Vos échos juridiques hebdomadaires
- Par Jean-Michel Chevalier --
- le 14 juin 2026
Affaire Lyhanna : dramatique loupé de la Justice
La dramatique affaire Lyhanna a provoqué un électrochoc dans le monde politique comme judiciaire. Le ministre de la Justice s’est dit « terrifié, et comme père de famille encore plus, par ce drame ignoble qui est en train de se dérouler » alors qu’un « dysfonctionnement » manifeste a laissé en totale liberté le principal suspect qui fut pourtant précédemment l’objet de plaintes pour viol et de signalements, non suivis d’effet. Pour Gérald Darmanin, ce dysfonctionnement « est révélateur de notre mauvaise organisation ». Le monde politique n’a pas tardé à réagir, comme Marine Tondelier (écologiste) qui y voit le « symbole d’un système police-justice incapable de gérer le sujet des violences sexistes et sexuelles », ou Jordan Bardella (RN) qui a estimé que « l’État a très lourdement failli » et que « le peuple français exige des comptes ». Le président de la République est lui-même monté au créneau en déclarant que le « manque de moyens » n’est pas la seule explication.
Des interrogations trop tardives...
Dès le lendemain de la découverte du corps de la collégienne de onze ans, Sébastien Lecornu a réuni à Matignon Gérald Darmanin et Laurent Nuñez tandis qu’une enquête sur le « dysfonctionnement » était ouverte pour en tirer toutes les conséquences. Les deux ministres ont demandé des « inspections » dans leurs services pour (tenter de) savoir pourquoi les plaintes pour viol n’avaient pas donné lieu à des suites et pourquoi le principal suspect « n’a pas été mis hors de portée des jeunes », a déclaré le ministre de la Justice. « Pourquoi met-on du temps à transmettre la suite de la plainte, en papier, entre le parquet de Toulouse et le parquet d’Auch ? Pourquoi, lorsque la procureure de la République demande de faire des actes d’enquête, manifestement, ils ne sont pas faits ? Pourquoi ne sommes-nous pas intervenus alors que ça fait de longs mois que l’on a des plaintes contre ce monsieur ? » Voilà qui ressemble déjà à un réquisitoire...
Insécurité routière et lourde condamnation
En état de récidive légale (cinq condamnations pour des faits de violence et délits routiers dont quatre sous l’emprise de l’alcool), un chauffard trentenaire responsable de la mort d’une jeune femme à Hyères a été condamné par le tribunal correctionnel de Toulon à douze ans de prison. Au moment des faits, il roulait avec presque 3 grammes et se trouvait positif à la cocaïne et au cannabis. Des témoins ont expliqué qu’il slalomait entre les véhicules, roulait à une vitesse excessive, doublait à contresens avant de se rabattre sur la voiture de la victime qui arrivait en face.
La Défenseure des droits se penche sur le harcèlement scolaire
Le harcèlement scolaire est « un phénomène massif », analyse Claire Hédon, Défenseure des droits, à l’issue d’une enquête menée auprès de 1 692 parents d’élèves. Selon cette étude, 35 % des personnes interrogées affirment qu’au moins un de leurs enfants a fait l’objet de harcèlement. « La lutte contre le harcèlement fait également partie des outils d’amélioration de la réussite scolaire », appuie la Défenseure. Quel parcours suivre, à qui s’adresser… : la parole de l’enfant et celle des parents « ne sont pas toujours prises en compte » et il convient de multiplier les campagnes de sensibilisation et les protocoles, y compris auprès des enseignants, insiste Claire Hédon.