Conjoncture économique :

Conjoncture économique : La prudence domine chez les dirigeants de Provence-Alpes-Côte d’Azur

La Banque de France révèle une activité contrastée en mars 2026 en PACA, marquée par la hausse des coûts et une grande prudence des dirigeants.

La Banque de France a publié son enquête de conjoncture pour le mois de mars 2026 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, brossant un tableau économique régional complexe et empreint d’incertitude.

Menée auprès des chefs d’entreprise entre le 27 mars et le 3 avril, l’analyse met en lumière une prudence généralisée, alimentée par la volatilité des prix des matières premières et un environnement géopolitique instable. Si certains secteurs tirent leur épingle du jeu, la tendance globale incite à la retenue pour les mois à venir.

Un tableau économique en demi-teinte

L’activité économique régionale présente des visages très différents selon les secteurs. Dans l’industrie, la progression reste modérée, principalement soutenue par le dynamisme des industries agroalimentaires et de la fabrication d’équipements électroniques. Cependant, cette croissance est freinée par le renchérissement notable du coût des intrants, notamment les matières plastiques et les dérivés du pétrole. Pour l’heure, cette augmentation n’a pas été répercutée de manière significative sur les prix de vente, ce qui pèse sur les marges.

Les services marchands, quant à eux, ont connu un repli de leur activité, principalement dû au recul des services informatiques. À l’inverse, les secteurs de l’hébergement et du transport ont maintenu une dynamique positive. Le secteur du transport subit néanmoins des tensions de trésorerie importantes, l’augmentation rapide du coût du pétrole n’étant pas encore intégrée dans les devis.

Enfin, le secteur du bâtiment continue de faire face à une situation difficile. L’activité est qualifiée de « dégradée  », une conjoncture aggravée par des conditions climatiques défavorables et le contexte électoral. Le recul est marqué par rapport à mars 2025, y compris dans le second œuvre. L’environnement concurrentiel intense limite fortement la capacité des entreprises à répercuter la hausse des coûts des matériaux sur leurs tarifs.

L’industrie, entre croissance et zones de fragilité

L’analyse détaillée du secteur industriel confirme son orientation globalement favorable mais hétérogène. La progression est tirée par des commandes dynamiques dans l’agroalimentaire, où de nouveaux contrats ont été signés, et dans la fabrication d’équipements. En revanche, des branches comme la métallurgie et la filière bois ont enregistré un repli. Le taux d’utilisation des capacités de production, bien que stable, se maintient à 79 %, un niveau inférieur à sa moyenne de long terme, signalant une marge de progression non exploitée.

Dans la filière bois, des difficultés d’approvisionnement ont entraîné une contraction nette de la production. L’industrie chimique, bien que soutenue par une demande plus forte qu’à l’accoutumée, reste pénalisée par des carnets de commandes jugés insuffisants et une forte hausse des coûts des emballages plastiques.

Des perspectives marquées par l’incertitude

Dans ce contexte, les chefs d’entreprise de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur adoptent une posture de grande prudence pour les mois à venir. Les anticipations pour avril montrent un ralentissement attendu dans l’industrie et une stagnation dans les services et le bâtiment. Cette tendance régionale s’inscrit dans un contexte national où, selon la Banque de France, une incertitude accrue pèse sur la visibilité à court terme des entreprises.

Au niveau national, l’institution monétaire confirme néanmoins sa prévision d’une progression du Produit Intérieur Brut (PIB) pouvant atteindre 0,3 % au premier trimestre 2026, portée notamment par les secteurs technologiques et un effet de rattrapage dans l’automobile.

Photo de Une : © PRESSE AGENCE