TC de Nice et AFJE 06 : promouvoir l’engagement au service des entreprises en difficulté
- Par Valérie Noriega --
- le 18 juin 2026
Alors que les tribunaux de commerce (TC) peinent parfois à renouveler leurs effectifs, le président du tribunal de commerce de Nice va régulièrement à la rencontre des potentiels juges consulaires.
À l’occasion d’un afterwork à La Vela organisé le 11 juin avec l’Association française des juristes d’entreprise (AFJE 06), Thierry Séon a lancé un appel aux vocations pour devenir juge consulaire. Bénévoles, formés par l’École nationale de la magistrature et garants de la justice économique de proximité, les juges consulaires jouent un rôle essentiel dans le règlement des litiges commerciaux mais aussi dans la prévention des difficultés des entreprises. Une fonction méconnue que le président souhaite promouvoir auprès des cadres et jeunes juristes issus du monde de l’entreprise.
Retour sur l’événement avec Thierry Séon président du TC de Nice et
Didier Langlois, délégation des Alpes-Maritimes au sein de la région Sud-Paca Corse.
Pourquoi l’AFJE06 a-t-elle organisé cette rencontre avec le tribunal de commerce de Nice ?
- Didier Langlois : L’AFJE a un partenariat avec le tribunal de commerce (TC) de Paris de très longue date et souhaite étendre en régions les liens avec les juridictions consulaires. La démarche a été initiée en régions PACA-SUD avec le TC de Marseille et naturellement nous avons été contactés par le président du TC de Nice, Monsieur Thierry Seon.
Pourquoi avoir choisi de venir sensibiliser les membres de l’AFJE ?
- Thierry Séon : Parce que ce sont des personnes qui ont une excellente formation juridique et qui aiment la matière juridique.
Les jeunes juristes d’entreprise disposent-ils des compétences nécessaires pour s’investir dans les fonctions de juge consulaire ?
- Didier Langlois : Il faut au minimum cinq ans d’expérience professionnelle pour candidater auprès du TC, et des juristes qui pratiquent régulièrement le droit des affaires ou le droit commercial disposent de compétences utiles.
Quelle est la mission essentielle du juge consulaire ?
- Thierry Séon : Ses rôles principaux sont par ordre d’importance, protéger les TPE/PME en particulier par la prévention et les procédures collectives, trancher les litiges commerciaux et sanctionner les dirigeants malhonnêtes.
Malgré les évolutions introduites par la loi Pacte pour « faciliter » le recrutement, les TC rencontrent encore des difficultés pour attirer de nouveaux juges : pour quelles raisons ?
- Thierry Séon : L’engagement de juge consulaire est difficile pour des chefs
d’entreprise écrasés par les normes et les prélèvements obligatoires et un contexte
politique et économique particulièrement difficile en France. Par ailleurs je rappelle que c’est un engagement totalement bénévole et aujourd’hui qui accepte de travailler sans être payé ou au moins défrayé ?
Quelles qualités recherchez-vous en tant que président du TC de Nice chez un futur juge consulaire et quel message souhaitez-vous adresser à ceux qui hésitent encore à franchir le pas ?
Thierry Séon : La première qualité est le courage et l’engagement au service des autres, car il en faut pour se former, consacrer du temps et peut-être pour accepter de gagner moins d’argent dans son activité
professionnelle... Mais finalement nous y trouvons un enrichissement et une satisfaction personnelle.
Cette initiative traduit-elle une volonté plus large de l’AFJE de promouvoir l’engagement de ses membres au service de la justice économique ?
- Didier Langlois : For sure ! L’AFJE06se doit d’être un intermédiaire entre les Juristes d’entreprise et le monde judiciaire.
Comment devenir juge consulaire ?
• Vous souhaitez mettre votre expérience professionnelle au service de la justice économique ?
Le tribunal de commerce de Nice recherche régulièrement de nouveaux juges consulaires, une fonction exercée à titre bénévole et accompagnée d’une formation obligatoire dispensée par l’École nationale de la magistrature.
• Conditions principales pour candidater :
– justifier d’au moins cinq années d’expérience professionnelle ;
– être de nationalité française ;
– jouir de ses droits civiques et présenter les garanties d’indépendance et de probité requises ;
– être disponible pour suivre la formation et participer aux audiences ;
– partager les valeurs d’engagement au service des entreprises et de l’intérêt général.
Présence : entre 2 à 4 journées par mois.
Durée du mandat : 2 ans puis 4 mandats de 4 ans max dans le même tribunal
Tribunal de commerce de Nice
Courriel : [email protected]
