Vence : « Notre collège a

Vence : « Notre collège a du cœur »


Coralie Decobecq, professeure
de physique-chimie au collège
La Sine et marraine de cette édition ©ME

Quand la marraine de la course prend la parole, le temps s’arrête, tout le monde retient son souffle et tente d’avaler ses larmes : « Cette année, ce projet résonne pour moi de manière différente, c’est évident, puisque, vous le savez, j’ai commencé un combat contre le cancer. C’est une maladie d’une violence inouïe et ce qui permet de tenir, quand on a envie de baisser les bras, c’est tout le soutien qu’on reçoit… J’ai emmené tous vos dessins, vos mots, vos cadeaux à l’hôpital. »

Coralie Decobecq, professeure de physique-chimie, franchissait la ligne d’arrivée d’un marathon il y a un an ; aujourd’hui, elle a le droit, depuis peu, de reprendre le sport, alors elle fera un tour avec les élèves : «  Vous allez courir pour les enfants qui ne peuvent pas être là mais qui auraient tant aimé courir et souffrir avec vous. Dites-vous que vous le faites pour vous rendre fiers de l’avoir fait pour les autres. Vous montrez à quel point notre collège a du cœur. »

Les collégiens, galvanisés, trépignent dans le sas de départ…

« Des bulles de joie »

800 élèves qui courent pendant 45 minutes, des foulées et de la sueur pour Sourire à la vie.

Anthony Vezian responsable
de l’association soutenue cette année
Sourire à la vie ©ME

Au micro, Anthony Vezian, le responsable de l’association, les encourage : « C’est touchant de les voir mouiller le maillot pour les enfants hospitalisés, un élan de solidarité réconfortant… Nous accompagnons les enfants atteints d’un cancer pendant les traitements mais aussi après, en leur proposant des activités physiques adaptées : un accompagnement global, des moments de répit pour les familles (séjours, sorties). Aujourd’hui, les collégiens de La Sine courent pour pouvoir proposer ces petites bulles de joie aux enfants qui ont été privés de ces moments d’enfance. » Sacha et Brigitte sont désormais en rémission, lui est en fac de sport, elle est diplômée en management : « Anthony, c’est notre grand frère. Il nous a sauvé la vie mentalement, on était coupés de tout mais lui nous a réunis comme une famille. »

150 enfants ont pu être aidés depuis l’ouverture de l’antenne niçoise en 2018 (L’association a été créée à la Timone, à Marseille, il y a 20 ans)

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Pédagogie et empathie

Sandra Foucher professeure
d’EPS au collège. ©ME

La professeure d’EPS, Sandra Foucher, à l’initiative de cette course depuis 2015, en a fait un projet pédagogique, épaulée par une CPE du collège, Lucile Gabert. Pendant un an, un comité de pilotage composé d’élèves prend en charge la préparation de l’événement : de la sélection de l’association bénéficiaire à
l’organisation de la course le jour J. « 10 associations ont été sélectionnées pour un grand oral devant un jury. Elles ont 7 minutes pour convaincre. Nos critères principaux : l’association doit être locale et chaque centime récolté doit être dépensé pour quelque chose de concret. La structure signe une charte qui l’engage à être disponible pour échanger avec le comité de pilotage. » Les 30 collégiens sont choisis sur lettre de motivation, comme Corentin, élève de troisième : «  Notre mission a été, notamment, de sensibiliser les élèves à la cause ; on a, par exemple, aidé à la mise en place d’un parcours lesté représentant les étapes de la maladie pour faire ressentir la fatigue, les symptômes et le diagnostic. »
Encourager toutes les classes à la recherche de sponsors (pour chaque tour, on peut donner entre 50 centimes et 2 euros), la logistique de la course (sono, ravitaillement…), tout nécessite la participation de l’ensemble de la communauté éducative. «  L’idée, c’est que le projet soit incarné par La Sine, que tout le monde s’empare de cette course. » Sandra Foucher en a fait une réussite pédagogique,
humaine, sportive et collective.


Cheveux hirsutes, visages rouges et dégoulinants, avec en moyenne 10 tours de 700 mètres chacun, les collégiens reprennent leur souffle, comme Charlotte : « Un bel exemple d’effort pour une bonne cause. C’était dur mais c’était amusant. » En huit éditions, le compteur de la course solidaire affiche 110 000 euros…
Fin juin, Sourire à la vie recevra un chèque… avec peut-être un nouveau record pour la 9e édition.
Une partie de l’équipe Sourire pour la vie ©ME

Photo de une ©ME