Barreau de Grasse : « (…)

Barreau de Grasse : « Les premières à porter ce bâton »

Le bâtonnier sortant Franck Gambini a passé le 23 janvier le bâton à un binôme composé de Florence Bensa-Troin et Roselyne Nain-Doyennette. Une première au barreau de Grasse.

« Je voudrais que vous sachiez qu’à cette place qui est la mienne pour une durée de deux ans je suis véritablement votre bien dévouée » : c’est avec cette formule que la bâtonnière, Me Bensa-Troin, a conclu la cérémonie de vœux et de passation du bâton au palais des congrès de Grasse, ovationnée par une assemblée enthousiaste et conquise.

Une cérémonie teintée d’émotions, réhaussée d’éclats de rire et jalonnée de discours résolument engagés.

Me Gambini va passer le bâton au binôme Me Bensa-Troin et Me Nain-Doyennette ©ME

Le bâtonnier Franck Gambini a remis le bâton de manière très solennelle : «  Aujourd’hui, je vous le transmets, portez-le avec fierté, avec sagesse et avec humanité. On n’oublie jamais qu’en le recevant vous recevez aussi la confiance de toute une profession. » Ce bâton, qui lui est particulièrement cher, a été fabriqué par un ébéniste de Mougins. Est gravé dessus l’emblème de Grasse pour signifier l’attachement au barreau et à la ville et à l’intérieur se trouve un parchemin où sont inscrits les noms de tous les bâtonniers. « Madame la Bâtonnière, chère Florence, et Madame la Vice-bâtonnière, chère Roselyne, vous serez les premières dans
l’histoire du barreau de Grasse qui a près de 200 ans à exercer votre mandature en étant porteurs de ce bâton
. »

Sur le bâton également, les cinq mots qui résument toute une vie d’avocat, ceux du serment de la profession : dignité, conscience, indépendance, probité et humanité.

Écoute et présence

Madame le vice-bâtonnier Roselyne Nain-Doyennette ©ME

C’est avec des trémolos dans la voix que Me Nain-Doyennette a pris le relais, encouragée par la salle : « On pourrait croire qu’au bout de six discours en l’espace de 15 jours, la tâche serait facile… mais non !  » Une grande respiration et la vice-bâtonnière retrouve son éloquence pour évoquer un enjeu central : « le bien-être des avocats. Il faut développer la communication, travailler ensemble car seul on est fragile, ensemble on est fort. Et ce bâton représente cela, cette porte ouverte de notre bureau. Il représente notre soutien, notre écoute, notre présence pour vous, à vos côtés. Il nous faut communiquer entre nous, avec le tribunal, se connaître, connaître les référents de chaque activité. Il nous tient à cœur que chacun de vous connaisse la vie de son barreau, le travail des commissions, et cela à travers le journal que nous souhaitons établir. »
Elles souhaitent impulser des projets fédérateurs à travers le sport, la convivialité, la culture et des journées consacrées au bien-être. « Courage mon mari, ça fait quatre semaines que tu fais le dîner, il t’en reste encore 100  », a-t-elle conclu dans un rire, avant de passer le relais à la bâtonnière, « celle qui m’a fait confiance et qui m’a amenée dans cette aventure dont tous les bâtonniers disent que c’est la plus belle dans une carrière d’avocat.  »

Ambitieux programme

Madame le bâtonnier Florence Bensa-Troin ©ME

« À ce moment précis, c’est une sorte de vertige qui m’envahit, ainsi je vous demande par avance votre indulgence si je me raccroche à mon pupitre. »

Me Bensa-Troin a beau être arrière-petite fille, fille, nièce et femme de bâtonniers, l’avocate a été surprise et très émue d’être sollicitée pour cette fonction et très fière « d’être la première de la famille à être bâtonnier du barreau de Grasse. Mon barreau.  » Elle a chaleureusement félicité Franck Gambini, le remerciant d’avoir incarné la fonction avec «  une rare élégance et ce style british qui nous conserve une autorité sereine. Ma seule ambition est de marcher dans vos pas. » Puis de poursuivre avec les actions qu’elle souhaite mener, énumérant la formation, la défense du périmètre du droit, la protection du secret professionnel, l’amélioration de la procédure d’appel, le développement de l’amiable, la promotion de la convention d’instruction simplifiée, la mise en œuvre d’une protection fonctionnelle et un usage maîtrisé de l’IA.
Un programme ambitieux pour les deux années à venir et qu’elles ont souhaité porter à deux, conscientes de la charge de travail.

Discours du maire de Grasse Jérome Viaud ©ME
Salle comble ! ©ME
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Parmi les invités Maître Jean-Raphaël FERNANDEZ ©ME
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Photo de Une : ©ME