Sortie de la liste grise du GAFI : un enjeu stratégique au cœur des débats du Club Eco Monaco
- Par Valérie Noriega --
- le 2 juin 2026
Réunis le 22 mai à l’occasion d’une conférence du Club Eco Monaco organisée par le Monaco Economic Board (MEB) et le Groupe Nice-Matin, responsables institutionnels et acteurs économiques ont détaillé les avancées de la Principauté dans le cadre de sa mise sous « surveillance renforcée » par le Groupe d’action financière (GAFI).
Autour de Frédéric Cottalorda, conseiller de gouvernement-ministre des Finances et de l’Économie, Frédéric Chartier, coordinateur exécutif du Comité de coordination et de suivi de la stratégie nationale de lutte contre le blanchiment, et Olivier Pagès, directeur des opérations de CMB Monaco, les échanges ont porté sur les mesures engagées pour répondre aux exigences internationales en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Frédéric Chartier a rappelé que Monaco affiche désormais un niveau de conformité technique de 39 critères sur 40 évalués. Ces résultats sont le fruit de plusieurs années de renforcement des dispositifs de contrôle, d’une augmentation des moyens humains et techniques ainsi que d’une coopération internationale accrue. Sur la dizaine d’actions prévues dans le calendrier du GAFI, deux restent en cours de finalisation, concernant les sanctions administratives et pénales.
Concernant une éventuelle sortie de la liste grise, Frédéric Cottalorda a souligné que la Principauté dispose désormais de résultats concrets à présenter, notamment à travers l’augmentation des condamnations liées aux infractions financières. Il a également mis en avant le travail législatif mené avec le Conseil National pour adapter le cadre juridique monégasque aux standards internationaux.
Le secteur bancaire a lui aussi été mobilisé. Olivier Pagès a évoqué les investissements réalisés pour renforcer les procédures de contrôle et améliorer la qualité des déclarations de soupçon. Ces évolutions se sont traduites par une transformation des processus internes, appuyée notamment sur de nouveaux outils technologiques et l’intelligence artificielle.
Des opportunités
Au-delà des contraintes liées à la mise en conformité, les intervenants ont insisté sur les opportunités que représente cette évolution. Pour le gouvernement comme pour les acteurs financiers, le renforcement des exigences en matière de transparence et de conformité constitue désormais un argument supplémentaire pour renforcer l’attractivité économique de la Principauté auprès des investisseurs internationaux.