Alexandra Masson, à l’Est du nouveau
- Par Marine Einaudi --
- le 19 juin 2026
Entretien avec la première femme de l’Est du département. Première femme élue maire de Menton, 8e ville la plus peuplée du département, Alexandra Masson est également devenue présidente de la Communauté de la Riviera française, une première, là aussi, pour le Rassemblement national en France.
Voilà plus de deux mois que vous êtes installée en mairie, quelles sont vos impressions ?
- J’arrive après une période où le climat politique qui a pesé sur la ville était très compliqué, donc j’ai vraiment le souhait d’apporter de la bienveillance et de l’apaisement. Menton voit arriver une femme qui, parfois, vient avec ses enfants en mairie, avec la vision de quelqu’un qui a un métier à côté puisque je reste avocate, une femme qui travaille forcément différemment que des messieurs d’un certain âge, comme il y en a eu depuis 20 ans ici. Je ne dis pas que c’est mieux, je dis que c’est différent. Globalement, je vois des sourires sur le visage des fonctionnaires, cela me fait plaisir quand j’arrive le matin.
Vous êtes avocate en droit immobilier et en droit de la famille, à la tête d’une ville de près de 900 fonctionnaires et présidente de l’agglomération. Vous allez pouvoir poursuivre votre activité professionnelle ?
– Oui, je concilie encore les deux. J’ai toujours réussi à le faire en tant que députée, il n’y a pas de raison que je n’y arrive pas en tant que maire et présidente de l’agglomération. C’est un équilibre, c’est important dans l’ADN d’un élu, cela évite la déconnexion, car parfois, on le voit, il y a des élus qui peuvent être déconnectés.
L’actualité récente de Menton est marquée par un arrêté municipal visant à lutter contre « la mendicité agressive ». Cet arrêté a pu inquiéter les associations qui interviennent auprès des plus précaires… Qu’en est-il aujourd’hui ?
– Ce mercredi (17 juin NDLR), nous avons organisé une réunion avec les associations qui s’occupent des maraudes pour leur expliquer pourquoi nous avons pris cet arrêté (multiplication des comportements agressifs, problèmes d’hygiène). Il faut savoir que nous sommes une des communes du littoral à avoir connu la plus forte augmentation du nombre de SDF ces dernières années. Mais face à cela, il faut aussi proposer une aide aux populations vulnérables et je l’ai dit pendant ma campagne, cela avait d’ailleurs fait polémique, je suis favorable à la création d’un accueil de nuit. Les services de l’État le sont aussi car, à l’Est du département, il y a peu de structures. Ils nous aideront certainement sur ce projet qui sera aussi financé avec les impôts des Mentonnais, donc il y a aussi de la pédagogie à faire auprès de la population.
C’est un vrai projet à étages. Les associations sont plutôt contentes car on passerait d’un accueil de jour à un accueil 24 heures sur 24. J’ai souhaité réduire les points de maraude sur la ville en passant de 9 à 5 car cela faisait trop d’enclaves qui maintiennent les SDF sur place, notamment sur la zone balnéaire et touristique. Cela a été négocié avec les associations.
La coopération franco-italienne est un sujet qui vous tient particulièrement à cœur.
– On va poursuivre notre travail au sein du GECT (Groupement européen de coopération territoriale). Nous avons notamment plaidé pour que Menton accueille le rendez-vous annuel du traité du Quirinal, qui est fondamental car c’est le seul gros traité que l’Italie a avec un pays européen. Cette coopération porte sur de nombreux sujets : l’eau, les déchets, les transports, le bilinguisme. Une mesure concrète, par exemple : il y a une école française à Vintimille, nous voulons créer une école italienne à Menton et instaurer des cours d’italien dès la maternelle.
Concernant l’éducation justement, quelles sont vos priorités ?
– On est en train de faire en sorte que toutes les classes soient climatisées. Sur la cantine, on veut faire un effort en intégrant plus de produits locaux et en favorisant les circuits courts. On travaille aussi sur l’éducation nutritionnelle. Et on a un projet de cité du sport qui permettra aux familles d’avoir un lieu unique pour pratiquer des activités sportives.
Enfin, en tant que présidente de l’agglomération, quel est votre projet ?
– La réécriture du projet de territoire de 2040 que nous allons mener avec tous les maires de l’agglomération. C’est un gros chantier car toutes les compétences du territoire vont être revues.