Barreau de Nice : Maîtres

Barreau de Nice : Maîtres Brancaleoni et Serra ont passé le bâton à Me Porteron

Les vœux du barreau de Nice, jeudi 22 janvier, ont été marqués par le passage de bâton entre l’ancien bâtonnier et le nouveau dans une salle du Palais des rois sardes comble.

L’introduction a été menée avec beaucoup de légèreté et d’humour par l’ancien bâtonnier Henri Charles  : «  Je vous fais une proposition, on rentre dans le vif du sujet. Le vif du sujet, quel est-il ? Premièrement, il est énorme : bonne année ! Le second, c’est le passage du bâton  », a-t-il notamment déclaré, s’efforçant de faire court avant de céder la parole à Valérie Serra, ancienne vice-bâtonnière.


« Le bâtonnat, ça ne s’apprend pas. C’est un tourbillon qui vous happe. Deux années intenses, sans répit, dans l’action mais aussi dans le questionnement. Deux années parfois éprouvantes mais tellement riches en échanges, en rencontres et en enseignements, y compris sur nous-mêmes.  » Il est nécessaire d’avoir « toujours le souci de se montrer à la hauteur de la fonction, qui est un honneur ne l’oublions jamais, de la confiance qui nous est accordée et bien sûr des enjeux auxquels le barreau doit faire face pour demeurer un acteur crucial au cœur de la cité et bien sûr, surtout, un phare pour les justiciables », a assuré Me Serra, qui a remercié Emmanuel Brancaleoni de l’avoir emmenée « dans cette extraordinaire aventure » et a souhaité «  le meilleur » à Cédric Porteron pour son bâtonnat. « Ce bâton que j’ai dans les mains je l’ai tenu pendant deux ans. Deux ans à mesurer ce qu’il pèse. Non pas dans la main mais dans l’âme. Car c’est là qu’il pèse et c’est là qu’il oblige », a confié Me Brancaleoni.

De gauche à droite : La vice-bâtonnière Valérie Serra, le bâtonnier sortant Me Emmanuel Brancaleoni remettant le bâton au bâtonnier élu Cédric Porteron. ©SG

« Architectes de la République »

« Le bâton que je vais transmettre aujourd’hui n’est pas un signe de pouvoir, il est la marque visible d’une charge morale assumée pour un temps. Il dit la continuité de l’Ordre et rappelle à chacun que l’autorité ne se possède pas, elle se reçoit, elle s’exerce et elle se rend. Être bâtonnier c’est se souvenir qu’on n’obéit jamais à un ordre parce qu’il est établi mais d’abord et avant tout parce qu’il est juste. » Il a rappelé que les avocats n’étaient pas « de simples praticiens du droit » mais «  les architectes de la République ». Il a confié le bâton à son successeur, Cédric Porteron, « avec confiance ».
«  Je ne viens pas m’asseoir dans un fauteuil, je viens me tenir à vos côtés », a déclaré le nouveau bâtonnier du barreau de Nice. « C’est un bâton que l’on m’a transmis. Ce bâton n’est pas d’apparat, il sert à marcher, il sert à soutenir, il sert parfois à écarter la ronce et la pierre du chemin. En le recevant aujourd’hui je mesure le symbole de ce qui m’est confié (…) Je sais que les mois à venir ne seront pas simples. Notre profession, comme la justice, est éprouvée, nos valeurs parfois questionnées, nos conditions souvent malmenées. Pour autant, nous continuerons à défendre, à plaider, à protester, à consoler, à bâtir des ponts entre les êtres, à rappeler que le droit ne vaut rien sans la justice et que la justice ne vaut rien sans la compassion. »
Les propos du nouveau bâtonnier ont été ponctués par l’hymne Nissa la bella, interprété avec beaucoup de cœur par une chorale composée de membres de l’Association des Arts du Palais, qui réunit magistrats, avocats, greffiers et personnels du palais de justice et de l’ordre des avocats.

La chorale de l’Association des Arts du Palais a entonné Nissa la Bella ©SG

Photo de Une ©SG