Pour loger les actifs, la construction de 13 000 à 20 000 logements sera nécessaire d’ici 2030 sur les bassins de Grasse, Cannes et Sophia Antipolis, et de 8 000 à 20 000 logements sur la Métropole Nice Côte d’Azur et sur la CARF (pays de Menton). Or, il ne s’en réalise par an que 2 650 sur les trois premiers bassins, et pas assez sur le territoire métropolitain où ils sont de surcroît inadaptés car trop souvent tournés vers le tourisme avec de petites surfaces non adaptées à l’accueil de familles. Marcel Ragni, pour les « Métalos », et Patrick Moulard, pour le BTP, tirent la sonnette d’alarme. « Sans stratégie volontariste, nous risquons de créer des emplois sans pouvoir loger les salariés » expliquent-ils.
Faute de foncier, des entreprises azuréennes se sont par exemple déjà installées dans l’est du 83 où elles ont plus de facilité et où les démarches administratives sont beaucoup plus rapides que dans les Alpes-Maritimes. « La dynamique industrielle à laquelle nous assistons sur Grasse, Cannes et Sophia laisse à penser que plus de 2 500 emplois vont être créés dans les cinq ans » poursuit Patrick Moulard. Autant de logements sont nécessaires pour accompagner cet essor et éviter que des salariés choisissent d’aller s’installer ailleurs en France où les loyers sont élevés et des logements disponibles.
Les deux responsables patronaux plaident donc pour une accélération des capacités de construction, en simplifiant les procédures d’urbanisme, en mobilisant du foncier public, en transformant les friches. Ils estiment indispensable que la production de logement soit orientée vers les besoins réels, en priorisant les logements familiaux et locatifs intermédiaires. Ils souhaitent que soient déployées des « solutions innovantes » comme comme les réhabilitations, des offres locatives intermédiaires, des opérations mixtes habitat-activité, des partenariats public-privé, et veulent que tout projet industriel soit accompagné d’un schéma résidentiel (foncier, desserte, logement) pour les salariés.
Sur ce dossier du logement, l’UIMM et la FBTP-06 sont en phase puisque leurs intérêts et ceux des salariés convergent. Ils espèrent un gros coup d’accélérateur après les élections municipales car les projets d’installation ou d’agrandissements d’entreprises industrielles sont dans les cartons et vont éclore d’ici 2030.
Jean-Michel Chevalier (texte et photo)