À Mouans-Sartoux, un (…)

À Mouans-Sartoux, un laboratoire mutualisé pour renforcer la filière des plantes à parfum du Pays de Grasse

Vingt ans après la création de l’association Fleurs d’Exception du Pays de Grasse, un nouvel outil de transformation végétale vient consolider une filière redevenue stratégique pour le territoire grassois. Installé au sein de l’Aromatic FabLab de Mouans-Sartoux, le nouveau laboratoire de transformation végétale mutualisé de l’association Fleurs d’Exception du Pays de Grasse a été inauguré le 15 juin en présence du préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux, du sous-préfet de Grasse Jean-Claude Geney, du maire de Mouans-Sartoux Pierre Aschieri et de Jérôme Viaud, maire de Grasse et président de la Communauté d’agglomération du Pays de Grasse.

Conçu comme un équipement partagé, ce laboratoire éco-construit met à disposition des producteurs de plantes à parfum, aromatiques et médicinales des installations de distillation et de séchage. L’objectif est de permettre la transformation locale des récoltes biologiques et de renforcer la création de valeur sur le territoire.
Labellisé «  Manufacture de proximité  » dans le cadre du plan France Relance et intégré au contrat de transition écologique du Pays de Grasse, le projet a bénéficié d’un soutien financier de l’État à hauteur de 354 000 euros.

Dynamique économique

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Cette inauguration intervient alors que l’association Fleurs d’Exception célèbre ses vingt ans d’existence. Créée en 2006 dans un contexte de fort recul des cultures florales grassoises, elle s’est donnée pour mission de préserver et relancer une activité historique du bassin grassois. À l’époque, seuls quelques producteurs maintenaient encore ces cultures. Deux décennies plus tard, la filière a retrouvé une dynamique économique. Selon les acteurs locaux, le Pays de Grasse assure désormais près de la moitié de la production française de plantes à parfum. Le territoire bénéficie également d’une indication géographique protégeant certaines productions, tandis que les savoir-faire liés au parfum de Grasse sont inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Devenue un pôle territorial de coopération économique, l’association présidée par Armelle Janody s’appuie sur un réseau de producteurs, de collectivités et de partenaires institutionnels. Le nouveau laboratoire doit notamment favoriser l’innovation, la transmission des savoir-faire et le développement de nouvelles activités autour des plantes à parfum.
Lors de la cérémonie, les représentants de l’État ont réaffirmé leur volonté d’accompagner les futurs projets de l’association, dans la continuité du travail engagé depuis vingt ans pour la sauvegarde et le développement de cette filière emblématique du Pays de Grasse.

Repères : extraits du discours du préfet des Alpes-Maritimes

« Cette histoire, c’est celle d’une alliance rare entre le champ et l’usine, entre la tradition et la recherche, entre l’initiative privée et la puissance publique. »

« Plus d’une exploitation créée ou accompagnée chaque année »

« En vingt ans, l’association a accompagné la création, l’agrandissement ou la réorientation de 24 exploitations agricoles, toutes engagées dans l’agriculture biologique. » Le représentant de l’État a souligné l’impact concret de Fleurs d’Exception sur le renouvellement des générations agricoles : « Plus d’une fois par an, une famille, un projet de vie, un avenir agricole se sont enracinés ici grâce à vous. »

Une filière de 3 500 emplois et 700 millions d’euros

Selon Laurent Hottiaux, « le Pays de Grasse n’est pas une province du parfum : il en est la capitale  ». La filière des ingrédients aromatiques représente aujourd’hui 3.500 emplois et près de 700 millions d’euros de chiffre d’affaires, tout en assurant environ la moitié de la production française.

Un laboratoire conçu comme un tiers-lieu

Le nouveau site doit aller au-delà de la simple transformation des récoltes. « Il sera un lieu d’ateliers et de partage d’expérience entre pairs, un centre de formation par le faire, un espace de partenariats de recherche avec les laboratoires  », a détaillé le préfet, qualifiant l’ensemble de « tiers-lieu au sens le plus exigeant du terme  ».

354 000 euros investis par l’État

Labellisé « Manufacture de proximité » dans le cadre de France Relance, le projet a bénéficié de 304 000 euros d’investissement et de 50 000 euros d’aide au fonctionnement, soit 354 000 euros au total entre 2022 et 2025.

Préserver l’héritage de l’UNESCO

Le préfet a rappelé que l’inscription des savoir-faire du parfum de Grasse au patrimoine immatériel de l’UNESCO « n’est pas un titre acquis une fois pour toutes ». La pérennité de cette reconnaissance repose sur la transmission des trois savoir-faire distingués : la culture des plantes, la transformation des matières premières et l’art de la composition.

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Photo de une ©Ville de Grasse sur Facebook