Du campus au désert marocain : l’aventure des étudiants de l’IUT de Nice équipage n°1054 au 4L Trophy
- Par Valérie Noriega --
- le 6 mars 2026
Étudiants à l’IUT de Nice, Baptiste Miquel, Nathan Gutierrez, Caroline Raphoz, Diego et Ambre Ralison ont transformé un projet universitaire en véritable aventure humaine. Pendant un an, ils ont préparé leur participation au 4L Trophy, célèbre raid étudiant à vocation humanitaire. Entre recherche de financements, préparation mécanique et traversée du désert marocain, l’équipe « 4L d’Azur » a vécu une expérience marquée par la solidarité, l’entraide et la découverte. Après quelques jours de repos, le pilote Baptiste Miquel répond aux questions des Petites Affiches.
L’aventure de l’quipage n°1054 4L d’Azur
Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer au 4L Trophy, et comment est née l’idée de vous lancer dans cette aventure ensemble ?
– Baptiste Miquel : J’avais déjà entendu parler du 4L Trophy auparavant et cette aventure m’avait toujours intrigué. C’est un raid unique qui mélange défi sportif, aventure humaine et engagement solidaire, et c’est quelque chose qui fait rêver beaucoup d’étudiants.
L’idée de participer est devenue concrète dans le cadre de mes études au sein de l’IUT de Nice, en BUT Techniques de Commercialisation. Dans notre formation, nous devons réaliser un projet transverse sur un an et demi. L’IUT nous proposait justement de construire ce projet autour de la participation au 4L Trophy.
Nous avons donc décidé de relever ce défi à cinq : Caroline, Ambre, Diego, Nathan et moi-même. Ensemble, nous avons monté le projet de A à Z : création de l’association, recherche de partenaires, communication, organisation… C’est un projet extrêmement formateur qui correspond parfaitement à notre formation.
Pour le raid lui-même, je suis parti avec mon binôme Nathan Gutierrez, qui fait partie de notre équipe “4L d’Azur”. Même si nous aurions aimé engager deux équipages, cela n’a malheureusement pas été possible. Mais tout le groupe a contribué à la réussite du projet.
Participer à ce raid demande donc de la préparation. Combien de temps vous a-t-il fallu pour monter ce projet et trouver les financements nécessaires ?
– Baptiste : La préparation nous a pris environ un an. Nous avons commencé à travailler sur le projet en février 2025 et nous sommes finalement partis en février 2026.
Durant cette année, nous avons dû structurer tout le projet : créer notre association, trouver des sponsors, organiser des actions de financement et communiquer autour de l’aventure. Au total, nous avons réussi à réunir un budget d’environ 15 000 euros grâce au soutien de nos partenaires, aux dons et à une cagnotte en ligne.
Cette phase de préparation est presque aussi importante que le raid lui-même. Elle demande beaucoup d’organisation, de persévérance et d’engagement.
Racontez-nous votre aventure sur le terrain, dans le désert marocain : les difficultés imprévues, les joies fortes, les relations avec les autres équipages et votre classement final.
– Baptiste : Notre aventure au Maroc a été absolument exceptionnelle et restera un souvenir gravé à vie. Les paysages sont incroyables : rouler au milieu du désert, traverser des pistes, des dunes et des terrains parfois difficiles est une expérience unique.
Conduire la 4L dans ces conditions procure des sensations incroyables. C’est à la fois un défi technique, un moment d’aventure et un immense plaisir.
Ce qui est assez fou dans notre aventure, c’est que nous n’avons rencontré aucun problème mécanique, ce qui est très rare sur le 4L Trophy. La plupart des équipages, y compris certains de nos amis, ont dû réparer leur voiture à plusieurs reprises. De notre côté, nous ne nous sommes arrêtés aucune fois pour une panne.
Cela est notamment grâce à la préparation de notre 4L, réalisée avec l’aide précieuse de Pierre Lartigue, triple vainqueur du Paris-Dakar, qui était le parrain de notre projet, et de Stéphane, qui a préparé la voiture avec beaucoup de soin. Nous leur en sommes extrêmement reconnaissants.
Sur le plan humain, le raid est aussi une aventure extraordinaire. Nous avons rencontré de nombreux équipages venus de toute la France. Nous avons notamment roulé une grande partie du raid avec trois autres équipages avec qui nous avons partagé beaucoup de moments. Au bivouac, l’ambiance est très conviviale : tout le monde échange, s’entraide et partage ses expériences. Il y a un véritable esprit de solidarité entre les participants.
« C’est une expérience qui fait grandir et qui apporte beaucoup de maturité »
Au-delà de l’aventure sportive, le 4L Trophy a un objectif humanitaire. Qu’est-ce que cette action solidaire vous a apporté personnellement ?
– Baptiste : L’aspect solidaire du 4L Trophy est essentiel. Sur place, nous avons eu l’occasion de rencontrer les enfants et de partager des moments simples mais très forts avec eux. Nous avons apporté des fournitures scolaires, ainsi que des t-shirts offerts par notre partenaire Mama Shelter, ainsi que des bracelets fait main offert par Casa di joia. Nous avions également emmené du matériel pour que les enfants puissent fabriquer des bracelets. Nous avons passé du temps avec eux à jouer au football, à dessiner et simplement à échanger. Ces moments sont très touchants et permettent de prendre conscience des réalités de vie dans certaines régions. Personnellement, cela m’a beaucoup marqué et cela donne encore plus de sens à cette aventure.
Avec un peu de recul maintenant, qu’est-ce que cette expérience vous a appris ?
– Baptiste : Cette expérience nous a énormément appris, notamment sur l’organisation et la gestion d’un projet. Monter un projet comme celui-ci demande de la rigueur, de la persévérance et une vraie capacité à travailler en équipe. Par exemple, dans la recherche de sponsors, il faut être déterminé, relancer les partenaires, communiquer avec eux et les tenir informés de l’avancement du projet.
Une fois dans le désert, l’organisation reste essentielle : gérer la navigation, l’équipement, la voiture et la vie quotidienne demande de la discipline. Mais cette aventure nous a aussi appris à relativiser et à prendre du recul sur certaines choses.
Le contact avec les populations locales et les enfants est très marquant.
C’est une expérience qui fait grandir et qui apporte beaucoup de maturité.
Aventure, défi mécanique, action solidaire… Quelle dimension vous a le plus marqué ?
– Baptiste : En réalité, c’est l’ensemble du projet qui est marquant. Le 4L Trophy est une aventure complète : il y a la préparation, le défi mécanique, l’aventure dans le désert, la solidarité entre équipages et l’action humanitaire. Mais les moments les plus forts restent probablement ceux passés sur les pistes marocaines, entourés de paysages magnifiques, ainsi que les rencontres avec les enfants et les autres participants. C’est une expérience unique qui restera gravée pour toujours.
Solidarité, entraide et aventure.
La question que tout le monde se pose : dans quel état votre 4L est-elle revenue ?
À notre grande surprise, notre 4L est revenue dans un excellent état. Nous n’avons rencontré aucun problème mécanique, ni pendant l’aller, ni sur les pistes marocaines, ni sur le retour. C’est assez rare sur ce type de raid, et cela confirme le très bon travail de préparation réalisé en amont.
Trois conseils à donner aux futurs participants ?
1. Bien s’organiser dès le début du projet, notamment pour la recherche de sponsors.
2. Être ouvert aux rencontres et à l’aventure, car c’est une expérience humaine
incroyable.
3. Préparer soigneusement la voiture, car c’est un élément clé pour vivre le raid
sereinement.
Prêt à repartir ?
Sans hésitation. C’est une aventure extraordinaire que je serais ravi de revivre.
Plus qu’une simple course automobile, le 4L Trophy s’est révélé pour ces étudiants une école de la vie. Organisation, persévérance, travail d’équipe mais aussi rencontres marquantes avec les populations locales : autant d’enseignements qui resteront gravés dans leur parcours. Si leur classement importe finalement peu face à l’aventure vécue, une chose est certaine pour l’équipe 4L d’Azur : l’esprit de solidarité et d’aventure du raid continue de les accompagner bien après leur retour.




