« Le bâtiment, c'est (…)

« Le bâtiment, c’est le boulot de demain »

En visite avec des élèves sur un chantier colossal à Beaulieu-sur-Mer, à l’occasion des Coulisses du bâtiment de la FBTP 06, Olivier Hassoun, professeur gros œuvre au lycée Vauban s’est réjoui de former à des métiers d’avenir.

« Entre l’entretien du patrimoine bâti et les constructions nouvelles, c’est une garantie d’avoir du travail toute leur carrière  », confiait début avril l’enseignant à l’issue de la visite du chantier qui va voir naître, juste à côté de l’école maternelle qui date de 2005, une nouvelle école élémentaire mais également une crèche, une médiathèque intercommunale et un parking de deux niveaux. «  Avec l’IA, beaucoup de métiers se retrouvent un peu en porte-à-faux et ce n’est pas le cas du bâtiment. Le bâtiment, c’est le boulot de demain », poursuivait Olivier Hassoun, déçu toutefois qu’il « reste encore cette idée, sûrement pas de sous-métiers mais de métiers qui ne sont pas valorisés ». « Des jeunes sont parfois dirigés dans ces filières par défaut et c’est un problème. Nous jouons sur l’envie. D’autant que ce sont des métiers moins pénibles qu’avant et les réalisations, on s’en souvient longtemps. »
Leur guide ce jour-là, Thierry Brisson, conducteur de travaux chez Spada, confirme à Brahim, Celio et Rudy que «  l’avantage, dans notre métier, c’est que l’on crée quelque qui va rester pendant des années et des années. C’est une satisfaction que vous aurez quand vous repasserez devant un bâtiment que vous aurez participé à créer ».

« Pas que le béton »

Brahim, Celio et Rudy ont déjà
une idée avancée de leur future
carrière dans le secteur du bâtiment,
d’autres élèves découvrent les métiers ©SG

« En partant de là où vous êtes, vous pouvez suivre le même cursus que moi », confiait le conducteur de travaux, passé par le lycée Pierre Sola puis titulaire d’un BEP et d’un BTS. « Et le bâtiment ce n’est pas que le béton, il y a aussi l’électricité, la plomberie, les menuiseries extérieures… », poursuivait Thierry Brisson. De fait, Celio, qui voit « pour la première fois un chantier comme ça, avec les fondations », veut devenir électricien. Brahim, lui, veut devenir géomètre car il aime les calculs de plan et «  le travail de précision ». De sa visite il retient la notion d’impact carbone abordée par Thierry Brisson : « ne pas trop polluer, récupérer les anciens matériaux, prendre des matériaux pas trop éloignés de notre zone. Je trouve ça bien. Tout le monde ne pense pas à ça  ». Enfin, Rudy ne sait pas encore exactement s’il va travailler directement ou poursuivre en BTS mais il veut être maçon, comme son père. Le directeur général de Spada, Florent Noiray, présent pour cette visite au même titre que Roger Roux, le maire de Beaulieu-sur-Mer, a confirmé aux jeunes qu’ils avaient « choisi la bonne orientation » car c’est « un métier gratifiant. Un métier où il y a du boulot, qui est bien payé et où il y a des possibilités d’évolution. Je ne dis pas que c’est facile mais si vous vous accrochez et que vous êtres travailleurs, vous réussirez. »

Un projet phare pour le maire de Beaulieu-sur-Mer

Un chantier complexe mais
qui tient à coeur à Roger Roux ©SG

La livraison de l’école élémentaire Marinoni est prévue à l’été 2027, afin que les élèves, hébergés pour l’heure dans une école temporaire, puissent y faire leur rentrée en septembre 2027. « Ce projet me tient particulièrement à cœur », confiait Roger Roux, réélu le 15 mars. « C’est un projet qui a fait couler beaucoup d’encre. J’ai démoli l’école. Mais c’était une école qui n’était plus au goût du jour. Il fallait donner plus de moyens aux enseignants et aux élèves  », tout en s’adaptant aux contraintes environnementales. Et s’il a privilégié une démolition et une reconstruction plutôt qu’une rénovation c’est parce que « nous avons l’obligation d’optimiser chaque parcelle disponible  », avec également une crèche, une médiathèque et un parking, car Beaulieu-sur-Mer est, en superficie, la plus petite commune des Alpes-Maritimes (95 hectares). « C’est un projet fascinant », soulignait Thierry Brisson, de par sa variété, avec la démolition de l’ancienne école, la réalisation de parois, le terrassement de masse, le béton, les façades en pierre massive, la charpente en bois et les menuiseries extérieures. «  C’est un chantier assez complexe dans sa réalisation car le projet prend toute l’emprise de la propriété. Il fait 3 000 m2 au sol et on construit quasiment les 3 000 m2, ajoutait-il. Et il y a une partie environnementale très importante. C’est un chantier à faibles nuisances c’est-à-dire qu’on met en place des éléments pour économiser un maximum d’eau et d’électricité, faire le tri des bennes et minimiser l’impact carbone. »

Photo de une : Une visite conduite par le professeur Olivier Hassoun et pilotée en toute sécurité par Thierry Brisson, conducteur de travaux chez Spada ©SG