plages et le littoral.

SERM azuréen : un schéma d’ensemble pour les mobilités à l’horizon 2040

Le 8 juillet 2026, l’État, la Région Sud et les collectivités ont validé le schéma d’ensemble du Service express régional métropolitain (SERM) azuréen. Le dispositif doit organiser, sur une quinzaine d’années, une offre de transport plus coordonnée entre le train, les transports urbains, les cars express et le vélo. Le schéma prévoit notamment la LNPCA, une navette ferroviaire entre Nice et Monaco annoncée pour 2028, la modernisation des Chemins de fer de Provence, trois lignes de tramway créées ou prolongées, deux nouvelles lignes de transport collectif, 12 lignes de cars express, un réseau cyclable structurant et 27 pôles d’échanges multimodaux. Le projet doit encore être soumis au ministère des Transports pour validation. Il donne néanmoins une lecture nouvelle des projets de mobilité du département : ils sont désormais appelés à fonctionner davantage comme un réseau coordonné que comme une succession d’infrastructures indépendantes.


Valérie Noriega