Edito hebdo - Le temps

Edito hebdo - Le temps des Tartuffes

Avec son « opération spéciale » qui s’éternise en Ukraine, Vladimir Poutine n’a pas aujourd’hui les moyens financiers et militaires de s’engager sur un autre front. Donald Trump, lui, est déjà suffisamment occupé dans le Golfe pour ne pas regarder encore vers le Groenland, le Canada ou Cuba. Le seul grand dirigeant ayant les coudées franches est Xi Jinping. Son armée n’utilise, pour l’instant, que des pistolets à bouchon – heureusement ! – pour jouer à la guéguerre autour de Taïwan. Ses troupes s’entraînent régulièrement à envahir cette île prospère qu’il considère comme chinoise. Il suffit d’ailleurs de regarder une carte pour se rendre compte que cela n’est pas complètement farfelu : c’est un peu comme si Ré, Ouessant ou Sein étaient – au hasard – américaines. Il est à craindre qu’il soit tenté un jour prochain par un débarquement sur ce confetti.

Roland Lescure a promis de s’activer pour que le carburant n’augmente pas dans des proportions « déraisonnables ». Force est de constater que le plein coûte déjà (beaucoup) plus cher aujourd’hui que lorsqu’il a fait cette déclaration… la semaine dernière. Le baril de brut bat chaque jour de nouveaux records. Tant que les pétroliers resteront bloqués au fond du golfe, les prix n’ont aucune chance de baisser à la pompe. Rappelons quand même que les taxes représentent entre 50 et 60 % du prix du litre. Mais qu’il est faux de prétendre, comme Jordan Bardella ou comme Dominique Schelcher, patron du réseau U, que plus le brut augmente et plus l’État s’engraisse. Pour la bonne raison que la principale taxe (la TICPE) est fixée au litre, qu’elle n’est pas proportionnelle au prix affiché à la pompe, et que 40 % de cette TICPE est reversée aux collectivités locales. Il n’empêche que, par les temps qui courent, on peut commencer à parler de hausse vraiment « déraisonnable » pour le portefeuille de ceux qui doivent rouler pour aller travailler. Le temps est venu de faire appel aux réserves stratégiques pour atténuer la flambée de l’or noir : elles sont justement prévues pour ce genre de situation.

La hausse de la taxe foncière pour 7,4 millions de foyers avait été annoncée fin novembre. Mais à l’automne, devant la grogne, Sébastien Lecornu a calmé le jeu en annonçant la suspendre « jusqu’au printemps prochain  », le temps de définir une « nouvelle méthode de calcul ». Las ! Bercy a confirmé cette hausse qui rapportera 466 millions supplémentaires aux Finances publiques, charge aux maires de l’appliquer ou pas… après les municipales, ben voyons... Seront concernés les propriétaires dont le logement est fiscalement parlant «  confortable ». Ils se verront ajouter des mètres carrés en plus pour le calcul de la TF pour disposer d’éléments d’un luxe inouï comme une baignoire (+ 5 mètres carrés), l’eau courante (+ 4 mètres carrés), une douche et un WC (+ 3 mètres carrés) et même + 2 mètres carrés si votre habitation bénéficie... de l’électricité. Bercy n’a pas encore pensé à taxer les boîtes aux lettres, mais à ce rythme de tartufferie, il ne faut pas désespérer : ça va sûrement arriver, le temps de trouver une « nouvelle méthode de calcul » !