Crédit Agricole Provence Côte d’Azur : alors que l’économie ralentit, la banque continue d’investir localement
- Par Olivia Oreggia --
- le 12 octobre 2026
Alors que les indicateurs montrent un ralentissement de l’activité en ce second semestre 2026, le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur entend poursuivre son rôle d’investisseur local, dans l’immobilier ou l’hôtellerie, via notamment sa nouvelle foncière, ou dans la transition énergétique, avec la création d’une filière dédiée.
Difficile d’être surpris par le constat dressé par le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur : les indicateurs économiques sont « à l’orange très foncé, voire au rouge », décrit sa directrice générale, Catherine Galvez.
Contexte géopolitique, inflation, remontée des taux par la Banque de France… les prévisions de croissance française sont à la baisse.
Sur son territoire, qui s’étend sur les Alpes-Maritimes, Monaco, le Var et les Alpes-de-Haute-Provence, la banque coopérative a enregistré des chiffres « très, très positifs » au premier semestre 2026, avec « 2,4 milliards d’euros injectés dans l’économie locale à fin septembre » (+5 % par rapport à 2025) et un milliard d’euros collectés à fin août, soit autant que l’an dernier. Son produit net bancaire (équivalent du chiffre d’affaires) dépasse les 500 millions d’euros quand son résultat d’exploitation atteint 129 millions d’euros.
« Nous avons donc financé des projets, cela concerne autant l’habitat que les entreprises et les professionnels. Néanmoins, on commence à sentir un ralentissement et on pense que ce ralentissement va se poursuivre. »
L’heure est à la « prudence »
Pour autant, à l’inquiétude, Catherine Galvez préfère parler de « prudence » quant à l’année qui s’annonce. « Cela signifie qu’on s’assure d’avoir suffisamment de liquidités pour couvrir nos financements actuels et ceux à venir. Cela signifie aussi que nous devons rester compétitifs. Comme n’importe quelle entreprise, nous avons besoin d’être vigilants sur les charges courantes. »
Le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur affiche un coût du risque de près de 50 millions d’euros, contre 38 millions d’euros un an plus tôt. Et dans ses projections, il va « dépasser 60 millions, c’est assez inédit pour nous. Donc être prudent, cela veut dire anticiper le plus possible. Je le répète. Ça va être compliqué pour nos clients, il faut qu’ils viennent nous voir le plus en amont possible car nous avons une boîte à outils assez exceptionnelle pour trouver des solutions, comme nous le faisons, par exemple, pour les agriculteurs afin de soutenir leur trésorerie. »
Car ce contexte plus que tendu devrait s’étendre, au moins, sur plusieurs mois. « Traditionnellement, la période préélectorale est une période d’attentisme », rappelle Jean-Marc Cros, directeur général adjoint de la banque régionale. Donc, il y a forcément un ralentissement, mais on considère que c’est conjoncturel. On verra ensuite si la confiance revient. »
300 millions d’euros pour l’immobilier
Cela passe par sa foncière pour laquelle trois experts de l’immobilier ont été recrutés et qui vise sur cinq ans un investissement de 300 millions d’euros sur les 400 millions d’investissements globaux prévus par la caisse régionale d’ici à 2030.
Depuis sa création en janvier dernier, 30 millions d’euros ont déjà été engagés dans trois maisons de colocation pour seniors sous la marque CetteFamille, entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS) dont le Groupe Crédit Agricole est l’actionnaire majoritaire depuis fin 2025. Deux sont implantées au Muy, la troisième est attendue à Saint-Raphaël. « Et on en a encore au moins autant qui devraient sortir d’ici la fin de l’année sur, je l’espère, les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence », assure Jean-Marc Cros.
La foncière a également réalisé l’acquisition d’un immeuble Place de la Liberté à Toulon et devrait bientôt signer celle de deux hôtels à Brignoles. Enfin, toujours dans le Var, elle mène un grand projet à Saint-Tropez, place des Lices, incluant rénovation de son agence et création de logements dédiés aux actifs.
Une nouvelle filière pour les énergies renouvelables
Autre axe d’investissement pour le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur : la transition énergétique. Pour aller au-delà du seul financement, elle vient de créer une filière dédiée, avec un outil baptisé Capital Transition by PCA, d’une capacité d’investissement de 30 millions d’euros. « Dans un premier temps, nous voulons constituer un portefeuille de projets de production d’énergie renouvelable, en privilégiant bien évidemment l’ancrage territorial, et certainement via des co-investissements avec des opérateurs expérimentés, explique Jean-Marc Cros. Dans un second temps, nous élargirons peu à peu nos investissements à des solutions comme le stockage de l’énergie et l’électrification. » Les premiers projets à l’étude portent sur du photovoltaïque et de l’hydraulique.
« 415 milliards d’euros de patrimoine à transmettre d’ici 2040 en Provence Côte d’Azur »
C’est un phénomène inédit baptisé « la grande transmission ». Portés par la génération des baby-boomers, près de 9 000 milliards d’euros de patrimoine changeront de main en France d’ici 2040, selon la Fondation Jean-Jaurès.
« Sur le territoire Provence-Côte d’Azur, nous avons estimé que cela représente 415 milliards d’euros. Pour nous c’est un gros enjeu, explique Catherine Galvez. Dans le cadre du nouveau projet stratégique, nous avons créé un département « études et stratégie » justement pour que nous puissions avoir une vision plus prospective des grands enjeux économiques et sociaux dans nos trois départements. Il a par exemple réalisé une étude sur des sujets de transmission nous permettant déjà de pouvoir qualifier l’enjeu, et savoir comment préparer, comment anticiper auprès de nos clients, comment faciliter la transmission familiale, et aussi pour former nos équipes. C’est comme pour le risque, il faut anticiper le plus en avance possible », conclut la directrice générale. »