Retour des Vençois bloqué

Retour des Vençois bloqués à Doha : « Comme dans une faille spatio-temporelle »

Ils avaient répondu aux questions des Petites Affiches dans un article du 5 mars, Christine et Edouard sont finalement arrivés à Vence dans la nuit du 7 au 8 mars, sonnés après 22 heures de voyage. Le périple du retour a été à l’image de cet épisode de leur vie : un voyage hors du temps.

« Quand on a atterri à Rome, il y a eu des cris libératoires, de joie, des pleurs, des applaudissements pour Qatar Airways. C’était très émouvant ! » raconte Christine.
Christine et Edouard se sont retrouvés bloqués dans un hôtel à Lusail, une ville située en périphérie de Doha au Qatar le samedi 28 février. Le couple de Vençois, de retour de voyage de noces en Thaïlande faisait escale à l’aéroport de la capitale de l’émirat pour quelques heures qui se sont transformées en plusieurs jours. « On a eu l’impression d’être dans une faille spatio-temporelle, propulsés dans un monde parallèle dans lequel on ne maîtrisait rien, on ne décidait de rien, pris dans un tourbillon et puis hop on nous a recrachés au bout de huit jours. »
Choqués et esseulés, les deux Français ont vite compris qu’il fallait composer avec une situation qui les dépassait : «  on a rapidement rencontré une autre famille de Français logés dans le même hôtel que nous. On a pu partager, échanger et jouer la carte de la solidarité, déjeuner et dîner en famille, laver notre linge ensemble car nos valises étaient coincées à l’aéroport. » nous expliquait Christine en direct de son exil forcé. Au bout de deux jours, ils comprennent qu’ils ne sont pas directement menacés, leur hôtel étant suffisamment éloigné des centres névralgiques. Ils pourront faire quelques courses dans un mall de la ville et trouver de l’insuline pour Edouard qui est diabétique : « on s’était fait à l’idée de rester longtemps dans cette situation. De toute façon nous n’avions pas vraiment le choix, on n’avait pas la main donc on est resté philosophe. » analyse Christine.

Christine et Edouard se sont retrouvés bloqués dans un hôtel à Lusail, une ville située en périphérie de Doha au Qatar le samedi 28 février ©CG

Et puis contre toute attente, dans la nuit du vendredi au samedi, ils ont été réveillés à 3h du matin « la compagnie nous a dit : soyez dans 15 minutes dans le hall de l’hôtel, on vous emmène à l’aéroport ; on ne savait pas quelle destination on allait avoir mais peu importait pour nous, on voulait juste rentrer. Au tableau d’affichage, 6 avions partaient pour l’Europe et ils nous ont finalement dit qu’on allait à Rome. Il faut savoir qu’après les 6 avions qui décollaient tous les quarts d’heure, l’espace aérien serait de nouveau fermé donc on a vraiment eu beaucoup de chance. » Leur avion décolle à 8h et pendant une bonne heure Christine retient son souffle « Tout le monde était tendu et avait peur que l’avion fasse demi-tour à tout moment. Pas un bruit dans la cabine, les passagers autour de nous avaient les yeux rivés sur l’écran et regardaient l’évolution du trajet de l’avion et tant qu’on était au-dessus du Moyen Orient, la tension était palpable et puis après quelques heures de vol le brouhaha classique de la cabine est revenu et les gens ont commencé à se détendre. » Arrivés à Rome, le couple prend un autre avion pour Milan, aéroport d’où ils étaient initialement partis. Ils récupèrent leur voiture «  On a eu l’impression d’être déjà un peu chez nous. » précise Christine. Ils roulent pour arriver chez eux dimanche dernier à 1h du matin.

Gestion de crise

« On ne sait pas vraiment pas ce qui nous a permis de rentrer aussi vite. A Doha, nous nous sommes tout de suite inscrits sur le fil d’Ariane et tous les jours nous avons tenté de contacter l’ambassade. Un matin, après 20 minutes de sonnerie dans le vide, une dame du service de crise du ministère des Affaires Etrangères à Paris nous a enfin répondu, elle nous a confirmé que nous étions bien enregistrés sur le fil d’Ariane, elle a pris note que mon mari était une personne vulnérable puisqu’il est diabétique. Est-ce que c’est ça qui nous a permis de repartir plus vite, je ne sais pas, toujours est il qu’il y a encore beaucoup de gens sur le carreau. » Ils estiment avoir eu beaucoup de chance : « La compagnie Qatar Airways a vraiment assuré et a tout pris en charge : chambre d’hôtel, repas et voyage retour. On a dû payer le vol Rome-Milan et le parking prolongé pour notre véhicule… mais bon par rapport à ce que d’autres ont dû débourser pour rentrer, c’est un moindre mal. » Le couple a retrouvé ses enfants et se remet de ses émotions.

«  On a vécu deux voyages en un, le voyage de noces en Thaïlande et ce voyage ahurissant à Doha. »

Photo de Une : ©CG